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Interview  (Paris)  14 mars 2007

Au bout d'une longue journée promotionnelle dans les sous sols de leur maison de disque, dans un studio de quelques mètres carrés quasiment entièrement occupée par une console son, nous sortons enfin les 2 représentants des Fatals Picards à l'air libre, ou presque, pour une interview lors de laquelle il sera question de rire, d'eurovision et de Tony Parker.

Mais regardez plutôt …

Bonjour. Nous vous avions laissé alors que vous écumiez les théâtres, ou apparentés, des Blancs Manteaux à la Cigale pour présenter un spectacle acoustique. Pouvez vous nous parlez un peu de cela ?

FP : En fait, ces spectacles étaient un peu particuliers. Il s'agissait de reprendre les chansons des albums précédents (et quelques nouvelles) et de les jouer en acoustique avec la particularité de les intégrer dans un spectacle plus théâtralisé. Il y avait des sketches, des projections. Entre les chansons c'est donc plus long et les chansons sont amenées par le biais de trucs un peu tarabiscotés.

Nous sommes donc un groupe de scène avec 2 optiques différentes. Le concert normal et électrique et le concert acoustique presque théâtrale dans des lieux assis. Ce sont vraiment 2 spectacles différents. Le truc qui peut perdre un peu les gens c'est que ce sont les mêmes chansons dans des versions différentes même si il y a des chansons inédites.

Et ce 4eme album se situe comment, c'est un nouveau répertoire et donc un nouveau spectacle ?

FP : Pas exactement car nous avons justement la démarche inverse. Ces chansons étaient déjà dans le spectacle précédent. Nous rôdons les chansons sur scène et ensuite on les fige sur disque quand elles sont abouties… ou embouties … dégrossies quoi ! Mais ceci dit, sur ce disque il y a des chansons qui existent depuis longtemps et que l'on a du jouer en live pas plus de 3 fois. Ce n'est pas une règle absolue.

C'est donc plutôt un vieil album pour vous ?

FP : Non non, c'est quand même moitié-moitié. Ce sont surtout les pistes cachées qui contiennent de vieilles choses qui nous faisaient marrer et que les gens découvrent. Ca les faire rire et ils nous le disent, c'est sympa. Et puis de toute façon on est fier de nos chansons et on les défend à fond sur scène, qu'elles soient enregistrées il y a longtemps ou pas. C'est un gros plaisir que l'on prend, ce n'est pas juste les jouer pour les jouer. C'est les défendre.

Sans lassitude ?

FP : En fait non, car d'abord il y a un nouveau public qui arrive à chaque fois et pour eux c'est nouveau et puis le public qui nous connaît déjà est heureux de réentendre des chansons qu'il connaît déjà et faire plaisir au public en jouant nos chansons c'est quand même vraiment sympa ! et les gens qui les découvrent, ca nous motive à bien les jouer pour qu'ils accrochent dessus.

Le fait que ces chansons soient figées sur disque cela veut dire, comme vous le disiez tout à l'heure, qu'elles n'ont plus de chance d'aller plus loin, de mûrir plus ?

FP : Elles continuent quand même de vivre un peu même si ca ne devient pas de nouveaux morceaux complètement différents. Les versions sont quand même différentes, et puis il y a des compromis technique. Parfois quand il y a 14 guitares sur disque, et 1 sur scène il faut le gérer.

Car il faut dire que même si cela vient du live, l'album est très produit.

FP : Oui mais c'est pour donner aux gens quelque chose de différent tant qu'à faire. Deux versions différentes dans deux contextes différents. Et puis ce que tu perds par le côté technique et la production tu le gagnes sur scène en spontanéité et en énergie. En live, entre les chansons il y a des blagues. Ce ne sont jamais les mêmes, les gens ne sont jamais les mêmes, selon l'ambiance etc… par rapport à une chanson tu peux avoir au final deux produits vraiment différents. Et c'est bien normal. Même si ca dépend des artistes, mais en général c'est le cas.

