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Entretien de juin 2007  (Paris)  2 juin 2007

Le 28 mai 2007, avec la 3ème Master Class de la trilogie "Arc-en-ciel", s'achevait la saison 2006-2007 des Cours public d'interprétation dramatique de Jean-Laurent Cochet. Mais point de tristesse car la saison 2007-2008 débutera dès le 1er octobre et le public pourra le retrouver sur scène dès fin août.

Et en attendant, voici le 5ème volet des entretiens dans lequel il évoque notamment son entrée à la Comédie Française et ses projets théâtraux, en tant que metteur en scène et comédien, toujours guidé par le souci de ne rester fidèle à son âme.

Les Molières

Le 2ème cours de la trilogie Arc-en-ciel s'est déroulé le soir de la Cérémonie des Molières. Je ne peux m'empêcher de vous demander ce que vous en pensez… et ce, malgré la moue que vous faites, qui laisse augurer de la réponse….

Jean-Laurent Cochet : Que pourrais-je en dire qui soit personnel et simple sans en venir à ce que j'appelle maintenant une mascarade ? Je me souviens qu'il y a une vingtaine d'années, je pense, car le temps passe si vite, on était venu nous parler de ce projet. J'étais, ce jour-là, avec Nicole Courcel, qui était plutôt favorable à cette idée, et Pierre Dux qui y était farouchement opposé. Il avait d'ailleurs évoqué toutes les difficultés et les incohérences de ce projet comme, par exemple, la notion de second rôle en citant le rôle d’Oronte dans "Le misanthrope". Et ce qui est drôle est que Robert Hirsch a eu le prix du second rôle, ce qui est ahurissant. J'aurais, pour ma part, refusé. Quand on est Hirsch, on n'accepte pas un tel prix, surtout qu'Oronte est un premier rôle.

Et puis les Molières avec un "s", ils ont beau dire que c'est Alain Decaux qui l'a entériné, c'est une colossale faute de français qui est indéfendable. Pierre Gaxotte était ivre de rage quand il en a eu connaissance. Je n'ai pas grand-chose d'autre à dire de ce qui est de plus en plus étroit et idéologique avec quelques exceptions censées prouver l'absence de sectarisme. Mais cela tourne toujours un peu en rond et n'est guère utile. Donner des Molières à des pièces qui ne se jouent plus, à des pièces qui marchent très fort pour qui cela ne rajoutera pas un strapontin, comme un Molière ne remplira jamais une salle d'une pièce qui ne marche pas. Je suis heureux de n'avoir jamais été sollicité, sauf une fois, mais pour la mort d'André Roussin où j'ai dit une fable qu'il avait écrite.

Par ailleurs, je l'ai frôlé une année où nous avions été "nominés" - quel mot ahurissant - l'année de "Doit-on le dire ?". Ma seule crainte était d'avoir à monter sur le plateau pour un dire un speech sur les recommandations du présentateur, avec toutes ces nonagénaires ravies de recevoir un Molière d'honneur, devant ces gens mal fagotés. C'est aussi l'occasion pour les intermittents de venir agresser le ministre. J'allais dire que je n'ai rien à en dire et je m'aperçois que j'en ai déjà dit trop ou pas assez. Ce n'est pas le théâtre !

Mais ne pensez-vous pas que cela puisse avoir une incidence sur le public ?

Jean-Laurent Cochet : Le public néophyte s'en fout et quelle que soit l'heure de diffusion télévisée. Grâce au ciel, enfin, les gens ont enfin retrouvé un libre arbitre absolu "dans ce capharnaüm" que constituent les 201 salles de Paris avec des spectacles à toutes les heures de la soirée. Il y a ceux qui ne sortent pas du tout et ils iront dans la salle où les copains les emmèneront, avant d'aller dans une boite d'échangisme respectable… il y a de moins en moins un public de théâtre. Il y a des publics : ceux d'un certain parti politique, qui vont dans les salles où leurs camarades officient ; il y a certaines salles subventionnées où on retrouve également des gens d'une certaine idéologie qui ont pris d'assaut le lieu etc…Tout cela est si peu artistique, si peu théâtral, et surtout, si peu professionnel ! Non ! Tout cela, ce sont des hochets !

Jacqueline de Romilly

Vos remarques sur les errements linguistiques contemporains suggèrent de parler de votre admiration pour Jacqueline de Romilly que vous citez souvent.

Jean-Laurent Cochet : Je l'ai connue par l'intermédiaire de Maurice Druon et je la connaissais déjà un peu en tant qu'auditeur assidu de toutes ses conférences. C'est l'intelligence même. Elle venait assez régulièrement voir les spectacles que je montais, de manière non sectaire, venant aussi bien voir des classiques que du Guitry, qui est classique d'ailleurs. C'est une femme admirable d'érudition et de simplicité, de courage et de noblesse, qu'elle manifeste maintenant face à sa cécité, et très humaine et très familière en dépit de toute cette science qu'elle représente. Elle aborde tous les grands sujets par le biais de la simplicité et n'importe quel public peut comprendre ses conférences sur Thucydide ou sur les tragiques grecs.

