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Mains d'Oeuvres  (Saint Ouen)  30 mars 2003

C'est sous le nom de Bonnie "Prince" Billy, que Will Oldham a traversé Paris ce week end, pour donner 2 concerts le même jour successivement à Mains d'Oeuvres et à la Guingette Pirate (tous deux complets en un temps record).

A la différence de son concert précédent (l'évenement remonte déja à mars 2001 au Café de la danse), Will n'est plus entouré du groupe étoffé d'alors qui comprenait David Pajo himself, mais se présente seul et désarmé face à un public de fans - qui ne cesse de s'étoffer depuis les premiers albums de Palace il y a 10 ans - qui a choisi de se priver de la chaleur réconfortante du soleil d'un dimanche après midi en désertant le centre parisien au profit de l'obscurité polysémique de cette salle incontournable de la banlieue nord.

Au programme un Oldham possédé par ses chansons nous présente directement sur son visage une transposition en technicolor de son univers, ses crispations faciales continuelles et outrancières dépeignent en effet au plus près ce qui fait l'intérêt de ses prestations : la sincérité de l'émotion qu'il véhicule et qui vous touche de plein fouet (dans l'estomac plus que dans les jambes).

Au delà de son charisme surréel, son large crâne et son implantation capillaire chaotique livre ainsi un terrain de jeux sur lequel évoluent des garçons qui pleurent, des trahisons et des déceptions et surtout des gens qu'on aime et qui meurent (ceux qu'on tue et ceux qui nous quittent).

L'enchainement souple des chansons indique clairement l'homogénéité des différents incarnations du vieux briscard de Louisville que ce soit sous les noms de Will Oldham, Bonnie Prince "Billy" ou Palace(s). Will avoue en effet prêter plus d'intérêt aux oeuvres qu'à leurs auteurs, on ne se laissera donc pas leurrer par cette multiplication de pseudonymes qui contribue à masquer la production prolifique du garçon à barbe (si 'Master and everyone' est son troisième album sous le nom de BPB, il est le douzième en vérité!).

L'interprétation aura la particularité durant le concert de perdre beaucoup en rythme et en énergie pour se concentrer sur une introspection hypnotique. Sans atteindre au final la fulgurance de sa tournée précédente, son talent incernable et généreux nous livre un moment véritablement magique et rare.

En coda, Bonny ne pourra s'empêcher de nous rappeler que la plupart des américains (ceux qu'il fréquente en tous cas) s'opposent à la politique belliqueuse de l'administration Bush : si ce mea culpa est devenu un passage quasi obligé pour la plupart des groupes anglo-saxons en tournée actuellement, ce sera la seule véritable part de dialogue avec le public de cet homme solitaire et indispensable dont l'influence dépasse largement le pré carré d'une nouvelle scène country alternative.

On notera par ailleurs que l'on a pu patienter en première partie avec plaisir en compagnie d'une énième incarnation de Hermann Düne et des interventions expérimentales saxophonées de Quentin du label français Prohibited Records : des habitués des lieux qui se révéleront particulièrement inspirés dans une intercalation de leurs prestations qui restera toujours dynamique, vivante et jamais ennuyeuse malgré l'incongruité formelle de certains passages.

En sortant de la salle on n'était presque déçu de retrouver si brutalement le soleil et la vie qui continue, presque obscène dans sa trivialité: c'est peut être avant tout pour cela que les concerts ont lieu le soir?

 

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# 26 janvier 2020 : Les rois des galettes

En cette fin de période de galettes à tout va, on vous parle surtout de celles en vinyles avec de la bonne musique dessus mais pas que : théâtre, littérature, cinéma, expos sont aussi au programme. C'est parti.

Du côté de la musique :

"Pesson, Abrahamsen & Strasnoy : Piano concertos" de Alexandre Tharaud
"Paris Beyrouth" de Cyril Mokaiesh
"Water is wet" de Theo Hakola
"Musique de chambre" de Le Noiseur
"Les identités remarquables" de Tristen
Interview avec No One Is Innocent à Saint Lô
Theo Lawrence et Mr Bosseigne au Fil
"La légende de Nacilia" de Nacilia
"C'est quoi ton nom ?" de Blankass
"Il est où le bonheur" 9ème émission de Listen in Bed
"Swin, A Benny Godman story" de Pierre Génisson, BBC concert Orchestra et Keith Lockhart
et toujours :
"Late night music" de Abel Orion
"Jaimalé" de Andriamad
"Everything else has gone wrong" de Bombay Bicycle Club
"Fire" de Burkingyouth
"Délie (Object de plus haute vertu d'après l'oeuvre de Maurice Scève)" de Emmanuel Tugny
"Dolci Affeti" de Ensemble Consonance & François Bazola
"Music is our mistress" de Grand Impérial Orchestra
"Vinyle, suite no 2" de Listen in Bed, émission numéro 8 à écouter
"Who are the girls ?" de Nova Twins
"When Oki meets Doki" de Okidoki

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Deux euros vingt" au Théâtre Rive Gauche
"Vive la Vie" au Théâtre Gaité-Montparnasse
"Mon Isménie" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"La Paix dans le monde" à la Manufacture des Abbesses
"Un Tramway nommé Désir" au Théâtre La Scène Parisienne
"Trop de jaune" au Studio Hébertot
"Oh ! Maman" au Théâtre La Scène Parisienne
"Le fantôme d'Aziyadé" au Théâtre Le Lucernaire
"Le hasard merveilleux" au Théâtre de la Contrescarpe
"Attention les Apaches !" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Norma Djinn" au Théâtre Montmartre-Galabru
"Blond and Blond and Blond - Hømåj à la chønson française" au Café de la Danse
les reprises :
"Tanguy Pastureau" au Théâtre de la Renaissance
"Close"
"Elisabeth Buffet - Obsolescence programmée" au Théâtre du Marais
"Le comte de Monte-Cristo" au Théâtre Essaion
"L'Analphabète" à l'Artistic Théâtre
"La Diva divague" au Théâtre de Dix heures
et la chronique des autres spectacles à l'affiche

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour "Kiki Smith à la Monnaie de Paris

Cinéma avec :

"Botero" de Don Millar
"Mission Yéti" de Pierre Gréco et Nancy Florence
et la chronique des films sortis en janvier

Lecture avec :

"Le ciel à bout portant" de Jorge Franco
"Le prix de la démocratie" de Julia Cagé
"Les champs de la Shoah" de Marie Moutier Bitan
"Les rues bleues" de Julien Thèves
"Trois jours d'amour et de colère" de Edward Docx
et toujours :
"De Gaulle, portrait d'un soldat en politique" de Jean Paul Cointet
"Et toujours les forêts" de Sandrine Collette
"Lake Success" de Gary Shteyngart
"Nul si découvert" de Valérian Guillaume
"Sauf que c'étaient des enfants" de Gabrielle Tuloup
"Sugar run" de Mesha Maren
"Victime 55" de James Delargy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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