Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Grinderman
Grinderman  (Mute / Labels)  mars 2007

L’omerta anti-moustache n’est pas nouvelle. Voila près de 15 ans que le modèle n’est plus en vigueur; trop de connotations, de clips 80’s saccadés, de contorsions sexuelles et d’hygiènes controversées. La moustache, à en croire la rumeur, aurait été l’ennemi du bien, le poil à abattre, celui qui gratte les artistes "bankables".

La moustache, si on s’écoutait, aurait été la preuve d’un mauvais goût discutable, trace unique des hommes homos, chemises à fleurs et cheveux gras. Phénoménologie des clichés.

Et puis il arrive. Et revient. Le Nick ressort de sa cave, avec sa moustache sous le bras. Sorte de signature du nouveau projet, son nouveau projet, sans les Bad Seeds en day off, on croit comprendre qu’il s’appelle Grinderman, ce projet. L’homme singe. Celui qui n’hésite pas à porter la moustache, justement. Enfin pas vraiment la moustache, c’est un peu plus subtil. Moustache qui descend sur le menton, sans le clôturer comme le bouc, aujourd’hui devenu émissaire.

Voila donc la grande nouvelle : Nick Cave revient sur le devant de la scène musicale avec un projet rasé de près sur les cotés, mais broussailleux blues au dessus des lèvres. La moustache de l’homme singe est de retour, qu’on se le dise, et elle pique plus que jamais.

De son dernier opus, Abbatoir Blues, Nick Cave semble donc conserver uniquement la première face, la plus énervée. Fini le lyrisme d’Orpheus. D’emblée, la rage électrique semble prendre le pas sur le romantisme, comme sur ce bordélique "Get it on" qui passerait presque pour le cousin australien de Fun House.

Cheveux grisonnants, et moustache tendance, Nick Cave semble tapé de plein fouet par la crise de la quarantaine, songeant à ses premiers amours (Birthday Party) avec mélancolie. Sans retrouver la force de ses débuts au plan vocal, le bluesmen tape juste avec Grinderman, car c’est un virage à 180° pratiqué avec la frange radicale et énervée des Bad Seeds (Warren Ellis et consort). Pas de piano, pas de mélodie, ou si peu. C’est un blues électronique qui jouit sur "No Pussy Blues".

Et l’embardée se déroule sans la moindre fausse note, car les quatre compères jouent serrés, comme si Grinderman était l’une des dernières occasions de jouer fort, électrique,énervée. Comme si le monde allait virer acoustique dès demain. Urgence. De ses amours avec Polly Jean Harvey, Nick recrache le brillant "Grinderman", chanson éponyme, sorte de ballade du marais, comptine qui colle aux boots. L’envie est encore là, et Nick Cave semble se renouveler un peu à chaque album, phoenix qui, même s’il perd un peu la voix pour conserver le talk-over, garde un beau plumage majestueux (L’étonnant low-tempo de "Go tell the women").

Et puis il y a la chanson piste 7. La chanson piste 7, c’est tout l’amour pour Nick Cave qui ressurgit en un éclat de basse virevoltante, la guitare incisive qui racle les bords, et ces paroles qui tranchent. "(I dont need you) set me free", est sans nul doute écrite dans la plus grande tradition des blues romantiques de Nick Cave. Cette chanson piste 7 possède la rage punk collée à la mélodie. On penserait presque à la Brit’ pop période The Verve avec ses soli aériens. C’est beau comme un avion qui décolle.

Mystique comme une chambre remplie de fantômes jouant au poker australien sur "Man in the moon", chanson éthérée à l’intensité intemporelle. Seul Nick Cave est encore capable, avec Mark Lanegan, de telles percées cérébrales sur le seul son de sa voix.