Juste avant sa mort, André Roussin m'avait donné sa dernière pièce "La petite chatte est morte" que j'ai montée. Jean-Marie Roussin, son fils, qui avait été mon élève et qui est mort bien jeune, avait amené Madame de Romilly à une représentation de cette pièce à Saint Cloud. Elle avait adoré la pièce qui était d'une originalité incroyable et nous avions bavardé ensemble. Nous nous sommes ensuite revus à plusieurs reprises. Et ma grande surprise, mon grand honneur, cela représente quelque chose pour moi - et il n'y a pas besoin de statuette - est l'invitation à l'Institut pour son discours de réception à l'Académie française quand elle a succédé justement à André Roussin. Dans son discours, elle a évoqué la pièce "La petite chatte est morte" et m'a également cité en me faisant un petit hommage. J'ai été très très ému et très flatté.

Ce qui est extraordinaire c'est qu'elle a écrit des livres d'accès un peu plus difficiles mais elle a aussi écrit, en profitant de ce qui est un moment de détente maintenant par rapport au travail acharné qu'elle a mené toute sa vie, des nouvelles qui pourraient être des contes philosophiques, ou des contes à la Maupassant, sans l'aigreur de ce dernier, en partant d'un objet du quotidien dont elle tire des leçons de vie, un peu comme Gabrielle Rollin. Récemment, elle vient de faire paraître "Le jardin des mots" qui est le recueil de toutes les chroniques qu'elle avait écrit pour un quotidien spécialisé de médecine avec un lectorat très huppé et de haute qualité. Elle y prenait un exemple de faute de français et, en partant de l'étymologie du mot, elle analysait comment ce mot avait évolué dans la langue française.

Elle est retournée, je crois, dans sa maison qui est près de la montagne Sainte Victoire, cette montagne près d'Aix qui était le sujet favori de Cézanne et de quelques autres, qui a été épouvantablement ravagée par le feu par vandalisme. En ce moment, je recense les mots insensés qui sont apparus depuis quelques années, et je demande à des amis de prendre des notes sur ce sujet, afin de retrouver le mot auquel il s'est substitué, et qui était souvent beaucoup plus simple et plus juste. Pourquoi aller chercher le mot "incontournable", à moins qu'on ne parle d'un con autour duquel on tourne ? C'est inévitable et puis c'est tout. Cela fait avancer la langue, vous disent ceux qui ne peuvent pas garder la leur…

Madame de Romilly a toujours été à la pointe des combats quand on a voulu tuer l'étude des langues anciennes. Je me souviens d'une des dernières fois que je l'ai vue, c'était au théâtre Daunou pour une pièce de Guitry et nous avions parlé de Tristan Derème et puis de plein d'autres choses car nous sautions du coq à l'âne. Madame Dussane avait cet esprit dans notre profession, cette intelligence et ce discernement dans le choix du mot exact.

La Comédie Française

Vous avez évoqué au cours de notre précédent entretien le Conservatoire qui précédait votre entrée à la Comédie Française. A présent, abordons cette période de votre carrière dans le saint des saints avec une question en trois volets : les espoirs, les déceptions et le départ.

Jean-Laurent Cochet : La Comédie Française était dans mes gènes sans que je le sache puisqu’à 4 ans, j'écoutais les souvenirs d'abonnée de la Comédie Française de notre voisine, qui ont réveillé en moi des choses qui y dormaient depuis peut-être des siècles. Et dès que j'ai pensé théâtre, j'ai pensé Comédie Française, endroit dont l'existence m'a été révélée par cette dame, cet endroit rouge et or, où une troupe de comédiens, qu'on appelait les sociétaires et les pensionnaires, entraient après le concours du Conservatoire pour y jouer tout Molière et tout le répertoire. On disait le théâtre français, après avoir été le Français, parce que les comédiens qui y jouaient étaient surnommés les comédiens français. C'était le nec plus ultra, tant pour les gens cités que par les pièces jouées et cela me grisait.

C'était mon seul rêve et quand j'ai commencé à 10 ans et demi à prendre des cours, j'ai travaillé les classiques parce que c'était une époque saine, une époque intelligente et réfléchie où on ne travaillait que les classiques. Comme dans un cours pour apprendre le piano, on ne vous faisait pas apprendre Boulez avant Bach. Nous travaillions tous les classiques et nous pouvions aller régulièrement aux représentations du Français dans les petites places des étages, dans l'amphithéâtre qui était le 5 ou 6ème balcon de la Comédie Française. C'était très haut et, quand j'y emmenais ma mère, elle souffrait d'un vertige épouvantable. Ou alors nous allions au parterre, c'est-à-dire les deux derniers rangs de l'orchestre, qui n'était ouvert à la location qu'au tout dernier moment, ce qui faisait que nous étions parfois dès 16 heures à faire la queue.