Pour revenir à cet album, Pamplemousse mécanique, il est truffé de petites parodies, de clin d'œil … L'idée c'est quoi au départ, c'est écrire des textes pour se marrer avant tout ?

FP : En fait non, même si ça ne parait pas c'est un travail très studieux l'écriture. Et assez empirique entre nous 3 (avec le guitariste qui n'est pas là aujourd'hui). Le style quant à lui peut évoluer beaucoup et complètement changer au cours de l'écriture de la chanson. Le style, le tempo … En tout cas pour bien se marrer il faut être bien organisé. Sinon ca part en vrille et il y en a toujours un qui vomi (ndlr : dit-il sans perdre son sérieux). Mais de moins en moins, on fait attention. Parce qu'en fait comme nous sommes trois à tenir le stylo, cela peut être très dangereux, il y a eu des accidents.

En revanche quand vous écrivez "Bernard Lavilliers" ou "Monter le pantalon", ce sont des styles imposés dès le départ non ?

FP : "Monter le Pantalon" c'est une chanson un peu particulière car elle existait déjà sous une forme très courte. Un petit clin d'œil du batteur, qui est du sud et qui se moquait un peu de ses travers. Et à partir de cela on a fait cette relecture d'une chanson qui existe déjà. Pour "Bernard Lavilliers" c'est un peu différent, on est parti de l'idée que Bernard Lavilliers avait fait tous les métiers du monde et on se demandait ce qui lui restait comme job à faire. C'est juste pour rigoler un peu du mythe et pas du tout du personnage en lui-même.

Vous n'avez pas peur que cela fasse un peu croire que c'est pour faire un pendant au "Manu Chao" des Wampas ?

FP : Franchement on n'y a pas pensé sur le coup. Mais vraiment ça n'a rien à voir. Les deux seuls points communs pourraient être que avec les Wampas, on partage un registre commun sur certains cotés et aussi que le titre de la chanson évoque un autre artiste. Mais si t'écoute celle des Wampas, ca n'a rien à voir. Nous on ne fait que de parler d'un mythe et jamais de ses chansons et on ne s'y attaque pas. Ce n'est pas diffamatoire.

Bernard Lavilliers en pense quoi ?

FP : il s'en fout, ça le fait plutôt marrer. Et puis égratigner un mythe c'est pas très grave.

A propos de "Cure toujours" c'est aussi une façon de toucher à un mythe ?

FP : ben les gothiques c'est pas un truc très établi si ?

Les Cure en tout cas oui …

FP : Oui mais on ne se moque pas, on chante à la façon de, cela pourrait aussi être indochine. Mais ce n'est pas dirigé sur un groupe mais plutôt sur les personnages des gothiques adolescents qui ne savent pas trop ou aller. J'ai eu des potes gothiques comme ca. Super sympas mais même si ils passaient une super bonne soirée ils faisaient tout le temps la gueule. On en a aussi dans le public d'ailleurs. C'est toujours marrant et facile de se moquer de son public. Ca les fait réagir, ils nous huent alors on les insulte encore plus, c'est amusant.

C'est pour ajouter un peu au côté interactif et festif de vos concerts ?

FP : Nos concerts ne sont pas "festifs" à proprement parler. C'est plutôt humoristique en fait. C'est quand même des concerts pendant lesquels il faut être un peu concentré (ndlr : dans le public). Nous on aime bien parlé et on a envie que nos textes, les gens les entendent bien. C'est important pour nous. Donc nos voix sont bien fortes et on n'hésite pas à parler avec les gens.

Du coup quand on est tombés dans des festoches clairement trop avinés avec des gens qui étaient venus voir Marcel et son Orchestre. Bien que je ne critique pas ce groupe, j'aime beaucoup ce qu'ils font. Mais sans vouloir être péjoratif pour deux sous, Marcel il fait clairement de la musique festive, pour faire la fête et nous plutôt de la musique humoristique.

