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Jil Caplan
Derrière la porte  (Odeon / EMI)  juin 2007

C'est sur une base tranquille mais régulière que Jil Caplan distille au fil du temps ses albums. En gros, un tous les trois ans.

Pourtant, si le début de sa carrière fut foudroyant lors de la sortie de ses deux premiers albums (A peine 21 et La charmeuse de serpents) avec notamment une victoire de la musique en 1992, le reste de sa carrière fut plus en retrait, sans pour autant être dénué d'un certain succès qui fut moins populaire que ce que l'on aurait pu craindre de ses débuts.

Et finalement tant mieux ! Car Jil Caplan n'est pas cette petite gamine qui fait de la variété comme on a voulu le faire croire. Non, Jil Caplan n'a pas été, en 1987, la première "Lorie" et elle l'a prouvé, si besoin était, au fil de ses remarquables collaborations, de Jay Alansky à Jipé Nataf et encore et plus que jamais aujourd'hui avec ce nouvel album intitulé Derrière la porte.

Plus que jamais pour au moins deux bonnes raisons. D'abord parce que Jil Caplan s'affirme en tant que parolière, sur de très beaux textes en français bien loin des clichés et des écueils propres à la mise en musique de notre belle langue et aussi, il faut bien le dire parce que ce disque signe la "reformation" du duo d'il y a 20 ans déjà, à savoir donc Jil Caplan et Jay Alansky.

Celui-là même qui avait découvert Jil Caplan et signé son premier album A peine 21. Jay Alansky qui, lassé peut-être de la pop musique, avait évolué vers des horizons plus électro avec un non moins célèbre groupe nommé A reminiscent drive.

Les présentations étant (re)faites, poussons donc cette porte pour découvrir derrière un album électro pop mêlant brillamment la voix toujours sensuelle de Jil Caplan et ses textes délicats à la musique non moins délicatement pop de Alansky (il s'y connaît en mélodies qui font mouche), assorti d'une certaine noirceur apportée en partie par l'électro et les rythmes parfois hypnotiques mais aussi par des guitares pas très propres sur elles qui apportent un côté rock anglais.

Sans être autobiographiques et sans vouloir créer une révolution, les textes se veulent, d'après le propre aveu de l'auteur (voir interview), une sorte d'état des lieux de notre monde, de la société actuelle, de la vie de tous les jours de tout un chacun avec son lot de tristesse et d'espoir, d'indifférence, de manque, d'amour, de nostalgie et de souvenirs.

Pas autobiographique, exception fait peut être du titre d'ouverture, "Des toutes petites choses" sur lequel les guitares s'invitent et finissent par envahir le morceau qui commence comme son nom ne l'indique pas comme un petit ruisseau qui devient torrent.

Plus loin, "Un âne sur la route" flirte avec une rythmique orientale et dégage une ambiance assez noire. Puis sur "Sous le sable", c'est un groove entêtant qui prend le dessus sans pour autant asphyxié le texte, magie de la production.

On pourrait parler de chaque titre et en analyser les détails mais ce serait dommage de vous priver de ce plaisir. Reste tout de même le remarquable "Finalement" avec son côté très Jean Louis Murat revisité par les Tindersticks. Tout en délicatesse enrobé comme il faut de quelques cordes et qui est un des très beaux moments du disque.

Définitivement éloignée des sirènes de la variété facile, Jil Caplan réussit là un grand album de pop à la française qu'il serait dommage de prendre à la légère !

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

Jil Caplan en concert à L'Européen (12 octobre 2007)
L'interview de Jil Caplan (11 mai 2007)

En savoir plus :

Le site officiel de Jil Caplan
Jil Kaplan sur MySpace
Le blog de Jil Caplan

Crédits photos : Thomy Keat (Plus de photos sur Taste of Indie)


David         
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# 28 juin 2009 : Drôles de drames

Notre enfance à été bercée par ses passages télé, mais cette semaine elle s'est éteinte dans l'indifférence générale, sans pouvoir lutter, même dans la mort avec le plus grand chanteur de variété de tous les temps. Farah Fawcett est morte, il nous restera quelques mémorables épisodes de "Drôles de dames" en souvenir, à regarder entre deux hommages à Bambi, le chanteur blanc qui voulait faire de la musique noire ... ou l'inverse, je ne sais plus bien...

Mais trève d'hommage, voici le programme de cette première semaine estivale

Côté musique :

"Love gone bad" de Bad Mama Dog,
"I'm OK" de Gablé,
"God help the girl" de God Help the Girl,
"Lord Cut-Glass" de Lord Cut-Glass,
"The Atlantic Ocean" de Richard Swift,
"Oh my god, Charlie Darwin" de The Low Anthem,
"Evenfall" de Sébastien Schuller qui nous en parle en interview,
un petit Ni vus Ni connus avec les compilations War Child Heroes et Dark was the night
Berline 0.33 et Enablers à la Malterie de Lille,

Côté théâtre :

"Erase-e(X) au Théâtre des Abbesses
"Kvetch" au Théâtre Le Lucernaire
"La cruche cassée" au Théâtre 13
"Répertoire" au CNSAD
"Chaos debout " au Théâtre 13
"Le malade imaginaire" au Théâtre Le Lucernaire
"Tendre et cruel, Hercule" au CNSAD
et en reprise tout l'été "Gustave Parking - De mieux en mieux pareil" au Théâtre Trévise

Expositions avec :

"Le jardin de Monet : l'invention d'un paysage" au Musée des Impressionnismes à Giverny
le Festival International des Jardins à Chaumont-sur-Loire
L'art carcéral à la Biennale d'Art contemporain de Venise avec la France et la Suisse

Lecture avec :

"Le chant du bourreau" de Norman Mailer
le catalogue du Festival international des jardins 2009
"Vive La Peinture" par VLP
"Je suis noir et je n'aime pas le manioc" de Gaston Kelman,
"Farouche à quatre feuilles" de André Breton, Lise Deharme, Julien Gracq et Jean Tardieu,
"Laura" de Laurent Herrou,
Une interview de Erik Rémès

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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