Nous y retrouvions des passionnés qui devisaient de manière charmante et irrésistible sur les spectacles qu'ils avaient vus et leurs préférences. J'allais à la Comédie française au moins 3-4 fois par semaine. Tout le répertoire était à l'affiche et, à partir de 1946, l'Odéon est devenu la salle Luxembourg, ce qui faisait deux comédies françaises avec matinées et soirées. Tout le répertoire classique et contemporain y était joué avec les distributions les plus exaltantes. Selon notre emploi du temps, il nous arrivait d'aller écouter seulement le 1er acte de Bérénice parce qu'on savait que Monsieur Jean Yonnel interprétait Antiochus dans "Bérénice" de Racine, avec le vers fameux : "Dans l'Orient désert quel devint mon ennui !".

Nous allions voir toutes les reprises de rôle et il y avait des journaux, comme "L'ami de la comédie", dans lequel écrivait Emile Masse, qui annonçaient tous les spectacles en détail. Pour moi, il n'y avait que le Français et jamais je n'aurais pensé qu'on aurait pu faire ce métier autrement. La télévision n'existait pas et le cinéma était un autre pays. Je savais que l'on pouvait se présenter au Conservatoire dès l'âge de 16 ans pour les garçons, qui était un passage obligé pour espérer jouer à la Comédie Française. Je ne pensais donc qu'à cela.

Donc dès l'âge de 16 ans et demie, je me suis inscrit au Conservatoire comme je vous l'ai déjà raconté. C'était trop tôt et je n'étais pas préparé. Mais j'étais déterminé à persévérer tant que je pourrais passer le concours. Comédie Française je pensais, Comédie Française je rêvais. Donc 1er concours chez Samson, 2ème et 3ème chez Escande et Dussane, 4ème chez René Simon et j'avançais dans les tours sans parvenir au dernier. Pendant ce temps, j'avais commencé à jouer de petits rôles, et ce, aussi bien dans des salles parisiennes qu'en tournée. Je n'ai pas pu me présenter une année parce que je jouais au Théâtre Grammont où j'avais eu une belle petite critique de Robert Kempf qui, à l'époque, n'était pas n'importe qui et dont on pouvait être content.

J'ai connu les grands comédiens comme Jacques Charon, Maurice Escande et je hantais les couloirs de la Comédie Française pour les saluer, ce qui était d'ailleurs maladroit car cela aurait pu me desservir. Enfin, je me suis présenté pour la dernière fois en choisissant moi-même les deux scènes, "Les fausses confidences" et Mosca dans "Volpone", en me disant que si c'est réussi, c'est grâce à moi et si c'est raté c'est à cause de moi. J'ai réussi le concours d'entrée au Conservatoire et c'était une grande gloire parce que c'était, pour moi, un peu comme entrer au Français.

Et le jour-même de mon entrée au Conservatoire, j'allais essayer mon costume pour jouer un petit rôle dans "Les fâcheux" de Molière. J'ai donc ainsi été embarqué dans la Comédie Française une première année comme élève du Conservatoire, la seconde en tant que stagiaire tout en continuant à suivre les cours. J'étais toute la journée au Français, depuis le matin avec Monsieur André Brunot, qui était le directeur des études classiques. J'assistais à toutes les répétitions et je voyais défiler les costumes de Madame Suzanne Lalique, les décors de Monsieur Jacques Dupont. C'était un vrai enivrement.

J'étais distribué dans une majorité de pièces pour des rôles d'importance variable: de petits rôles mais aussi de grands rôles du fait de la coexistence des deux salles, parfois pour remplacer au pied levé un sociétaire ou un pensionnaire. C'est ainsi que j'ai été amené à jouer, en première année de conservatoire, Pasquin dans "Le jeu de l'amour et du hasard", qui est un très grand rôle du répertoire. Et nous assistions donc au jeu des immenses comédiens en fin de règne ou en plein règne, mais uniquement des gens qui méritaient d'être là par ce qu'ils représentaient par leurs moyens, leur culture, leur esprit et leur travail. Même s'il y avait des luttes intérieures, comme dans tout monde clos, cela se passait à un certain niveau car il y avait le talent et quelque fois même un peu plus.

Attendre son entrée en scène entre Madame de Chauveron, Berthe Bovy, Jean Marchat et Marie Sabouret et les voir jouer était grisant. A la fin de ma 2ème année, alors que j'étais bien aimé dans la maison, j'avais énormément travaillé parce que j'étais habile avec toutes les qualités en marge du talent lui-même, j'ai préparé mon concours de sortie et tous me conseillaient de choisir des scènes tranquilles du fait que mon travail assurait un engagement quasi certain. J'ai passé Dancourt dans "Les bourgeoises à la mode" et "Désiré" de Guitry. Et comme je vous l'ai dit, je me suis retrouvé avec deux premiers accessits, ce qui a constitué une douche froide. Maurice Escande m'a dit qu'on aurait pu me faire passer mais que ce n'était pas un service à me rendre et que je devais préparer des rôles plus exigeants.

