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Interview  (Paris)  mai 2007

Ce troisième album d’UNKLE qui sort, c’est en premier lieu le retour de James Lavelle en tant que musicien, sans la casquette de patron de label culte (Mo’ Wax), et puis c’est surtout le meilleur album d’UNKLE. Tout simplement.

Loin des discussions pour mémères à chienchien, James livre ici son cœur et les raisons de cet incroyable suite de chansons hypra-cohérentes qui marque la suite logique de 10 ans de trip-hop. War Stories ? Un album guerrier antirock défricheur des années à venir.

Je peux fumer ?

James Lavelle : Oui bien sûr. Prends ce que tu veux. Crack, héroïne, herbe ! (Rires)

Je suis assez classique (Rires) ! Bon sérieusement, c’est la dernière interview de la journée non ? Ils vous ont demandé quoi les autres avant moi ? Je veux dire, je suppose que ca a beaucoup tourné autour des guests de l’albums non…

James Lavelle : Oui, c’est un sujet prédominant oui ! (Rires) Le live aussi, pourquoi l’album était plus rock que le précédent, blah blah… Mais de manière générale les questions des journalistes français sont les plus intelectuelles, je vous décerne le prix des questions les plus intéressantes ! J’ai passé ma journée à répondre à des questions profondes et sincères, c’est très plaisant.

En Angleterre, les gens sont obsédés par la nouveauté, la jeunesse, alors qu’aux USA c’est juste un grand vide stérile… On me parle de DJ Shadow toute la journée. De l’autre coté la barrière de la langue fait que je ne sais jamais comment les choses sont traduites, comment mes propos sont rapportés.. Mais j’aime la France, et une journée comme aujourd’hui je me demande pourquoi je ne passe pas plus de temps ici…

Et puis on a encore quelques groupes potables, Justice, les Daft, Phoenix…

James Lavelle : Yeah. Oui totalement. Les gens semblent plus ouverts, prêts à la discussion. Tu vois, aujourd’hui j’ai donné une interview à un magazine heavy rock, un autre pop, etc.. C’est assez diversifié. Après de mauvaises questions donnent de mauvaises réponses. Je préfère parler des relations humaines, d’amour, de la vraie vie quoi..

Mais alors cet album, "War Stories", ca vous emmerde de le défendre en promo ? Je veux dire, pensez-vous qu’il puisse vivre tout seul sans qu’on prenne le temps d’en parler ?

James Lavelle : J’aimerai le penser mais c’est un objet personnel auquel je tiens… Il peut y avoir tellement d’interprétations, de significations, je pense que c’est à chacun de faire sa propre définition. Pour être honnête avec toi, je ne sais même pas moi-même ce que j’ai voulu dire avec tel break, telle chanson. Je suis heureux d’en parler quoi qu’il en soit. En parler avec des journalistes encore et encore, c’est bien beau, mais je suis musicien ! Je fais ce que je sais faire. La musique est ce que je ressens le plus. C’est juste de la musique merde ! (Rires).

Les gens n’ont pas forcément besoin de tout savoir non plus…

James Lavelle : Oh tu sais que si ! Les gens veulent savoir, les journalistes veulent savoir pourquoi j’ai fait un album de rock..

Vous pensez vraiment que "War Stories" est un album de rock ?! Je ne suis pas vraiment d’accord là, ca part dans 20 directions en même temps…

James Lavelle : Mais le pire c’est que je suis d’accord avec toi ! Les gens pensent ca, j’y peux rien. On pense rock car il y a plus de guitares, voila tout. Ce n’est pas un album des Strokes, ni un White Stripes. C’est un production record, avec des violons, des guitares, des ambiances, des arrangements de cordes.

Oui mais alors justement… Tout le monde parle des guests, des invités, Ian Astbury, 3D, Josh Homme.. Personnellement ce sont les pistes avec vous au chant qui m’ont le plus bouleversé. Ce sont des hits en puissance ces deux chansons, Morning Rage et Hold my hand…. Limite je ne vois pas l’intérêt des guests face à des titres comme ceux là.

James Lavelle : Well merci. Si les gens pouvaient réagir pareil que toi en Angleterre… Tu sais mes amis les plus proches n’aiment pas vraiment mes projets avec UNKLE, ils se focalisent sur des trucs très binaires, style The Fall, Carl Craig, My bloody valentine. Mais le truc c’est que les pistes qu’ils ont aimé sur l’album sont Holy my hand et Morning Rage. C’est marrant car lorsque vous chantez sur votre propre album vous n’avez pas de recul, mais les gens me disent souvent que Hold My hand est un single. J’ai tendance à le croire du coup ! Il y a un groove, c’est évident. Mais je suis nerveux sur ces deux titres.

Pourquoi ?!

James Lavelle : Tu sais, c’est encore le truc des journalistes anglais… Ils vont me dire "Oh revoilà le mec, le producteur, patron de label, maintenant il chante… ", alors que je pense que sortir des albums est l’unique façon d’expérimenter. Andy Weatherall commence juste à chanter maintenant à 42 ans, quelqu’un lui fait des réflexions ? C’est un mec unique, et ca m’emmerde qu’on tombe dans les clichés.

