Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Michel Voletti
Interview  (Paris)  28 février 2007

Michel Voletti, auteur, comédien, metteur en scène, ancien directeur de l'Aktéon Théâtre, est à l'affiche de "L'anniversaire" actuellement à l'affiche du Théâtre Essaion.

Comédien expérimenté qui fonctionne à l'envie, il a eu un vrai coup de cœur pour le personnage de ce père qui reçoit, le soir de son anniversaire, un cadeau inespéré en l'arrivée inopinée de son fils après une longue séparation due au divorce.

Coup de cœur qui pour lui est son seul critère de choix et qui lui a permis de faire des expériences et des rencontres éclectiques dont il nous entretient.

Comme il s'agit de notre première rencontre, et que vous n'êtes pas un débutant, pouvez-nous nous retracer à grandes lignes votre parcours ou du moins à vos yeux les expériences ou rencontres qui vous pariassent avoir été essentielles ou déterminantes ?

Michel Voletti : Je suis né au Gabon et j'ai vécu entre ce pays et l'Indochine avant d'arriver en France à Cannes, ville du cinéma et des vedettes, ce qui n'est sans doute pas étranger à mon parcours. Le déclic involontaire s'est produit le jour où un ami de ma mère, qui travaillait pour François Truffaut, lui a proposé de me faire faire des essais pour "Les 400 coups". J'étais alors gamin et j'ai entendu cette conversation subrepticement au cours de laquelle ma mère à répondu : "Il est absolument hors de question que tu lui en parles. Mon fils ne fera jamais de cinéma. "

J'avais 12 ans et le fait qu'elle ait décidé en mon nom ne m'a pas du tout plu et dans ma petite tête je me suis dit : "Puisque je ne sais pas ce que je veux faire plus tard, je serai comédien !" un peu par bravade rien que pour l'emmerder ! Cela étant j'ai suivi mon cursus scolaire et pendant la préparation de Sup de co de Nice je suis rentré à la Maison de la Culture de Nice, j'ai fait un spectacle en amateur à l'Opéra de Nice sur Jules Verne, une mise en scène de "Huis clos" de Sartre dans lequel je jouais Garcin à 20 ans. J'ai travaillé au sein de plusieurs troupes de la région et à chaque fois ma mère faisait des scandales. J'ai donc abandonné l'idée d'en faire mon métier en me disant que cela m'amusait mais ne constituait pas vraiment un réel métier.

Et puis je suis parti aux Etats Unis à Washington pour rejoindre une amie danseuse dont j'étais amoureux. Au bout de 3 semaines-1 mois on s'est séparé et je suis parti en auto stop à New York où j'ai demandé l'hospitalité à un photographe que je connaissais. Ensuite, tout s'est enchaîné très vite. Je suis devenu serveur dans un restaurant très privé, j'ai été engagé pour faire les lumières de spectacles qui se déroulaient dans un grand hôtel d'Atlanta Regency House Hotel et où passaient des artistes comme Sammy Davis Jr, puis j'ai été engagé pour faire des défilés de mode. Et c'est là que j'ai rencontré Andy Warhol qui m'a engagé pour un film.

Tout cela m'amusait et je ne songeais pas du tout au professionalisme. Je suis rentré en France et j'ai fait mon service militaire à Fréjus ce qui m'amenait à être souvent à Saint Tropez où j'ai rencontré François Florent. Rencontre importante puisque c'est ainsi que je suis monté à Paris pour suivre ses cours. Ensuite, j'ai très vite commencé à travailler au théâtre.

Donc tout un enchaînement d'événements fortuits qui vous ont amené à embrasser la carrière de comédien.

Michel Voletti : Oui. Ma toute première pièce en tant que professionnel fut "Esmeralda" de Victor Hugo mis en scène par Francis Sorbier dans laquelle je jouais Frolot. J'ai ensuite écrit, créé et joué deux pièces une que j'ai joué au Bec Fin l'autre au Fanal qui est une salle qui n'existe plus aujourd'hui. Le fait de jouer, d'être vu et qu'on parle de moi dans la presse qui, à cette époque, se déplaçait plu facilement théâtre qu maintenant, soit dit en passant, m'a permis d'être engagé par Nicole Anouilh pour "Vive Henri IV" avec Daniel Ivernel au Théâtre de Paris.

J'ai ensuite enchaîné sur le cinéma et la télévision. Je travaillais donc de manière continue mais j'avais le sentiment que je n'apprenais pas mon métier. Je ne percevais pas pourquoi on faisait appel à moi alors que je ne me sentais pas comme ayant suffisamment de mon métier. Et sur un coup de tête je suis parti aux Etats Unis pour suivre l'enseignement de l'Actor’s Studio. Dans mon esprit je partais pour un an avec au retour notamment le projet de monter une école.

Mais 3 mois après mon arrivée je jouais dans une comédie musicale à Los Angeles parce qu'un de mes professeurs cherchait un français sachant chanter pour ce spectacle. J'ai enchaîné sur un film, "Coup de cœur" de Francis Ford Coppola et finalement j'y suis resté 11 ans.

Donc vous avez simultanément appris votre métier et toujours travaillé en parallèle dans des registres très différents. Et le retour en France ?

Michel Voletti : Je suis revenu dès que j'ai eu l'impression que je ne pouvais plus progresser dans mon métier. Après avoir monté les différentes marches du métier aux Etats Unis, je me suis rendu compte que je ne pourrais pas accéder aux premiers rôles en raison de ma nationalité car le monde du spectacle est très ouvert aux Etats Unis mais aussi très protectionniste à un certain niveau.