J'ai donc fait une 3ème année tout en étant distribué dans des pièces (car c'est là qu'ils ont été merveilleux), en me laissant jouer les rôles qui devaient être les miens si j'étais engagé. Et c'est effectivement un énorme service qu'ils m'ont rendu car un concours, ce n'est pas un examen mais un événement et il faut le réussir totalement et non pas à une voix de majorité. Car je voulais être sur cette scène, dans ce lieu, au milieu de toutes les âmes !

J'ai travaillé et j'ai eu mes deux prix à l'unanimité à force de volonté et de travail. Ces deux prix représentaient quelque chose d'immense pour moi. Ah, l'entrée au Français ! Une anecdote : tous les matins et tous les soirs de cette année, je me passais un des finals de "La vie parisienne" d'Offenbach, que je trouvais entraînant et joyeux, pour être dans cette humeur et pouvoir me le chanter en aparté quand je viendrais recevoir mes prix.

J'étais également devenu ami avec tout le personnel technique de la Comédie Française, qui étaient des gens merveilleux et qui adoraient le théâtre et les comédiens, qu'ils appelaient "nos acteurs". Un des machinistes m'avait aidé à trouver une perche pour figurer le bastingage qui était nécessaire pour ma scène de "Mon beau navire".

Juste que quelques semaines avant, avait été nommé à la tête de la Comédie Française Monsieur Claude de Boisanger, qui était un grand diplomate, un personnage exquis à la Giraudoux, qui n'est resté que 3 mois parce que, subitement, quand Malraux a compris qu'il voulait faire des choses personnelles, ce n'était plus l'homme de paille que l'on croyait. C'est lui qui m'a engagé. J'étais le seul engagé avec 3 comédiennes : Annie Bouquet, Nicole Mérouze et Danielle Volle.

Pour évoquer ma période au Français avant que cela ne se dégrade totalement, je citerais une phrase un peu précieuse de Ménandre, cela va faire plaisir à Madame de Romilly, que citait Jean-Louis Barrault pour être un peu plus à la mode : "Ma joie m'empêche de savoir où je suis". Et je pensais passer ma vie au Français. Mais des grands comédiens sont morts ou partis, ils ont été remplacés par des médiocres et l'humeur s'aigrissait car entre médiocres les rapports tournent plus à l'aigre qu'entre gens de qualité qui s'estiment et se respectent. Les programmes se dégradaient également et je devenais effroyablement critique de ce lieu dans lequel je travaillais.

Je me sentais malheureux en dépit des tournées merveilleuses dans le monde entier et des superbes relations que j'entretenais avec de grands personnages de la Maison. L'ambiance devenait délétère. J'avais commencé à donner des cours au Conservatoire et j'allais aussi voir ce qui se passait à l'extérieur, avec des gens comme Planchon, qui ont fait des choses extraordinaires au début, comme son cycle Shakespeare ou son Dandin. Et je m'interrogeais sur cela et je m'amertumais. Et un jour, dans ma loge, alors que je faisais travailler Myriam de Colombi, qui était la nièce de Maurice Escande et pensionnaire au Français, qui devait reprendre le rôle de Célimène, j'ai encore vomi sur mes camarades et elle m'a dit que je devais être très malheureux. Je lui répondais par l'affirmative et elle m'a dit : "Alors, il faut t'en aller.".

Ces mots ont été le catalyseur de ma décision de partir qui était en train de mûrir. Et pourtant cela ne faisait pas longtemps que j'étais entré au Français, j'avais à peine 30 ans. Je me revois très bien à ce moment-là. J'ai laissé Myriam quelques instants et je suis allé demander une audience à Maurice Escande, qui était à cette époque administrateur et qui m'appelait affectueusement "cochon de Cochet". J'ai donné ma démission ce jour-là après un long entretien, plein de tendresse et de raison profondes, avec Maurice Escande qui a très bien compris ma démarche, ayant lui-même quitté le Français pour ensuite y revenir. Et il m'a dit : "Je te donne ma bénédiction et je ne me fais pas de souci pour toi car tu as une étoile qui te guidera toujours". Et la première compagnie que j'ai fondée s'est appelée "La compagnie de l'étoile" à cause d'un proverbe chinois sublime : "Si tu veux tracer ton sillon droit, accroche ta charrue à une étoile".

Jacques Charon avait eu une réaction plus démonstrative en me disant : "Ah ma poupougne, écoute mon bibi, ça m'en fout un coup quand même !". Et il fait partie de ceux qui, deux ans après mon départ, m'ont fait venir au Français pour des mises en scène. Et j'ai bien fait de partir car dès cet instant, j'ai monté des pièces qui ont été d'énormes succès. Tout de suite après mon départ, j'ai immédiatement ouvert mon cours et ce qui est très étonnant est que ce cours a été complet dès le premier mois avec des élèves qui sont tous devenus célèbres.

