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puce Patricia Clément - Martine Thinières
Interview  (Paris)  21 juin 2007

"Les mauvaises", elles sont deux. Et elels sévissent tout l'été au Théâtre des Mathurins pour la plus grande joie d'un public hilare.

Deux comédiennes et violoncellistes. Martine Thinières, la petite princesse lunaire à la chapka en lapin synthétique blanc, et Patricia Clément, la grande poupée Barbie qui pète un plomb à chaque couac de sa partenaire, forment un duo épatant, détonant et pétulant.

Rencontre avec deux deux jeunes femmes qui sont à la ville presque comme sur scène. Drôles, empathiques, elles n'ont pas fini de nous faire rire car elles ne manquent ni d'idées ni de projets.

D’où viennent "Les Mauvaises" ? Des comédiennes-musiciennes ou des musiciennes-comédiennes ?

Martine Thinières : Je suis comédienne et je pratiquai la musique comme loisir. Mon instrument de base était le piano et je disposais donc déjà des bases musicales notamment le solfège. Je suis venue au violoncelle il y a 7-8 ans. J’ai fais le Conservatoire d'Art Dramatique de Paris et j’ai pas mal travaillé mais c’est la première fois que je joue dans le théâtre privé. Je ne suis pas sectaire et c’est une expérience nouvelle et cela permet de rencontrer des gens différents. La richesse de ce métier tient aussi aux rencontres.

Patricia Clément : J’ai appris le violoncelle étant enfant car dans ma famille tout le monde faisait de la musique et donc, on m’y a collé. Et j’ai appris le violoncelle parce qu’il manquait une basse dans l’orchestre familial. J’ai commencé à contre cœur parce que je voulais faire du piano. Et puis au fil du temps je suis tombée amoureuse de l'instrument. A l’époque, les professeurs étaient assez sévères. J’avais un professeur qui s’appelait Jean Brizard, un grand monsieur très rigoureux un peu trop peut être pour la petite fille que j'étais, et à l'adolescence, j’en ai eu assez et j’ai arrêté.

Par la suite, je suis devenue comédienne. Il y a quelques années, j’étais sur le point de reprendre le violoncelle quand j’ai retrouvé Martine. Je dis "retrouvé" car nous nous étions connues à l’Ecole Florent et nous nous sommes revues par hasard. Nous avons parlé de nos projets et je lui ai dit, entre autres, que j’allais reprendre le violoncelle et elle m'a répondu : "C’est drôle, moi j’apprends à en jouer !".

Et de fil en aiguille, nous avons travaillé la musique ensemble en faisant des duos d’abord pour le plaisir. Et puis, comme nous sommes toutes les deux comédiennes, et donc attirées par la scène, nous nous sommes dit que nous allions faire des concerts afin de ne pas priver nos amis de tant de talent ! (rires) Et pour appâter le chaland nous leur proposions de venir à ces soirées musicales en apportant une spécialité culinaire, ce qui entraînait des repas pantagruéliques, la cerise sur le gâteau était le concert.

Ca marchait très bien. Un jour, une personne dans l’assistance, qui était une amie d’une amie, émet muettement quelques grands doutes sur notre talent de musiciennes et sur la folie de notre entreprise, ce qui nous a piqué au vif. Nous nous sommes dit que cela n’allait pas se passer comme ça et nous avons continué à jouer en public en pimentant le concert d'interventions parlées absurdes. C’est ainsi que sont arrivés les personnages. Le spectacle s’est construit et écrit ainsi de façon impromptue et naturelle en rebondissant d'un concert à l'autre.

En fait vous avez inséré dans vos concerts des intermèdes théâtraux.

Patricia Clément : Oui. Nous avions commencé avec une demie heure de spectacle. Nous avions les partitions et le texte mais tout relevait encore de l’improvisation. Comme cela plaisait à notre assistance qui riait vraiment beaucoup, assistance qui était composée de gens du métier, nous avons continué à travailler jusqu'à avoir une heure dix de spectacle. Martine connaissait Anne-Marie Choisne, la directrice du Théâtre du Chaudron à la Cartoucherie, qui nous a accueilli pour une représentation "test" au printemps 2005.

Nous avons fait un tabac. La directrice nous a alors proposé des dates en janvier et avril 2006. Et là, il a fallu que nous nous mettions à travailler pour peaufiner le spectacle, le resserrer, lui donner sa forme définitive. Nous l'avons donc créé au Théâtre du Chaudron puis repris au Théâtre Le Lucernaire pendant 4 mois en 2006. Et nous revoilà en 2007 au Théâtre des Mathurins.

