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Balthazar  (Marseille)  2 juin 2007

Après les avoirs découverts sur scène à l’occasion du tremplin Class’Eurock, organisé par l’association Aix’qui ; après avoir eu le plaisir d’écouter (et de chroniquer) leur premier EP, un autoproduit de bon augure (Where we fall, Shake my brain, mai 2007), j’avais hâte de pouvoir écrire tout le bien que je pensais de Kami sur scène.

Quelle meilleure occasion pour cela que leur prestation en première partie d’Eiffel le 4 mai dernier ? Leur "meilleur concert" à en croire le groupe, ravi d’avoir pu se produire devant un public nombreux de plus d’un millier de personnes. Malheureusement, ce concert-là, je l’ai raté… Séance de rattrapage samedi 2 juin, au plus modeste Balthazar, café-concert marseillais à la déco chic et un peu kitsch, comme il convient merveilleusement à ce genre d’endroit.

Il y a forcément quelque chose d’émouvant à assister aux débuts d’un groupe. D’autant plus émouvant, d’ailleurs, que l’on ne sait jamais si le groupe, justement, n’en restera pas aux débuts, mort-né étouffé dans ses propres balbutiements. Parfois, sans trop que l’on sache pourquoi, on se prend à y croire un peu plus, à se dire que ceux-là, peut-être, réussiront à faire (sur)vivre leur musique, à la porter sur scène pendant plusieurs années, à la faire grandir, mûrir.

C’est à ce genre débuts que j’ai la sensation d’assister ce samedi soir, lorsque je vois Kami sur la petite scène du Balthazar. Loin du public d’Eiffel, nombreux mais venu pour d’autres, Kami se bat, toutes cordes dehors, pour défendre son rock.

Kami est nu, bien nu, sur cette scène à peine surélevée, sous les éclairages fixes et maigres de deux projecteurs vieillissant et pas si bien orientés qu’on le souhaiterait ; sans la protection d’effets de fumée ou d’un son dont le volume suffirait à contenter les plus décibels-addict des spectateurs.

Et si Kami est nu, Kami se tient bien droit.

Le temps d’un set d’une demi-heure, le quatuor va se livrer au public, délivrant une prestation tendue et sincère. Tendue comme les mélodies du groupe, qui rappellent les compositions de Chokebore, Bloc Party ou Piano Magic, vacillant de la légèreté à l’explosion ; tendue comme les riffs et solos de guitare qu’enchaînent, courbés sur leurs instruments, rageurs, explosifs, vacillants, Hervé et Martin, les deux guitaristes.

Sur scène, on retrouve les titres du premier EP de la formation, dont le jubilatoire "Everything is changing", pièce exemplaire et inspirée de ce mélange de lyrisme pop-mélodique et de rage rock-amère au goût de trop-plein.

Pop-rock indépendant, mélodique et anglophone, la musique de Kami porte en elle ses influences - manière de s’inscrire dans une tradition, de revendiquer un héritage ; mais elle ne se satisfait jamais d’en rester à la récitation des schémas bien connu.

Kami achève son concert sur une version puissante et folle de "The heart is a lonely hunter", l’une des pièces maîtresses de son répertoire. Pris par les répétitions et le crescendo, je pense à Spacemen 3 ; lorsque la mélodie s’engouffre dans une série d’explosions, pour s’effondrer sur elle-même, sombrer dans la saturation, je me dis que le Mogwai de Ten rapid n’a pas perdu son temps s’il lui reste une si jolie descendance.

Lorsque le silence se fait, ivre de saturation, je me dis que Kami doit continuer encore au moins assez longtemps pour mettre ce titre sur un disque.

Changement de scène, changement d’ambiance. Le rock a bien des visages. Hey Hey My My porte le sien bien en vue, et il lui va comme un gant, si l’on peut dire.

Duo à la ville, quatuor à la scène, Hey Hey My My est né à la fin des années 90 de la rencontre, à Bordeaux, de deux Juliens, respectivement Gautier et Garnier.

Chacun son manche de guitare à la main, les deux compères, de scènes confidentielles en scènes confidentielles, en sont venus à se choisir un patronyme en forme d’hommage permanent - à Neil Young, auquel ils ont emprunté les mots, mais aussi à toute la grande famille de ce rock qui ne doit jamais mourir, dont ils ont emprunté l’esprit.

Musicalement, Hey Hey My My a son petit côté Zutons : dans une vieille marmite qui sent encore les Beatles, le Dylan et tous les produis dérivés du folk, de la pop et du rock, rajouter une petite dose de folie, un goût pour le contre-pied, le pied de nez et la moutarde qui monte, qui monte, qui monte - à servir chaud, très chaud. Explosif et sensuel comme un beau riff. A boire à pleine gorge, déployée comme un rire, insouciant.


Appuyés par une basse et une batterie de bon aloi, les deux Juliens accordent leurs guitares, une acoustique et une électrique, mêlent leurs voix et s’acoquinent de chœurs pour proposer sur scène des versions vivantes des titres de leur premier album (éponyme, Sober & Gentle, 2007), comme les tubesques "In your room" et "I need some time" ; le touchant "In the lake" ; "Poison", véritable leçon de Beatles ; ou "Your eyes when we kiss", cynique / réaliste.

Fraîches, enthousiasmantes, entraînantes, les compositions du duo vous restent en tête avec une facilité étonnante. Avec un charisme tout en discrétion et en simplicité, le groupe les porte avec efficacité, pour un set rafraîchissant et enjôleur, un peu fou et un peu sage pour des enfants du rock qui ont le raffinement infini de savoir être talentueux sans se faire révolutionnaires.

Il n’y aura pas eu besoin, ce soir, de tuer le père au Balthazar. Le rock serait-il sorti de sa crise d’adolescence, décomplexé, assumé ?

 

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Hey Hey My My en concert au Triptyque (21 novembre 2006)
Hey Hey My My en concert à Hey Hey My My - Moriarty - Deportivo - Beat Assailant (21 juin 2008)
Hey Hey My My en concert au Festival Ground Zero

En savoir plus :

Le site officiel de Hey Hey My My
Le site officiel de Kami

Crédits photos : Cédric chort (Plus de photos sur Taste of Indie)


Cédric Chort         
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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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