Alors que j'habitais le Pont Neuf et que je me promenais avec mon petit chien du moment, j'ai rencontré Rosy Varte, que j'avais connue par André Roussin, à qui j'apprends le fait en lui disant : "Tel que vous me voyez aujourd'hui, à part mon petit chien, je n'ai qu'un ticket de métro sur moi !". Ce qui était vrai. Et, comme elle allait jouer le rôle de la pièce que Roussin venait d'écrire, elle m'a proposé d'en faire la mise en scène à la place de ce dernier ce qui ne l'emballait pas.

Quant aux regrets, rien ne pouvait me faire regretter une décision que j'avais prise en connaissance de cause en voyant les pièces défigurées par des gens que je n'admirais plus et qui, humainement, étaient médiocres. Comme je l'explique dans mon premier livre, "Mon rêve avait raison", c'est le petit garçon qui m'a toujours indiqué le chemin puisque lui-même était l'enfant de tous ceux qui l'avaient précédé. Je savais pourquoi j'étais entré au Français, pourquoi j'étais entré à un moment où j'ai pu connaître tous ceux qui m'avaient donné l'envie d'y entrer, j'ai joué des rôles fantastiques, en général réussis, j'ai donc connu ce qu'il y avait de mieux de la Comédie Française et je restais fidèle à moi-même en partant. Par la suite, j'y suis encore un peu allé, dans la salle, pour voir quelques spectacles qui étaient encore convenables avant que cette Maison ne devienne une maison de la culture défigurée dans tous les sens du terme.

J'y suis retourné ensuite à deux rares occasions. La première, à la demande de Louis Seigner, pour organiser sa soirée d'adieu, et je lui ai donné la réplique dans le premier acte du "Bourgeois gentilhomme" qu'il y a joué. Il y avait Galabru, Bernard Dhéran, Georges Chamarat. La seconde fois, et ce qui est encore plus extraordinaire - et cela en a fait grincer des dents - c'est quand j'ai monté "Le Bourgeois gentilhomme" à la demande de l'administrateur, de Jacques Charon et de Jean Le Poulain. Les gens trépignaient à la fin de la représentation et, comme l'auteur ne pouvait venir saluer, Le Poulain est venu me chercher en coulisses pour venir saluer sur la scène en tant que metteur en scène devant tout le gratin de la troupe de cette époque.

Ce sont des minutes qui justifient toutes les décisions qu'on a prises dans d'autres circonstances. C'est surtout une façon, et là je me hausse du col, mais c'est une phrase que j'adore dans le Coriolan de Shakespeare, de "rester un homme fidèle à son âme". J'ai toujours situé les choses à ce niveau-là et quand ce niveau n'est plus en accord avec mon âme, il n'y a pas à pactiser, il faut partir, il faut suivre sa volonté, sans que cela soit intempestif, surtout quand elle vient de loin. Car tout est inscrit dans une certaine tapisserie. Il ne faut pas attendre que l'on vienne vous chercher, cela demande un surcroît de travail mais il ne faut pas rater les lieux, les moments, les rencontres qui de toute éternité nous sont fixées. Et puis il y a ceux qui ne les reconnaissent pas.

Jean-Laurent Cochet sur scène

Nous allons faire un grand bond en avant….

Jean-Laurent Cochet : …je suis prêt, j'ai mon parachute…

… pour en venir à aujourd'hui et parler des projets que vous avez annoncés lors de la dernière Master class Arc-en-ciel, qui consistent à mettre en scène et jouer "La Reine morte" de Montherlant et "Aux deux colombes" de Sacha Guitry.

Jean-Laurent Cochet : En prologue, je voudrais évoquer un projet qui constitue l'aboutissement de tout le travail que j'ai fait en Vendée, où est installée une antenne de mes cours qui a merveilleusement bien marché, qui m'a permis de me trouver en face de gens passionnés attentifs, dociles, fervents. Je clos cette saison de cours en leur montant un spectacle ambitieux. Ils sont 25 auxquels je vais associer 9 élèves de Paris pour mélanger les deux troupes qui ont fait le même travail. Ce spectacle comportera des fables de La Fontaine dites de manière amusante, dites à deux par exemple, avec un florilège de scènes d'auteurs qu'ils ont travaillé.

Ce qui est amusant, si j'ose dire, mais moi j'adore le travail donc quand le corps suit, tout va bien, c'est que nous allons en Vendée pour jouer le spectacle le 17 juin et on repart en Anjou pour jouer le 19 juin la première de "La Reine morte". Je n'ai pas vu la création de "La Reine morte" en 1942 mais je l'ai vu ensuite à sa première reprise avec Maurice Escande, Mony Dalmès, car elle n'a pas quitté l'affiche et elle a constitué un des plus grands événements théâtraux du siècle.

Jean-Louis Vaudoyer, qui était un administrateur de la Comédie Française, a proposé à Henri de Montherlant, qui était un immense romancier, d'adapter une pièce du siècle d'or espagnol. Il l'a lue et il a dit :"C'est tellement beau que je vais l'écrire" et "La Reine morte" est sa première pièce. C'est une œuvre de génie absolu comme celles qui ont suivi. Il a ensuite été mis à l'écart en raison de son attitude à la fin de la guerre qui a déplu à ceux qui auraient aimé en avoir une plus glorieuse.

