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Les Master Classes de Jean-Laurent Cochet - Les Printanières - Hugo
Théâtre Pépinière Opéra  (Paris)  19 mars 2007

Voici arrivée la dernière, et non des moindres, des "Printanières" des Master Classes de Jean-Laurent Cochet, celle consacrée au géant de la littérature française : Victor Hugo.

Et comme ce dernier déclencha en son temps la fameuse bataille d'Hernani le voici aujourd'hui à l'origine d'un début de cours houleux.

En effet, Jean-Laurent Cochet, toujours aussi ravi et ému de retrouver comble la salle du Théâtre de la Pépinière-Opéra, prend son temps pour présenter l'auteur du jour. Car assurer la transition entre Musset, "le page aristocratique, le petit prince adolescent" sujet du dernier cours public, et Hugo, "le boutiquier enrichi qui se meuble en Henri II et qui se paie une croisière en Orient avec l’Agence Cook", selon les portraits de Paul Guth, nécessite quelques précautions liminaires.

D'autant que si l'œuvre théâtrale du premier réjouit les cœurs celle du second, qualifiée de "déferlement d'abondance injouable" appelle plus de réserves, Jean-Laurent Cochet, à qui on ne peut reprocher ni de ne pas connaître ses classiques ni de ne pas aimer le théâtre, le qualifiant de "mauvais théâtre". Déboulonner un peu la statue donc mais tout en faisant la part des choses en ce qui dans l'œuvre est détestable et le sublime écrit en prose. D'ailleurs Hugo a arrêté de lui-même d'écrire du théâtre en reconnaissant que ce n'était pas son métier.

Et voilà un spectateur qui manifeste en criant son opposition véhémente à cette sentence sans appel ! De quoi provoquer des remous dans la salle mais aussi une réplique sanglante de Jean-Laurent Cochet, non seulement sur cette intervention intempestive et de la plus rare incivilité, mais également sur le fond. Car il connaît son sujet sur le bout du texte et le "gâcheur" sera vertement muselé.

"Vous m'écrirez monsieur, mais vous ne m'interrompez pas ! Où vous venez ici faire une conférence. Je ne sais pas qui vous êtes mais moi je sais qui je suis et je vous dis que c'est du mauvais théâtre !"

Et voilà le quidam qui argue du droit du spectateur qui a payé sa place. "Je ne répondrai pas sur ces sottises sinon vous allé être expulsé par une salle entière. Et on vous remboursera monsieur ! Mon seul regret est que vous restiez dans la salle !" Et s'adressant à la salle, il clôture ainsi l'incident, "Comme je vous ai dit il y a des gens qui sont fait pour être critique, parler sans rien y connaître, et même cela ils l'on raté !"

Mais place à la sérénité eu au plaisir d'entendre les élèves ! Elèves dont deux ont choisi de dire des poèmes de Victor Hugo : "Le triomphe" et "Le crapaud" que Jean-Laurent Cochet classe parmi les moins "proférables".

Ce choix lui fournit néanmoins l'occasion d'évoquer longuement, avec admiration et affection, une grande dame, dans tous les sens du terme, du théâtre français, Mary Marquet, comédienne-prêtresse, réputée pour son art de dire la poésie d'Hugo, en la transcendant d'une certaine manière, au point de méduser son auditoire avec des vers au demeurent de mauvaise facture.

Après la poésie, gageure que les deux élèves réussissent plus qu'honorablement, le moment est venu d'aborder le théâtre ampoulé, boursouflé et sans émotion d'Hugo et Jean-Laurent Cochet insiste sur le fait que jouer du Hugo est effrayant pour un comédien.

Les scènes présentées, extraites de "Ruy Blas" et "Lucrèce Borgia", échappent à ce verdit sans appel. Le monologue de la Reine, la scène de la duègne et la scène du duel de Don Guritan dans "Ruy Blas" et l'affrontement de Lucrèce et du duc d'Este dans "Lucrèce Borgia" permettent une fois encore d'apprécier le travail effectué par les élèves.