Et cet album, au final, est une sacrée gifle qui rappelle l’urgence des Stooges, mais sans le déambulateur et les rhumatismes. Vive la moustache. Vive le blues.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Grinderman 2 de Grinderman
Grinderman en concert au Festival Les Eurockéennes de Belfort 2008
Grinderman en concert au Festival Summercase 2008 (vendredi)
Grinderman en concert à Cité de la Musique (mardi 26 octobre 2010)
L'interview de Grinderman (mercredi 1er septembre 2010)

En savoir plus :

Le site officiel de Nick Cave an dThe Bad Seeds


Little Tom         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 22 septembre 2019 : Fin d'été

Fin d'été c'est le titre du nouvel album de Samir Barris, on vous en parle en ces premiers jours d'automne, tout comme les autres sorties musicales, littéraires, théâtrales, cinématographiques et muséales qui ont retenu notre attention cette semaine. C'est parti !

Du côté de la musique :

"Corpse flower" de Mike Patton & Jean Claude Vannier
Rencontre avec Joseph Fisher autour de "Chemin Vert", assortie d'une session acoustique à découvrir ici
"Prokofiev : Visions fugitives" de Florian Noack
"The basement tapes" de Mister Moonlight
"The uncompleted works volume 1, 2 & 3" de Nantucket Nurse
"Là-Haut" de Gérald Genty
"Ilel" de Hildebrandt
"Buxton palace hotel" de Studio Electrophonique
"Vian" par Debout sur le Zinc
"Impressions d'Afrique" de Quatuor Béia & Moriba Koita
"Fin d'été" de Samir Barris
et toujours :
"Schlagenheim" de Black Midi
"Tokyo dreams" de Dpt Store
"Terry Riley : Sun rising" de Kronos Quartet
"Diabolique" de l'Epée
"Mer(s) : Elgar, Chausson & Joncières" de Marie-Nicole Lemieux
"Like in 1968" de Moddi
"Voodoo queen" de One Rusty Band
"Moon" de Violet Arnold

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"L'Autre monde ou les Etats et Empires de la Lune" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Le Misanthrope" à l'Espace Cardin
"L'Animal imaginaire" au Théâtre de la Colline
"Data Mossoul" au Théâtre de la Colline
"Danser à la Lughnasa" au Théâtre 13/Jardin
"Le Frigo" au Théâtre de la Tempête
"A deux heures du matin" au Théâtre L'Atalante
"La Veuve Champagne" au Théâtre de la Huchette
"Le Square" au Lavoir Moderne Parisien
"Jo" au Théâtre du Gymnase
"Jean-Marie Galey - Ma Comédie française" au Lavoir Moderne Parisien
"Ah ! Félix" à l'Eglise Sainte-Eustache
"Le Voyage musical des Soeurs Papilles" à la Comédie des 3 Bornes
"Lucie Carbone - Badaboum" à la Comédie des 3 Bornes
"Casse-toi diva" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Nora Hamzawi" au Théâtre du Rond-Point
des reprises
"Letzlove - Portrait(s) Foucault" aux Plateaux Sauvages
"One night with Holly Woodlawn" aux Plateaux Sauvages
"Diva sur Divan" à la Comédie Bastille
"La Liste de mes envies" au Théâtre Lepic
et la chronique des spectacles à l'affiche en septembre

Expositions avec :

"Mondrian figuratif" au Musée Marmottan-Monet
"L'Age d'or de la peinture anglaise - De Reynolds à Turner" au Musée du Luxembourg

Cinéma avec :

"Ne croyez surtout pas que je hurle" de Franck Beauvais
Oldies but Goodies avec "Marie pour mémoire" de Philippe Garrel

et la chronique des films à l'affiche en septembre

Lecture avec :

"Barbarossa : 1941. La guerre absolue" de Jean Lopez & Lasha Otkhmezuri
"Bête noire" de Anthony Neil Smith
"Dictionnaire égoiste de la littérature mondiale" de Charles Dantzig
"Gaeska" de Elrikur Orn Norddahl
"Les refuges" de Jérôme Loubry
"Liquide inflammable" de Robert Bryndza
et toujours :
"Ici seulement nous sommes uniques" de Christine Avel
"Les altruistes" de Andrew Ridker
"Les yeux fumés" de Nathalie Sauvagnac
"Un autre tambour" de William Melvin Kelley
"Un mariage américain" de Tayari Jones
"Week end à New York" de Benjamin Markovits

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=