Au Conservatoire, j'avais joué le rôle du capitaine qui est chargé de tuer Inès de Castro. J'ai toujours adoré cette pièce et j'ai connu Jean-Claude Barrat, l'ayant droit de Montherlant, qui est un homme affable, exquis, cultivé et très avenant. Quand j'ai eu Hébertot, et que j'ai voulu dans cette entreprise insensée qu'il y ait au moins une œuvre de chaque grand auteur français parmi les classiques, je l'ai contacté pour monter "La Reine morte" car j'avais dans ma troupe Jacques Eyser, le doyen du Français, qui m'avait suivi et qui a été un Ferrante absolument extraordinaire.

J'ai conservé tout de cette époque, c'est-à-dire les meubles et les costumes qui étaient sublimes. Ils étaient entreposés dans des lieux très coûteux, mais il fallait tout sacrifier au théâtre, et j'en suis bien content aujourd'hui car, à chaque reprise de la pièce, je les retrouve. Je jouerai le rôle de Ferrante, que j'avais joué il y a 15 ans à la suite de la mort de Jacques Eyser, mais j'étais trop jeune, alors que maintenant j'ai l'âge du rôle, même un petit peu plus, mais à cet âge-là, cela ne compte plus,

Aujourd'hui, quand on me vient me trouver pour me proposer de participer par exemple à un festival, et c'est là que je suis heureux de mes choix, des mes décisions, de mes refus, ce qui devient très rare de pouvoir faire ses choix - ça n'existe quasiment plus - je propose des pièces qui ont déjà été travaillées car monter les pièces revient trop cher. Ainsi on se fait payer un minimum pour avoir le plaisir de jouer parce que la logistique, déplacements et hébergement de la troupe, a aussi un coût auquel il faut ajouter les charges sociales. Cela devient des entreprises ahurissantes, et il arrivera un jour où il faudra payer pour jouer la comédie comme on le souhaite. Ou être milliardaire. C'est pour cela que je suis tellement content de l'avoir fait toujours comme je le souhaitais, et sans avoir été milliardaire.

J'ai remonté "La Reine morte" plusieurs fois pour des festivals superbes, comme à Ramatuelle sur l'invitation de Jean-Claude Brialy, et cela faisait 15 ans que je ne l'avais pas montée. J'ai donc proposé cette pièce, pour laquelle j'avais une distribution adéquate et disponible. Philippe de Villiers, Nicolas Briançon, tout le monde a été ravi. Et, grâce au ciel, entre temps, le théâtre 14, où j'ai si souvent joué et où j'aime tellement être - j'adore Emmanuel Dechartre, son directeur - , programme "La Reine morte" en avril-mai 2008. Cet été, nous la jouons le 19 juin au château du Plessis Macé dans le cadre du Festival d’Anjou et le 23 juillet au château de Terre Neuve en Vendée près de Fontenay le Comte.

J'ai une distribution divine avec Elisabeth Ventura - qui va faire une carrière flamboyante - pour jouer l'infante, Catherine Griffoni qui reprend le rôle d'Inès, Pierre Delavène dans le rôle du l'affreux ministre qui demande la mort d'Inès et un jeune premier merveilleux, Xavier Delambre. Ce sont tous des rôles importants et très difficiles. Tout est difficile car il faut mettre en valeur le texte qui est de bronze, d'airain, qu'il faut rendre très familier. Car c'était le ton de Montherlant dans la vie. Il faut parler de choses quasiment cosmiques comme si c'était la réalité pour ces gens-là. C'est un travail passionnant, superbe. On réutilise les mêmes costumes en les mettant à la taille, tout est très beau. Voilà donc "pourquoi Montherlant". J'adore Montherlant et c'est une façon de le servir, de s'offrir, à commencer par moi qui jouerai le roi Ferrante, des rôles merveilleux et faire plaisir au public, on le sait.

L'autre pièce est de Guitry parce que Guitry est mon grand homme comme Arletty, parlant de Colette, disait : "C'est mon homme, cette femme-là ! ". Guitry contient tout ce qui a été fait avant, quelquefois en mieux, quelquefois inépuisable d'invention, d'intelligence, d'apparente facilité. C'est un théâtre jubilant profond et, en même temps, toujours à la pointe de l'esprit, avec une légèreté tellement française. C'est absolument génial ! Il restera de notre temps comme Marivaux au 18ème et Musset un peu au 19ème.