Donc j'ai tenté un retour en France et encore par hasard je me retrouve à jouer "La foire d'empoigne" d'Anouilh au Théâtre de la Madeleine. Le fait que je sois bilingue m'a permis de jouer un rôle récurrent de commissaire de policier dans une série télévisée. Ensuite, il y a eu "Conte d’hiver" d'Eric Rohmer, "Les nuits fauves" de Cyril Collard, "La brune" de Laurent Carcelès.

Et puis, comme toujours, un coup de coeur m'a fait acheter un théâtre l'Aktéon ce qui a considérablement freiné mes activités professionnelles en tant que comédien car j'ai simplement pu faire le premier film de Simon Mccorckindale, "La maison de Marie", qui est un acteur très connu aux Etats Unis et que j'avais rencontré là bas. J'ai aussi fait une très belle tournée avec Marthe Keller avec "Jeanne au bûcher" d'Honegger et Claudel qui nous a amenés à jouer dans le monde entier ce qui est un de mes plus beaux souvenirs.

Vous ne présidez plus aux destinées de l'Aktéon suite de nouveau à changement d'orientation ?

Michel Voletti : Je suis resté très Zébulon malgré mon "grand âge". Quand je ne me plais plus quelque part, je m'en vais. Ce que je paie d'ailleurs, bien évidemment, assez cher au niveau professionnel. Ainsi je constate avec "L'anniversaire" que certaines personnes me découvrent et me disent qu'ils me trouvent excellent tout en s'étonnant de ne pas me connaître.

Comment êtes-vous venu sur le projet de "L'anniversaire" ?

Michel Voletti : En 2006, j'ai rencontré Jules Vallauri l'auteur de "L'anniversaire" chez une amie et il est venu me voir jouer dans la pièce "L'immeuble" de richard Vitte que je jouais à ce moment là et m'a proposé le rôle.

De quelle manière le fait que vos deux partenaires soient des "people" très médiatisés se répercute-t-il sur cette pièce ?

Michel Voletti : Je pense que Julles Vallauri, qui produit et met en scène sa pièce, serait mieux à même de répondre. Pour ma part, je pense que cela n'a pas "facilité" la mise en œuvre de ce projet sinon nous jouerions dans une très grande salle parisienne. En revanche, maintenant que le projet est monté, la présence de Franck Delay et de Nicolas Vitiello incite davantage la presse à se déplacer ainsi que les gens du métier.

"L'anniversaire" est la première pièce d'un jeune auteur qui en assure aussi la mise en scène et vous avez deux partenaires qui sont débutant pour Nicolas Vitiello et novice pour Franck Deray. Comment cela se passe-t-il face à votre expérience et êtes-vous de fait le monsieur bons conseils de l'aventure ?

Michel Voletti : En temps normal, je me serai peut être plus "donné" à ce niveau. Mais le rôle que je tiens dans cette pièce est trop important, trop beau pour que je le néglige. Jules Vallauri, qui est aussi comédien, nous a laissé une grande liberté d'action après nous avoir fait part de ses indications. Très souvent les metteurs en scène ne sont pas des directeurs d'acteurs mais des metteurs en place.

J'ai eu beaucoup de plaisir à travailler cette pièce car pour une fois j'ai vraiment pu donner au personnage ce que je ressentais. Je pouvais faire des propositions de jeu et nous en débattions ensuite. Donc j'ai apprécié de pouvoir apporter cela, et il est vrai qu'à 80% mes propositions étaient retenues.

En ce qui concerne mes partenaires, je trouve que pour une première expérience Franck Delay fait un très bon travail dans un rôle qui lui va bien et que Jules Vallauri a su adapter à sa personnalité. Quant à Nicolas Vitiello, il n'a pas arrêté de jouer depuis 3 ans et le rôle, qui le met dans une situation proche de la sienne dans sa vie personnelle, lui tient beaucoup à cœur.

"L'anniversaire" est une comédie dramatique dont le thème repose essentiellement sur les relations parents-enfants et plus précisément en l'espèce sur la difficulté d'établir ou plutôt de rétablir 15 ans après des relations père-fils interrompues par un divorce auquel s'ajoute le fait que le père veut cacher à son fils qu'il a désormais une vie "hors norme" du fait de son homosexualité. Puisque vous "marchez' au coup de cœur, quels sont les éléments de cette pièce qui vous ont séduit et notamment dans votre rôle ?

Michel Voletti : Ce rôle me plaît beaucoup effectivement parce qu'il s'agit de montrer l'émotion ressentie par un homme quand il retrouve le soir de son anniversaire son fils qu'il n'a pas vu depuis 15 ans qui est devenu un homme. Ce rôle permet de jouer dans une palette d'émotions allant du festif des préparatifs de la fête au choc des retrouvailles, et notamment du retour vers le passé avec la conscience sa lâcheté de ne s'être suffisamment battu pour voir son fils malgré les oppositions de la mère, en passant par la tendresse avec son partenaire de vie. Un rôle dans lequel je sentais que je pouvais être moi-même.

Il est un peu tôt pour parler de "l'après anniversaire" mais comme les projets se montent souvent très longtemps en amont de la programmation, la curiosité pousse à vous poser la question.

Michel Voletti : Certainement jouer "L'anniversaire" dans un autre lieu et en tournée mais pour le moment cela n'est pas encore cadré. Par ailleurs, j'ai une proposition pour une jolie pièce mais a priori je ne suis pas complètement emballé par le personnage même s'il s'agit d'un très beau rôle. Cela étant j'attends de savoir quels seront le metteur en scène et la distribution pour me déterminer. Car comme je ne travaille plus qu'au coup de coeur…

 

A lire aussi sur froggy's Delight :

La chronique du spectacle "L'anniversaire"

Crédits photos : Thomy Keat


MM         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

• A voir aussi sur Taste of Indie :

Galerie de Michel Voletti


# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=