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Ash wednesday  (XL Recordings / PIAS)  juin 2007

Contrairement aux évocations de son patronyme, Elvis Perkins ne possède aucune filiation avec Carl "Blue Suede Shoes" Perkins. Pourtant, les parents d’Elvis furent d’illustres artistes : l’acteur Anthony "Psychose" Perkins et la photographe Berry Berenson. Furent … car tous deux ont perdu la vie. Dans des circonstances dramatiques qui plus est : son père en 1994 du SIDA, sa mère dans les attentats du 11 septembre 2001.

On imagine le traumatisme subit par ce jeune homme de 32 ans … Entamée au début des années 2000, la composition de Ash Wednesday revêt au fur et à mesure un caractère particulier pour son auteur, véritablement partie intégrante du processus de deuil. Car les thèmes développés ne s’éloignent jamais vraiment de ces tragédies personnelles.

Au lieu d’opter pour un disque noir, sombre, pesant voire vindicatif, Elvis choisit une écriture gaie, aérée, poétique, métaphorique. Plutôt "After The Gold Rush" que de "Tonight’s The Night" donc. Elément notable, Elvis a choisi de présenter ses chansons dans leur ordre d’élaboration, comme pour mieux faire ressortir l’évolution s’opérant chez lui. Et de constater que Ash Wednesday se décompose en deux mouvements distincts séparés par le titre éponyme en guise de rupture.

A ce stade, seule une écoute chronologique s’impose. Premiers contacts et premières génuflexions sur "While You Were Sleeping", sidérant de beauté. Six minutes voyant le morceau s’étoffer, la voix grimper, puis retomber, les instruments s’ajouter jusqu’à une époustouflante montée finale. A tirer les larmes des yeux. Thom Yorke, le Nick Drake de Bryter Layter ou Adam Green, autant d’influences classieuses sur l’écriture à peine dissimulées.

Après un blocage prolongé sur ce titre lumineux, on consent finalement à poursuivre l’exploration du disque. Pour y découvrir une multitude de joyaux au rang desquels peuvent être rangés "All The Night Without Love" ou encore "Moon Woman II". Arrangements de cuivres et de cordes luxuriants, mariage subtil de guitares sèche et électrique, Elvis Perkins propose sur la forme une country-pop que n’auraient pas reniés Fairport Convention ou encore plus récemment les Decemberists ("May Day !").

En plage sept, arrive le tournant du disque, à savoir la déchirante "Ash Wednesday", évocation à peine voilée des attentats du World Trade Center. Sur cette chanson, Elvis délaisse les rivages folk-pop du début pour se muer en chanteur soul littéralement habité. Sam Cooke, Otis Redding ou Marvin Gaye, là encore les influences restent évidentes mais le talent de notre homme fait le reste.

D’inspiration folk, quasi-religieuse, les quatre derniers morceaux sonnent comme une prise de recul et un travail sur soi face à ces évènements. Cette fois, les références sont plutôt à chercher du côté du Nick Drake de "Five Leaves Left" mais aussi de Papa M ou de Matt Ward.

Voilà pour ce tour d’horizon du premier effort d’Elvis Perkins, véritable révélation folk-pop de ce début 2007. Une générosité, un talent de composition et d’interprétation sans bornes, une déconcertante facilité à passer d’un registre à l’autre … qui ne sont pas sans rappeler un certain Jeff Buckley.

Impossible de se tromper, une nouvelle étoile est née.

 

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En savoir plus :

Le site officiel d'Elvis Perkins


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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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