La pièce que j'ai choisie est "Aux deux colombes", qui a été créée il y 60 ans, je crois. Et comme 2007 est également l'année du cinquantième anniversaire de la mort de Guitry et des 200 ans du Théâtre des Variétés, cela faisait un beau panachage et je leur avais proposé ce projet. Ils ont refusé, voulant une vedette médiatique même si elle est "à chier" parce qu'on en parle avant, oui, mais on n’en parle plus après, et c'est tant mieux parce que la salle aurait été un peu trop grande

Cette pièce avait été créée par Sacha Guitry entouré de Lana Marconi, Suzanne Dantès, Marguerite Pierry et Pauline Carton. Une pièce à 5 personnages et un seul décor, donc facile à monter. Je connaissais cette pièce depuis toujours et Guitry, comme il le faisait souvent, a filmé la pièce sur le plateau-même du théâtre. Je dispose de cette version filmée, grâce à René Château. La pièce n'avait pas été éditée et le film comporte le texte plus tous les ajouts intégrés au cours des représentations car sur une nouvelle réplique de Guitry, toutes ses partenaires pouvaient répondre car elles ne manquaient pas d'esprit. La merveilleuse collection du "Club de l'honnête homme" est la seule à avoir publié le vrai théâtre complet de Guitry.

Cette édition m'a d'ailleurs sauvé la vie. Cette pièce n'a jamais été reprise depuis sa création, ce qui est fou. On reprend "N'écoutez pas mesdames" ou "Quadrille" avec des gens qui n'ont ni l'esprit, ni le talent de jouer cela et après on dit que Guitry est démodé. Guitry n'est pas démodé, il fallait simplement le jouer autrement! Guitry est un auteur très difficile et très particulier à jouer et il faut avoir joué tous les autres classiques pour en arriver à lui et que cela ait l'air moderne, parce que c'est éternellement moderne. J'y pensais depuis longtemps mais je n'avais pas encore l'âge du rôle.

Nous avions déjà parlé de ce projet avec Paule Noëlle, qui va faire partie de la distribution, parce que Pierre Douglas était intéressé par le rôle. Je trouve qu'il a beaucoup de talent en tant que chansonnier mais je ne le voyais pas dans ce rôle. J'avais pensé à Roland Giraud que j'aime infiniment comme acteur, et comme individu, mais qui n'a, semble-t-il, pas été séduit par ce rôle. Ensuite, j'y avais pensé à nouveau donc cela fait de longues années de gestation, l'idée séduisait mais sans aboutir concrètement. Ensuite, j'ai joué "Le veilleur de nuit" et on disait que j'étais le seul à pouvoir jouer Guitry. Et puis, certains des producteurs, Jean Martinez, Jean-Claude Brialy, Marie-France Mignal, se sont mis d'accord avec mon cher Edy Saïovici, le directeur du théâtre Tristan Bernard et de celui de la Pépinière Opéra pour que, petit à petit, et vraiment petit à petit, cela se concrétise mais ce n'est pas encore signé. Je ne sais pas ce qui pourrait compromettre sa réalisation, à moins que je meurs, ce qui serait dommage, et surtout pour moi !

Mes partenaires seront Paule Noëlle, qui reprendra le rôle de Suzanne Dantès, Catherine Griffoni, qui en est presque le sosie admirable, sera la grande-duchesse russe créée par Lana Marconi et pour le rôle que tenait Pauline Carton, il fallait quelqu'un de singulier, qui n'essaie pas d'imiter. J'ai donc retrouvé ma chère Anne-Marie Maillefer, qui a été au Français, une comédienne très originale et aigüe. Et pour la 4ème femme, j'ai retrouvé une autre chère à moi, que j'ai beaucoup fait travailler au Français dans "Le Bourgeois gentilhomme", dans un Guitry même, "Le renard et la grenouille" - que j'avais fait entrer au répertoire du Français - qui est Virginie Pradal. Ces 4 femmes s'adorent, ce qui est miraculeux, car j'aurais pu m'attendre à des coulisses un peu véhémentes. Ce sont des femmes exquises, charmantes, spirituelles, pleines de fantaisie et de goût, bonnes comédiennes et qui ont tout-à-fait l'esprit de Guitry.

Le sujet de la pièce est très original et ça démarre comme un vaudeville car Guitry a toujours écrits des pièces joyeuses, sauf les dernières années, et c'est le cas de celle-ci, Noël Simsolo en parle génialement bien, avec tout ce qu'il avait vécu, sans jamais s'aigrir, qui peut aller de la méchanceté à la loufoquerie, au désenchantement. C'est cela surtout qui le rapproche de Montherlant. Ils ont un style différent mais ils auraient pu écrire chacun les pièces de l'autre sur le plan de la pensée, de l'abandon, du lâcher prise.

C'est extraordinaire, l'un, Guitry, en faisant rire et penser, l'autre, Montherlant, en impressionnant les gens non sans faire sourire. Car quand Montherlant est bien joué, qu'est-ce qu'on peut sourire de son intelligence ! "Aux deux colombes" est donc une pièces irrésistiblement drôle. Quand je passais le film à mes élèves au cours de stages, il fallait sans cesse arrêter la bande pour revenir en arrière car ils riaient tellement sur les répliques qu'ils ne pouvaient entendre les répliques suivantes !

