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Basia Bulat
Oh my darling  (Rough Trade / PIAS)  avril 2007

Si Lisa Germano avait été plus heureuse, mieux dans sa peau, nul doute qu'elle aurait aimé faire la musique que nous propose aujourd'hui Basia Bulat.

Une musique folk joyeuse, une voix sincère et un peu éraillée, une instrumentation riche, voire luxuriante. Superbement estival et bien loin des canons de beauté folk prônant la dépression comme règle aussi surement que l'anorexie est au mannequinat.

Sur Oh My Darling c'est plutôt la gourmandise qui est élevé au rang de leitmotiv musical.

Si la jolie jeune fille blonde répondant au nom de Basia Balat vient de Londres, il ne faut cependant pas se méprendre. Ce London ci se trouve en Ontario, en plein Canada. Détail géographique qui a son importance puisque l'album a été produit par Howard Bilerman, qui a déjà tenu les manettes derrière God Speed you black emperor ou Arcade Fire, groupes canadiens connus et reconnus s'il en est !

On ne s'étonnera alors pas du côté "clap your hand say yeah" au sens propre du terme sur le titre d'ouverture "Before I knew" et son yukulele renforcé par des claquements de mains et des chœurs discrets un tantinet gospel.

On ne s'étonnera pas non plus de penser à Feist, ou Joanna Newsom qui se serait enfin débarrassé de sa voix nasillarde et enfantine si éprouvante pour les nerfs.

Mais ce n'est encore qu'un léger hors d'œuvre au regard, et pour le coup, à l'écoute, de la suite de l'album. Riche mais pas surchargé, les morceaux défilent et on esquisse quelques pas de valse sur "La da da" et ses violons dont la rythmique est suggérée par la mélodie plus que martelée par des percussions qui savent rester discrètes. "Bird of paradise", très touchante ballade très dépouillée rappelle étrangement et agréablement une chanteuse française, Pauline Croze.

Les claviers savent aussi être là quand il faut, comme sur l'intro au relent de Nick Cave sur "Little one". Titre dont la montée en puissance séduit et révèle un bien beau morceau, tendu à l'interprétation parfaite, où la grâce de Basia Bulat remplace le pathos du moustachu.

Ceci étant, au-delà des arrangements c'est la voix de Basia Bulat qui s'impose comme élément essentiel de ce disque. Une voix prête à bouffer tous les standards de jazz et de blues, comme sur "Snakes and ladders" où la chanson qui donne son titre à l'album "Oh my darling", et à faire pâlir d'envie Joni Mitchell ou Natalie Merchant. Autant dire une voix rare de nos jours où la performance se mesure trop souvent en décibels.

Tout en douceur, en finesse et en classe, Basia Bulat vous fera passer l'été le plus chaud de votre vie sans avoir besoin de danser la lambada. Et en prime, l'album vous accompagnera certainement bien plus longtemps qu'un simple été !

Un bonheur n'arrivant jamais seul, la jeune fille est charmante et à ne rater sous aucun prétexte lors de ses passages dans nos lointaines contrées européennes.

 

En savoir plus :

Le site officiel de Basia Bulat


David         
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Côté musique :

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"Mega breakfast" de The Chap,
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"Gueule de terriens" de Zen Zila
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