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Interview  (Paris)  21 mars 2007

On ne rate pas un passage des sympathiques espagnols à Paris pour parler avec eux de leur actualité. Et actualité, il y a puisque The Sunday Drivers sortent le 23 avril 2007 leur nouvel album Tiny Telephone.

Entretien avec 3 des membres du groupe venus tout exprès de Tolède, 2 ans après leur premier album Little Heart Attacks.

Tout d'abord, que s'est-il passé depuis 2 ans et la sortie de "Little Heart Attack" ?

The Sunday Drivers : Après notre passage en France, on a pas mal tourné et on a monté un petit projet en plus de cela afin de jouer quelques concerts avec un orchestre symphonique. Donc on a fait des festivals comme cela, en Belgique notamment. Et pendant tout ce temps nous n'avions absolument pas le temps de travailler sur de nouvelles chansons. Nous ne faisions que tourner et arranger les morceaux pour les orchestres.

Ensuite nous avons décidé de vraiment arrêter de faire de la scène pour un moment et recommencer à écrire car avec la tournée nous n'avions finalement depuis un moment aucune nouvelle chanson. Donc du coup il y a eu un long moment entre le premier album et celui-ci. Mais ceci dit, ce nouvel album, "Tiny Telephone" a été fini en juin 2006, il y a presque 1 an.

Et que s'est-il passé depuis alors ?

The Sunday Drivers : Nous avons fait en sorte que l'album soit publié et soit une réussite. Cette fois-ci, il va sortir dans plusieurs pays européens en même temps. Donc on a attendu que tout le monde soit prêt parce que l'album précédent était sorti en France 1 an après sa sortie en Espagne et c'était dommage.

Il vient d'où ce titre d'album ? Après "Little heart attacks", "Tiny Telephone", vous avez un fétichisme à propos des petites choses ?

The Sunday Drivers : (rires) Non non, en fait c'est une coïncidence mais c'est très marrant, c'est vrai. En fait "Tiny Telephone" c'est le nom du studio dans lequel nous avons enregistré l'album ! Enregistrer dans ce studio fut une de nos meilleures expériences en musique, un studio formidable et c'est en hommage que nous avons choisi son nom pour notre album. En fait la pochette du disque c'est une photo de la poste du studio ! C'était à San Francisco.

Il y a 2 ans, vous disiez qu'il était difficile pour un groupe espagnol de chanter en anglais et de réussir dans son pays. Désormais, vous enregistrez à San Francisco, vous chantez en anglais, votre album sort dans la plupart des pays européens, vous considérez-vous toujours comme un groupe espagnol ou bien cela à moins d'importance maintenant ?

The Sunday Drivers : Non, nous sommes toujours les mêmes qu'il y a deux ans et nous n'avons pas la prétention de dire ni de vouloir être un groupe d'envergure international.

Nous avons la chance de pouvoir être écoutés dans pas mal d'endroit, d'enregistrer à l'étranger c'est chouette mais ce n'est pas un choix délibérer pour s'émanciper des frontières et devenir à tout prix un groupe "international".

Et les choses peuvent se défaire aussi vite qu'elles se font, on n'est jamais sûr que l'on pourra faire un autre album, que le label sera ok etc…Pour nous tout cela reste quelque chose de nouveau et merveilleux, comme venir en France pour faire notre promo. C'est incroyable et très excitant. C'est vraiment un cadeau pour nous, un rêve.

Et en Espagne rien n'a changé non plus ? C'est toujours aussi difficile de s'intégrer dans le paysage musical local ?

The Sunday drivers : De ce côté-ci les choses ont un petit peu évolué, mais juste pour nous malheureusement, pas pour les autres groupes qui ont fait le choix de chanter en anglais (rires un peu désabusés). Il faut vraiment que les groupes aillent en dehors des frontières pour avoir un peu de succès.

Pour revenir à "Tiny Telephone", vous disiez avoir fait une pause pour ne vous consacrer qu'à l'écriture. Cela signifie donc qu'il n'y avait pas de stock de chansons à l'époque de "Little Heart Attack" et que tout est nouveau sur ce disque ?

The Sunday Drivers : Oui exactement, à l'exception d'une chanson. Il s'agit de "She". Elle nous tient beaucoup à cœur et était déjà pressentie pour le précédent album mais elle n'a finalement pas figuré dessus.