J'espère que le public y sera aussi sensible. Donc c'est l'histoire d'un monsieur qui s'est remarié avec la sœur de sa première épouse morte dans un incendie il y a plus de vingt ans. Or, elle n'était pas morte mais amnésique et elle revient au domicile conjugal en pensant reprendre sa place. Ce qui donne des situations originales. Ce n'est pas le trio classique : le mari, la femme et l'amant ou le mari, l'épouse et la maîtresse mais l'homme et ses deux épouses. Le rôle de la grande-duchesse avait été écrit pour Lana Marconi à l'époque où elle entrait dans la vie de Sacha Guitry et c'était pour lui le conte de fée.

Pour en revenir à votre question, oui il s'agit de choix absolument personnels et, quand on arrive à réaliser son rêve, on peut remercier tous ceux par qui on est passé, tous ceux qui ont eu la bonne idée de ne pas nous prendre parce que ce n'est peut-être pas cela qu'il aurait dû falloir faire et tous ceux qui, en fin de compte, on fait le plus confiance. C'est la raison pour laquelle je rends grâce , aussi bien pour " La Reine morte", en festival et pour Paris, que pour "Aux deux colombes" que nous allons jouer à partir de fin août.

Le professeur et la télévision

Pouvez-vous nous dire quelques mots des pilotes pour des émissions télévisées que vous avez annoncées lors de la dernière Master Class de la saison ?

Jean-Laurent Cochet : Il y a longtemps que différentes personnes de bonne volonté me disaient que mes cours, cette mémoire d'un siècle de théâtre, devaient laisser une trace. Cela a d'ailleurs été déjà fait grâce à certains producteurs privés, je pense à Pierre Bonnier dont existent dix enregistrements sous le titre de "Devenir comédien" qui sont vendus en coffret et mes lectures à une voix. Mais ce ne sont pas des choses qui peuvent aboutir à la télévision surtout que cela dépend des producteurs. Pour certains, qui dit culture dit ennui ou politique.

Et, c'est amusant, c'est grâce à un de mes anciens élèves, qui suivait mes cours il y a 37 ans - c'était un superbe jeune premier - qui joue très bien la comédie dans des films qu'il produit, mais qui n'a pas suivi la carrière de comédien. Il s'agit de Denis Karvil, qui a une des plus grosses maisons de production, qui a insisté pour concrétiser cela. C'est Pierre Delavène, (qui a toutes les bonnes idées pour moi, que je n'aurais pas ou peut-être pas envie, qui dirige tout cela, il est maître de ma vie totalement, qui fait cela très bien, et ce, dans tous les domaines artistiques ou économiques, tout en continuant à jouer la comédie), qui m'a rappelé que nous avions parlé de filmer un cours dont on garderait certains extraits. C'est comme les master classes du lundi soir qui sont filmées et conservées, ce qui fera des archives intéressantes post mortem, panachées avec une conversation avec un de mes anciens élèves qui est devenu vedette.

Mon producteur s'est mis d'accord avec Arte, ce qui me fait plaisir car c'est la chaîne la plus intelligente. Patrice de Carolis, qui est un homme de grande qualité, avait, un temps, manifesté de l'intérêt pour ce projet et puis il n'a vraisemblablement pas eu toute licence pour le faire. Bref, moi je ne suis pas politique, je ne suis qu'artistique, ce qui manque dans les ministères et ailleurs. Donc Arte a accepté le projet global de 8 émissions de 52 minutes, ce qui est merveilleux, colossal, monumental.
Madeleine Robinson m'avait dit pourquoi ne pas le faire? On a filmé 3 minutes de chez Florent, ce qui a suffi à faire fuir le monde. Cela a été long à se concrétiser, au point que nous avons cru ne pas le faire ! Mais cela se fait et j'en suis très heureux.

Nous avons tourné le pilote en enregistrant un cours du mardi matin. Le réalisateur et Pierre Delavène ont fait un très bon montage de 25 minutes. L'après-midi, nous avons enregistré le talk show - qui sera illustré par les flashs du cours - qui s'est extraordinairement bien passé avec une star, un de mes anciens élèves, et Dieu sait, Richard Berry. Il était ravi d'être là, ce qui l'a mis à l'aise, nous étions heureux, il était loquace, très abondant, très intelligent, cela on le sait, très pertinent, très simple et Pierre Delavène dirigeait le débat de belle manière. Ce pilote existe donc mais nous n'en savons pas plus pour le moment si ce n'est que nous serons prévenus 3 semaines avant la date de diffusion.

Ensuite, selon les résultats, peut-être nous parlera-t-on de l'audimat, quoique si cela plaît autant qu'à ceux qui ont assisté à l'enregistrement… Il faut dire que l'équipe technique était merveilleuse et je lui rends hommage, avec une femme chef-éclairagiste qui a fait des lumières magnifiques. J'étais presque beau à l'écran, c'était idéal !

 

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En savoir plus :

Le site officiel de Jean-Laurent Cochet

Crédits photos : Thomy Keat (Plus de photos sur Taste of Indie)


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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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