Peut-être devriez-vous déménager non ? En France vous êtes assez culte, avec toute la vague french touch, vous avez inspiré pas mal de monde au moment du lancement de Mo’ Wax…

James Lavelle : S’il faut être honnête, sans être prétentieux, je pense qu’on a fait du bien à la musique anglaise. La culture Dj, toutes nos sorties, ont contribué à rendre un peu de positif au pays. Il faudrait revenir à une époque où la musique était seulement considéré comme de la musique, sortir de la hype. Consternant de voir qu’un mec comme Johnny Cash est culte depuis ses deux derniers albums alors que le mec tournait depuis les 50’. En France au moins vous avez Gainsbourg en étendard…

Oui, encore que Serge soit surtout connu ici pour sa période décadente. Selon vous, autant de guests sur le troisième album d’UNKLE, c’est quoi l’objectif ? Vous dites adorer un album comme les Desert Sessions de Josh Homme, un projet de collaborations artistiques. C’est cela votre référence ?

James Lavelle : J’aime collaborer avec d’autres artistes, c’est un fait. Les artistes comme 3D ou Josh Homme font la même chose avec Massive Attack ou Queen of the stone Age… Il n’y a que peu d’artistes qui me passionnent d’un bout à l’autre, comme ca, juste tout seul. Prends Definitely maybe d’Oasis, dieu sait que j’adore Liam, super chansons, mais production affreuse ! Les contributions sont toujours positives. Le seul groupe que j’adore intégralement est Radiohead. Thom chante toujours d’une manière différente, se réinvente à chaque fois, je suis bluffé.

Justement, vous anticipez ma question… Les guitares de War Stories font inconsciemment penser à Radiohead, c’est atmosphérique, plein d’espoirs sombres…

James Lavelle : Parfaitement, tu touches juste là. Tu sais les albums que nous avons écouté, tout au long du processus de création, en fait je parle pour moi là, sont le premier Arcade Fire, Kid A, Amnesiac.. Tous ces albums sont différents mais sont des pierres angulaires.

Pas très positif tout ça…

James Lavelle : (Sourire gêné) Je pense que tu as raison. Mais je ne cherche pas à être négatif, c’est mélancolique. Ma vie n’est pas simple, et je n’ai pas cherché à la rendre facile, Cet album marque la fin de plusieurs relations, et de plusieurs tentatives de contrôle de ce que je suis. Cet album, c’est mon choix de A à Z. Je l’assume totalement. J’ai rompu avec mon amie avec laquelle j’étais depuis 10 ans, ce qui donne sûrement une expression nouvelle à UNKLE. Le prochain sera peut-être sûrement plus joyeux ! (Rires)

C’est donc l’une des raisons pour lesquelles l’album est le meilleur des trois UNKLE non ?

James Lavelle : Peut-être ! Mon avis c’est que tenter des choses ne peut-être que constructif. C’est un puzzle que j’ai tenté d’assembler, un vrai film, une pièce de théâtre. Je n’avais jamais chanté avant, pour autant je n’aimerais pas faire un album avec seulement ma voix. Ce sera peut-être plus simple en concert, car je ne peux pas convoquer Ian Brown, Thom Yorke, Josh Homme à chaque fois. Il y a des chansons comme "Keys to the kingdom" où la voix de Gavi est simplement indépassable. J’adore ce mec, il m’impressionne. Après, je ne sais pas. Aujourd’hui nous sommes un groupe, ce qui n’était jamais arrivé avant. En fait je pense que je suis heureux, là tout de suite ! (Rires)

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album War Stories de UNKLE
La chronique de l'album Where did the night fall de Unkle

En savoir plus :

Le site officiel de UNKLE


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# 9 août 2020 : Vacances, j'oublie tout

Il fait beau et chaud, on reste à l'ombre, on traine à la plage, mais si vous avez encore un petit moment pour jeter un oeil à Froggy's Delight, nous sommes toujours là. Voici le programme light et rafraichissant de la semaine.
petit bonus, le replay de la MAG (Mare Aux Grenouilles) numéro #1

Du côté de la musique :

"Pain olympics" de Crack Cloud
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"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

Le compte-rendu de la 35ème édition du Festival Humour et Eau salée
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"Peau de vache"
"Potiche"
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"Le don d'Adèle"
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Expositions :

en real life :
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"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
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Cinéma :

en salle :
"Voir le jour" de Marion Laine
"Le Défi du champion" de Leonardo D'Agostini
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"2021" de Cyril Delachaux
"Les Robinsonnes" de Laurent Dussaux
"L'Ile aux femmes" de Eric Duret
"Quand j'avais 5 ans, je m'ai tué" de Jean-Claude Sussfeld
"The Storm" de Ben Sombogaart
...et des courts-métrages
"Odol Gorri" de Charlène Favier
"Poseur" de Margot Abascal

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