Nous étions un peu déçus car à mon sens c'est une des meilleurs chansons du premier album et elle n'est pas dessus ! (rires). Alors nous l'avons retravaillé, réarrangé et nous avons fait un peu le forcing pour qu'elle soit sur ce nouveau disque et nous sommes fiers qu'elle soit là !

On retrouve sur ce disque ce qui a fait le succès du premier. C'est-à-dire des chansons pop très anglaises, au bon sens du terme. C'est quelque chose de profondément ancré en vous ? N'avez-vous pas peur avec le retour des "vieux" groupes pop et rock sur les platines des adolescents de ne plus vraiment être à la mode ?

The Sunday Drivers : Peut-être mais on s'en fout ! C'est ce qu'on aime, c'est notre culture et on adore vraiment faire ce style de musique pop, très joyeuse, même si les textes ne le sont pas toujours ceci dit.

Le groupe avait vraiment été découvert en France au moment des Transmusicales de Rennes d'il y a bientôt 3 ans lors desquelles l'accueil avait été particulièrement bon. Depuis, avez-vous gardé une relation particulière avec le public français ?

The Sunday Drivers : C'est toujours un peu spécial pour nous de jouer en France effectivement. On était revenu l'an dernier aux Eurockéennes, c'était bien. En France il y a beaucoup de gens qui viennent nous voir ou nous envoient des emails. Ils sont très respectueux et se souviennent de nous, suivent le groupe. Mais globalement, c'est difficile de savoir ce que l'on représente vraiment en France … Si toutefois on représente quelque chose (rires) !

Et plus concrètement, le marché du disque pour vous se porte plutôt mieux en Espagne ou bien ici, et ailleurs en Europe ?

The Sunday Drivers : Houlala en Espagne c'est pas super. Il est très difficile de vendre des disques là-bas, c'est je crois un des premiers pays pour le piratage … mais bon c'est comme ça. Bientôt le succès des groupes se mesurera en nombre de téléchargements (rires) !

Y a-t-il beaucoup de jeunes groupes qui font encore de la pop musique comme vous le faites ?

The Sunday Drivers : Oui ! Encore plein, qu'ils soient américains ou anglais. Mais en fait ce que l'on voudrait faire, c'est une musique que l'on rêverait d'avoir dans notre discothèque et que l'on ne peut pas avoir parce que personne ne l'a fait !

On essaie de jouer des choses que nous n'avons pas encore testées, des choses nouvelles, mais toujours en restant bien entendu dans le registre pop. D'ailleurs nous ne savons pas faire autre chose. Je ne saurais pas jouer de la guitare plus rapidement ou plus fort de toute façon ! (rire général).

Le live, c'est important pour vous ? Vous allez beaucoup tourner encore avec ce disque ?

The Sunday Drivers : Oui, on adore cela, c'est vraiment chouette. En France c'est encore plus sympa car le public est vraiment attentif, et apprécie notre musique et c'est très motivant. Je pense même que cela permet de jouer encore mieux, de se galvaniser.

Ca va donner quoi sur scène ce nouvel album car il est très dansant et joyeux ?

The Sunday Drivers : Il y aura de toute façon un mélange de chansons bien entendu très entraînantes, comme "Do it" mais aussi des choses un peu plus calmes et acoustiques. Une chose est sûre c'est que l'on jouera autant que l'on pourra !

Il y a deux ans vous disiez que l'arrivée de Lyndon Parish, qui vient du Pays de Galles, avait apporté un vrai son pop et une vraie crédibilité. Est-ce toujours le cas actuellement ou bien le groupe a-t-il définitivement absorbé cela ?

The Sunday Drivers : Oui c'est tout à fait vrai et c'est toujours le cas. Mais en fait chacun, de par l'instrument qu'il joue et ce qu'il va proposer sur chaque morceau, est un peu dans ce cas. Chacun apporte sa personnalité et sa patte dans les compositions du disque. Ce n'est pas nécessairement seulement celui qui fait les textes qui a le dernier mot. Mais c'est vrai que ce qu'a apporté Lyndon lors de son arrivée dans le groupe est désormais bien intégré par tout le monde.

Et l'enregistrement aux Etats-Unis c'était pour le son, pour le producteur ?