Pour autant la musique n'est pas un simple faire valoir des textes, il y a de vraies compositions et pas seulement un accompagnement …

FP : C'est particulièrement sur cet album aussi, mais c'est sûr que l'on ne va pas faire une musique nulle pour privilégié le texte, on essaie de faire des musique sympas. Les chansons qui nous permettaient des rythmes un peu entraînants c'est toujours plus agréable à faire. Surtout que comme on est quand même un groupe de live il faut vraiment que les textes soient portés par une bonne musique.

Mais pourquoi ne pas avoir monté une troupe de théâtre à la place d'un groupe de rock ?

FP : Non parce que on ne sait pas faire ça. On est juste marrants dans le contexte musical en vérité. On a fait des petites tentatives, sans prétentions, des petits essais mais ça ne va pas plus loin. On a fait notamment des parodies, comme "24 heures chrono par seconde". Ce sont des petits bonus que l'on donne aux gens mais c'est tout.

L'humour s'arrête ou par rapport à un certain militantisme que l'on peut devenir sur "La sécurité de l'emploi" ou "mon père était tellement de gauche" ?

FP : On n'est pas un groupe militant même si il y a quand même une conscience politique sous jacente (rires). On n'est pas dans le style "faut pas tuer les bébés phoques, parce que c'est gentils les bébés phoques". On ne fait pas dans le gros slogans on préfère biaiser par l'humour mais on aime bien quand même de temps en temps taper un peu …

Enfin on ne peut pas prêcher les convaincus, nos chansons pourront pas changer le monde … Si, si on peut je suis sûr … Ouais enfin par exemple "la sécurité de l'emploi", les gens seront toujours là pour dire que de toutes façons les profs foutent rien … bref

Pouvez vous parler de cette fameuse piste 16 ?

FP : Ah ben malheureusement on va devoir le raccourcir car il va falloir mettre "L'amour à la française" dans la prochaine édition de l'album (NDLR : le titre retenu pour représenter la France à l'Eurovision 2007). Cette piste c'est un fourre tout dans lequel on met des sketches bout à bout, ça fait marrer les gens, qui retrouvent certains trucs qu'ils ont entendus en concert par exemple. C'est un peu une marque de fabrique. Entre le bétisier et le making of. Jusqu'à présent il y avait pas mal de truc en Picard. Du coup cet album là c'est un peu un tournant finalement …

Certains petits sketches font penser aux Nuls, c'est un humour auquel vous êtes sensible ?

FP : Oui même si on n'a pas vraiment connu la grande époque des Nuls. On aime beaucoup ce genre d'humour, les Robin des Bois également, et des choses plus anciennes comme Desproges … Fernand Raynaud ? Le Maréchal Pétain, Vercingétorix … Tous les grands comiques français (rires).

Quel est votre rapport avec la Picardie ?

FP : On est un peu devenu les représentants de la Picardie en fait, même si on s'en moque un peu mais c'est quand même assez flatteur bien sûr.

L'Eurovision, ça représente quoi pour vous ?

FP : C'est une super chance. Au départ la maison de disques nous a proposé de faire cela et on s'est raccroché au dernier moment à la sélection alors que les autres groupes avaient déjà préparés leur morceau. Nous on est arrivé et il restait peu de temps pour écrire et enregistrer une nouvelle chanson car il faut une chanson originale pour l'Eurovision. On a fait ça avec un cahier des charges plein de clichés "français", avec quand même un second degré.

Et vous en êtes content ?

FP : Super content ! Aussi surpris que content d'ailleurs ! Même si pour nous c'est du luxe car de toute façon notre carnet de tournée est déjà largement plein. C'est une exposition supplémentaire et franchement cela nous faire plaisir de représenter la France à l'Eurovision ! On y va pour gagner ! Et comme cela après il y aura une école maternelle en Picardie qui portera notre nom … Ou alors un parking, avec une statue de nous au milieu, torses nus avec un physique vachement avantageux ! En tout cas on va le faire vraiment sérieusement et on verra bien ce que cela donne.

 

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En savoir plus :

Le site officiel de Les Fatals Picards
Le vidéoblog des Fatals Picards

Crédits photos : Laurent (Plus de photos sur Taste of Indie)


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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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