Le cours se termine avec ce que Jean-Laurent Cochet qualifie de "surprise", même si elle a déjà été quelquefois présentée en ces lieux, et qui consiste en un exercice excessivement difficile nécessitant une extrême concentration. Cet exercice consiste à faire jouer de manière enchaînée la même tirade par chacun des comédiens selon un ordre aléatoire décidé sur l'instant par Jean-Laurent Cochet. Et c'est la tirade de Lucrèce, extraite de la scène présentée qui a été retenue.

Exercice là encore réussi, qui illustre également les différentes couleurs d'interprétation de ces jeunes élèves, qui enthousiasme le public.

Si le théâtre d'Hugo n'emporte pas son adhésion, Jean-Laurent Cochet reconnaît bien volontiers que "Notre Dame de Paris" et "Les misérables" sont des chefs d'œuvre. Et pour finir ce cours, il choisit de lire quelques très beaux extraits de "Post scriptum de ma vie" qui laisseront le public bouleversé.

Et c'est ainsi que s'achève la dernière des "Printanières".

Dernière printanière certes mais les Master Classes continuent non seulement avec le rendez-vous du 2 avril 2007 qui, sous le titre "Théâtre, je t'adore", proposera un voyage autour des textes et chansons de grands auteurs sur le théâtre mais aussi, avec la bonne nouvelle du jour, un nouveau cycle, le cycle "Arc-en-ciel" consacré à un florilège d'auteurs, des classiques aux contemporains.

 

"Passer de la vie à l'éternité, voilà le but. Notre vie rêve d'utopie et notre mort obtient l'idéal." Victor Hugo in Post scriptum de ma vie

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En savoir plus :

Le site officiel de Jean-Laurent Cochet


MM         
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# 28 juin 2009 : Drôles de drames

Notre enfance à été bercée par ses passages télé, mais cette semaine elle s'est éteinte dans l'indifférence générale, sans pouvoir lutter, même dans la mort avec le plus grand chanteur de variété de tous les temps. Farah Fawcett est morte, il nous restera quelques mémorables épisodes de "Drôles de dames" en souvenir, à regarder entre deux hommages à Bambi, le chanteur blanc qui voulait faire de la musique noire ... ou l'inverse, je ne sais plus bien...

Mais trève d'hommage, voici le programme de cette première semaine estivale

Côté musique :

"Love gone bad" de Bad Mama Dog,
"I'm OK" de Gablé,
"God help the girl" de God Help the Girl,
"Lord Cut-Glass" de Lord Cut-Glass,
"The Atlantic Ocean" de Richard Swift,
"Oh my god, Charlie Darwin" de The Low Anthem,
"Evenfall" de Sébastien Schuller qui nous en parle en interview,
un petit Ni vus Ni connus avec les compilations War Child Heroes et Dark was the night
Berline 0.33 et Enablers à la Malterie de Lille,

Côté théâtre :

"Erase-e(X) au Théâtre des Abbesses
"Kvetch" au Théâtre Le Lucernaire
"La cruche cassée" au Théâtre 13
"Répertoire" au CNSAD
"Chaos debout " au Théâtre 13
"Le malade imaginaire" au Théâtre Le Lucernaire
"Tendre et cruel, Hercule" au CNSAD
et en reprise tout l'été "Gustave Parking - De mieux en mieux pareil" au Théâtre Trévise

Expositions avec :

"Le jardin de Monet : l'invention d'un paysage" au Musée des Impressionnismes à Giverny
le Festival International des Jardins à Chaumont-sur-Loire
L'art carcéral à la Biennale d'Art contemporain de Venise avec la France et la Suisse

Lecture avec :

"Le chant du bourreau" de Norman Mailer
le catalogue du Festival international des jardins 2009
"Vive La Peinture" par VLP
"Je suis noir et je n'aime pas le manioc" de Gaston Kelman,
"Farouche à quatre feuilles" de André Breton, Lise Deharme, Julien Gracq et Jean Tardieu,
"Laura" de Laurent Herrou,
Une interview de Erik Rémès

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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