The Sunday Drivers : Le studio nous a été proposé et on l'a trouvé vraiment bien. Et puis le producteur a bien voulu bosser avec nous alors on est parti la bas. C'était aussi l'occasion de s'isoler de notre environnement habituel et de ne penser qu'à la musique et travailler beaucoup… Et puis c'était finalement une bonne excuse pour se retrouver ensemble à San Francisco, c'était plutôt chouette !

 

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En savoir plus :

Le site officiel de The Sunday Drivers

Crédits photos : Laurent (Plus de photos sur Taste of Indie)


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# 15 septembre 2019 : Life in Vain

Cette semaine Daniel Johnston nous a quitté, mais aussi Philippe Pascal de Marquis de Sade. Merci à eux pour tout ce qu'ils ont apporté à la musique mondiale pour l'un et hexagonale pour l'autre.
Pour ce qui est du reste de l'actualité culturelle de la semaine, c'est parti pour le sommaire :

Du côté de la musique :

"Schlagenheim" de Black Midi
"Tokyo dreams" de Dpt Store
"Terry Riley : Sun rising" de Kronos Quartet
"Diabolique" de l'Epée
"Mer(s) : Elgar, Chausson & Joncières" de Marie-Nicole Lemieux
"Like in 1968" de Moddi
"Voodoo queen" de One Rusty Band
"Moon" de Violet Arnold
et toujours :
"L'horizon" de Manu
"Twelve nudes" de Ezra Furman
"Spleen 1" de Fleur du Mal, chronique assortie d'un entretien
Rencontre avec Le Flegmatic autour de son nouvel album "Ruine nouvelles" Le Flegmatic
"Echoplain Ep" de Echoplain
"Michel on my mind - Tribute to Michel Petrucciani" de Laurent Coulondre

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Pompiers" au Théâtre du Rond-Point
"La Vie de Galilée" à La Scala
"Suite française" au Théâtre La Bruyère
"The ways she dies" au Théâtre de la Bastille
"La Fin de l'Homme rouge" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Pour un oui ou pour un non" à la Manufacture des Abbesses
"Louise au parapluie" au Théâtre du Petit Gymnase
"La Réunification des deux Corées" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Ecoutez leur silence" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Les Naufragés" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Vive Bouchon !" au Théâtre du Splendid
"Marie-Antoinette" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Tempête en juin" au Théâtre La Bruyère
"Aux rats des paquerettes" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Pas vue, Ni connue" au Théâtre Essaion
des reprises
"L'homme à tête de chou" au Théâtre du Rond-Point
"Fables" au Studio Hébertot
"Le Défunt" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Dom Juan ou les limbes de la mémoire" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Une leçon d'Histoire de France - De l'An mil à Jeanne d'Arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France - De 1515 au Roi-Soleil " au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Karine Dubernet - Souris pas !" au Point Virgule
"Sandra Colombo - Instagrammable et cervelée" à la Comédie des Trois Bornes
"Marion Mezadorian - Pépites" à la Nouvelle Seine
"Carla Bianchi -Migrando" à la Nouvelle Seine
"Giorgia Sinicorni - Comment épouser un milliardaire" à la Nouvelle Seine
et la chronique des spectacles à l'affiche en septembre

Expositions avec :

"Le Monde selon Roger Ballen" à la Halle Saint-Pierre

Cinéma avec :

"Les Fleurs amères" de Olivier Meys
Oldies but Goodies avec "Les Idoles" de Marc'O
et la chronique des films à l'affiche en septembre

Lecture avec :

"Ici seulement nous sommes uniques" de Christine Avel
"Les altruistes" de Andrew Ridker
"Les yeux fumés" de Nathalie Sauvagnac
"Un autre tambour" de William Melvin Kelley
"Un mariage américain" de Tayari Jones
"Week end à New York" de Benjamin Markovits
et toujours :
"Autoportrait d'une vie heureuse" de Ingo Schulze
"Conversations entre amis" de Sally Rooney
"Le dernier grenadier du monde" de Bakhtiar Ali
"Le siècle des dictateurs" Sous la direction d'Olivier Guez
"Les opérations extraordinaires de la seconde guerre mondiale" de Claude Quétel
"Les réfugiés" de Viet Thanh Nguyen

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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