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puce Mathis - Shannon Wright
Théâtre Denis  (Hyères)  14 avril 2007

J’ai toujours été très méfiant vis à vis des concerts auxquels on assiste assis. C’est que, plus jeune, j’étais fort amateur de pogos ; que le rock me passe par les pieds autant que par la tête dodelinante. Ma trentaine approchant n’y change rien : le postérieur vissé, la musique a parfois tendance à me faire un rien chier. J’en connais beaucoup d’ailleurs qui partagent cet avis, même si c’est assez secrètement ou, en tout cas, avec assez de discipline pour n’en rien laisser paraître lorsqu’il le faut - à témoin j’appellerais tous ceux qui finirent par se lever avec moi le temps de Password et Revolution (repris des Spacemen 3) durant le rappel du concert de Piano Magic à l’espace Julien de Marseille, en octobre 2005.

En arrivant ce samedi 14 avril 2007 dans le joli petit théâtre Denis d’Hyères, j’ai donc eu un long soupir désespéré. Théâtre à l’italienne, de poche, tout de rouge et d’or, aux fauteuils massés au pied d’une scène encore vêtue de son rideau noir. Public discipliné, bien assis à sa place, poli. Pas de bière à l’intérieur, merci.

Soupir & doute. Y aurait-il ce soir-là du rock ? Le Festival Faveur de Printemps ne se fourvoyait-il pas grandement en s’annonçant rock en un tel lieu ? Doute devenu crainte à entendre le discours d’introduction de la soirée : Mathis venu sans les Mathematiks pour jouer seul du blues ; Shannon Wright dont on nous annonce, entre autres choses, qu’elle sera ce soir-là plus calme qu’à l’accoutumée.

Les lumières s’éteignent et j’attends les trois coups. Quelques notes de guitare, chaudes, emplissent le silence. Le rideau s’ouvre.

Sur une chaise, Mathis à la guitare, véritable acoustique s’il vous plaît, bottleneck au doigt, quelques pédales devant lui.

On lit toutes sortes de choses sur ce français-là et son groupe. Des descriptions où se télescopent les genres, des critiques où les compliments se bousculent. Pour ma part, je n’aurais qu’une seule chose à en dire : ce type a l’âme la plus blues qu’il m’ait été donné d’entendre sur scène.

Germano-ardéchois du delta, Mathis, assis comme le public, me laisse sur le cul. Il chante et crie, rugit, miaule et fait miauler un public timide un peu ; séducteur, enjôleur, comédien ; humain, simple et humble, aussi - une guitare à la main, Mathis est irrésistible, tout simplement. Et si l’on ne peut pas se lever, on peut toujours taper la mesure du bout du pied.

Les titres s’enchaînent, compositions personnelles (dont les excellents "Blush" et "Voodoo Bitch", pour des versions solo-acoustiques épatantes) et standards (dont un très réussi "Little Red Rooster"), tout à la guitare, slide ou pas, parfois de percussions simplistes jouées au pieds sur une pédale. Comme le musicien lui-même, qui finit par annoncer un dernier titre tout en avouant ne pas trop savoir depuis combien de temps il joue, on perd le fil, envoûté par le charisme évident de l’homme.

Le rideau se referme le temps d’un changement de plateau. Les gens se lèvent, vont se dégourdir les jambes. Entracte. Un peu rassuré par la prestation de Mathis, j’essaie d’imaginer comment la musique de Shannon Wright pourra s’adapter à un public assis. Plus calme que d’ordinaire, nous a-t-on annoncé. Voilà qui peut augurer du pire comme du meilleur. C’est que j’avais oublié, tout à ma hâte de retrouver mes émotions de rocker néo-pubère découvrant avec ébahissement amoureux l’existence d’une certaine Polly Jean, que Let in the Light (Vicious Circle, 07), le nouvel album de Shannon, faisait la part belle au piano.

Ouverture de rideau, Shannon et ses deux musiciens entrent en scène, un batteur et un bassiste barbus, chevelus, de noirs vêtus - un peu décalés en ce théâtre mignonnet. Shannon, elle, a des airs de grungette sur le retour, jean & chemise, imposante frange qui cache ses yeux.

Au piano, elle gigote comme on le fait en jouant de la guitare. Sa voix est douce et mélodieuse, mais pas légère - plutôt profonde, prête à se briser en un cri au besoin. La chanteuse s’est apaisée, son évolution d’album en album est palpable. "Don’t you doubt me", "Defy this love", "Steadfast and true", chacun dans son registre, l’établira ce soir sans l’ombre d’un doute.

Il n’aura fallut que trois titres pour que le piano soit délaissé au profit de la guitare. Quelques titres plus anciens donneront alors l’occasion de beaux morceaux de bravoure rock’n’roll. Et si l’on n’aura pas droit à ce "You’ll be the death" que j’attendais avec une impatience non dissimulée, "With closed eyes" me rappellera presque aussi avantageusement la période Over the sun (Vicious circle, 04).

Reste que, dans un fauteuil de théâtre, on se sent comme isolé du courant qui électriserait tout ça. Dans un fauteuil au milieu de la salle, un gamin que ses parents n’ont certainement pas réussi à faire garder joue avec une console portable, ignorant tout de ce qui l’entoure. Sur scène, les musiciens font pourtant de leur mieux. Mais la scène est comme trop loin des spectateurs. Les applaudissements restent trop polis. Sit down ovation.

Non pas que les spectateurs ait l’air lassé d’être assis là, ou de s’ennuyer. Simplement que le soir n’est pas à la folie, à la sueur, à l’excitation. Reste l’émotion - qui atteindra un sommet pour le final de la chanteuse, seule en scène, se lamentant lentement au piano. Après un set assez court et deux rappels, Shannon Wright quitte la scène pour n’y plus revenir, malgré les applaudissements insistants. Les lumières se rallument. Fin de la représentation.

 

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En savoir plus :

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Crédits photos : Cédric Chort (Plus de photos sur Taste of Indie)


Cédric Chort         
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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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