Musique   Théâtre   Expos   Cinéma   Lecture   Bien Vivre
  Galerie photos   Galerie audio
 
Activer le mode recherche avancée
Accueil
 
Colleen
Les ondes silencieuses  (The Leaf label)  mai 2007

Cécile Schott, alias Colleen, propose depuis quelques années maintenant une musique électronique faite d’acoustique, à moins que ce ne soit l’inverse, où l’on ne perd pas seulement le sens de la classification (electronica ? minimalisme acoustique ? folk synthétique ?) mais également ceux de l’orientation et de la pesanteur, pour s’en aller rêver d’espaces plus éthérés, beaux - mélodieusement beaux.

Après deux album remarquables, Everyone alive wants answers (Leaf label, 2003) et The golden morning breaks (Leaf label, 2005), après 500 exemplaires d’un album live (Mort aux vaches, Staalplaat, 2006) et un EP un peu fou utilisant les mélodies mécanisées de boîtes à musique (Colleen et les boîtes à musique, Leaf label 2006), Colleen propose avec Les ondes silencieuses un troisième album aussi abouti que finement titré.

De silences et d’ondes, ces trois quarts d’heure de musique regorgent certainement plus que des boucles et collages que l’on aurait pu attendre. Ici, la musique s’étire et s’aère, comme on s’étirerait après une sieste, comme on s’aérerait à l’ombre d’un jardin. La densité quelque peu entêtante d’une électronique à laquelle la syncope va comme un gant a laissé la place à l’absolue légèreté de mélodies égrenées autour du silence lui-même - avec une admirable application à la lenteur.

Traversé de cette onde continue de silence, l’album prend le risque d’offrir ses mélodies mises à nues, dépouillées de tout effet de production, comme on dirait "de tout effet de manche". Baignées de silence, les notes n’en résonnent que mieux ; si bien, à vrai dire, que l’on devient sensible à l’extrême variété des instruments utilisés, et aux différentes textures de leurs sonorités. C’est que Colleen s’amuse à toucher à tout : guitare, violoncelle, mais aussi clarinette, épinette (une sorte de clavecin), viole de gambe et tout un tas de percussions, résonances et vibrations plus ou moins identifiées. Et si l’on peut supposer que cette variété interdit des prouesses permanentes de virtuosité, c’est pour réaliser qu’il ne reste alors à Colleen pour tenir ses compositions qu’une sensibilité d’une délicatesse extrême, exquisément raffinée.

Instrumentale, méditative, voire même : contemplative, la musique de Colleen n’en bascule jamais pour autant dans l’intellectualisme, la complaisance ou l’affectation. Minimaliste, elle l’est avec un grand naturel, et le vide autour duquel elle se noue va toujours de soi. Aussi irréelle soit-elle, aussi profondes soient les rêveries qu’elle provoque, c’est une musique qui a le très grand mérite de savoir rester simple. Pas une de ses musique à réserver aux instants parfaits - celles, donc, que l’on n’écoute jamais. Une musique à écouter sur son canapé, tout simplement, le temps d’une soirée de détente ; ou sous la couette, l’oreille à peine tendue, les yeux clos ; dans le métro, pourquoi pas, pour s’habiller d’un peu de quiétude. Une musique de ce monde, qui parle d’un autre, sans autre prétention que d’en parler bien, avec cette si difficile sincérité des choses les plus naturelles. Rien de plus. Et c’est déjà bien assez beau.

Française de naissance mais anglophone professionnelle, publiée par un label britannique, Colleen n’a pas encore en France la reconnaissance qu’elle mérite - qu’elle n’a pas hésité à aller chercher outre Manche et outre Atlantique. Espérons qu’avec ce nouvel opus, elle finira par l’atteindre ici aussi.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Colleen et les boites à musique de Colleen
Colleen en concert au Café de la Danse (10 juin 2005)

En savoir plus :

Le site officiel de Colleen


Cédric Chort         
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Colleen et les boites à musique de Colleen
Colleen en concert au Café de la Danse (10 juin 2005)


# 30 novembre 2008 : une pluie de nouveautés

Le temps est à la pluie et au froid, raison de plus pour écouter de la musique ou vous octroyez un moment lecture bien au chaud chez vous, ou aller au théâtre et au cinéma.

Côté musique :

"Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon" de Get Well Soon,
"Hurricane" de Grace Jones,
"Xoxo Panda and the new kid revival" de Her Space Holliday,
"How we became" de Jeremy Warmsley,
"Ciné Magique" de Lily Frost,
"L'entredeux" de Marianne Dissard qui nous fait partager 4 titres en Froggy's Session,
"Bits" de Oxford Collapse,
Thomas Tantrum, Eugene McGuinness, Mr B the gentleman rhymer et Baddies à la Flèche d'or pour Rock is Dead #2
The Bellrays, Kabu Ki Buddah, Raymonde Howard et Second Sex au Fil de Saint Etienne
Et une nouvelle émission du Morceau Caché intitulée La biographie en temps réel

Au théâtre :

"Le songe d'une nuit d'été" aux Ateliers Berthier
"Othello" au Théâtre National de l'Odéon
"Les bouts de bois de Dieu" au Théâtre de la Tempête
"Gombrowiczshow" au Théâtre National de Chaillot
"Devant la parole" à la Maison de la Poésie
"Le repas" à la Maison de la Poésie
"Diagnostic" au Théâtre Daniel Sorano à Vincennes
"Les muses orphelines" à l'Aktéon Théâtre
"Mangiare" au Théâtre du Soleil
"Audimat" au Trianon
"Vu duo c'est différent" au Point Virgule
"Michel Hermon - Compagnons d'enfer" à la Péniche Opéra
et des reprises à ne pas rater : le Molière 2008 du meilleur spectacle seul en scène "Un monde fou" au Petit Théâtre de Paris avec Eric Métayer et une version savoureuse de "La flûte enchantée" au Théâtre des Mathurins

Expositions avec :

"Pollock et le chamanisme" à la Pinacothèque de Paris
"De Miro à Warhol - La collection Berardo à Paris" au Musée du Luxembourg

Lecture avec :

"Des néons sous la mer" de Frédéric Ciriez
"La mesure du temps" de Helon Habila
et dans la catégorie "Beaux livres" le catalogue de l'exposition "Picasso et les maîtres"

et du cinéma :

Edward au main d'argent de Tim Burton
un portait de Jason Statham
"Mesrine : L'ennemi public N°1" de Jean François Richet
"The duchess" de Saul Dibb
et "Vilaine" de Jean Patrick Bene et Allan Mauduit

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008