Ce spectacle qui est né de manière spontanée et inattendue a ensuite été construit. Quel en était le propos car la formule théâtre+musique est un peu à la mode et comment se démarquer ?

Martine Thinières : Nous ne nous sommes même pas posé la question Rien n’a été calculé.

Patricia Clément : Nos personnages sont "nos" clowns, ils montrent nos travers, nos "défauts" en les étirant jusqu'à l'absurde… ils sont très complémentaires et forment un vrai couple de comédie.

De l’auto caricature ?

Martine Thinières : Oui. Patricia jouait beaucoup mieux que moi et elle menait la cadence. Ce qui se retrouve dans le spectacle.

Patricia Clément : Moi j’ai eu un enseignement très rigoureux dans lequel la fausse notre n’était pas tolérée, et le métronome omniprésent ce qui est nécessaire pour apprendre la musique mais ce qui peut aussi paralyser. Martine n'est pas du tout dans cette tradition. Cette opposition en quelque sorte a été développée ensuite dans le spectacle. De même il peut m'arriver d’émailler mes propos de citations d’auteurs...

Mon personnage pousse cette tendance et cite à tour de bras jusqu'à l'absurde … Alors que le personnage de Martine, c’est la poésie incarnée et mon antithèse. Elle est très imparfaite et l'assume totalement tandis que mon personnage cherche le génie. Et c'est le personnage de Martine qui le trouve parce qu’elle a accepté ses oreillons et sa souffrance (!!!)

Martine Thinières : Mon personnage est toujours à côté de la plaque mais c’est fortement inspiré de ce que je suis dans la vie. Je suis un peu dans la lune et il m’arrive toujours des mésaventures. Cela étant, ce ne sont pas des choses graves ou dures.

Patricia Clément : Il y a eu une réflexion sur tout cela et en même temps ce n’était pas un travail volontariste. Il y a eu une réflexion sur le ratage et la perfection. Pour moi jouer en public du violoncelle, alors que je ne suis pas Rostropovitch, était impensable. Et c’est grâce à Martine que j’ai osé le faire.

Parce qu’elle est plus mauvaise que vous ?

Patricia Clément : Parce qu’elle s’en fout ! J’ai appris à pouvoir faire des choses inimaginables avec et grâce à elle ! S’agissant de spectacles musicaux, nous sommes l’anti quatuor, par exemple, parce que nous ne sommes pas des musiciennes à la base, mais des comédiennes. Il faut du culot pour faire çà.

Dans ce spectacle vous tirez sur vous même mais aussi sur tout ce qui bouge ?

Patricia Clément : Ce spectacle est un regard sur le monde dans lequel nous vivons. On se moque sans se moquer vraiment de tout ce qui est mal compris parce que survolé, comme l’histoire du yin et du yang, et nous épinglons un peu le ridicule des phénomènes de mode sur des choses qui sont parfois par ailleurs sensées.

Le succès est aussi au rendez-vous ici au Théâtre des Mathurins ?

Patricia Clément : Oui. Initialement nous étions programmées jusqu’à fin août et nous sommes prolongées jusqu’à fin septembre, voire plus longtemps.

Et vos projets personnels ?

Martine Thinières : Ils sont mis un peu entre parenthèses du fait que nous continuons "Les Mauvaises".

Compte tenu de la genèse de ce spectacle, y a-t-il un futur pour "Les Mauvaises" ?

Martine Thinières : Nous sommes en phase d’écriture d’une suite : Les Mauvaises présenteront quelque chose. Il y aura de la musique et du chant.

Patricia Clément : Mais la musique ne sera plus l’enjeu principal. Nous pensons aussi à un trio muet.

Du mime ?

Martine Thinières : Nous avions émis cette idée pour remercier tous ceux qui nous ont aidé dans cette aventure incroyable.

Patricia Clément : Donc nous leur avons présenté 20 minutes d’un spectacle muet à trois violoncellistes, trois mauvaises, claquettes et musique baroque. Et nous avons fait un tabac !

Martine Thinières : Nous nous appelions "Les trois sœurs ou les bas rockeuses" !

Patricia Clément : Bon, le titre, on peut le dire, était mauvais !

Martine Thinières : Mais non, il n’était pas mauvais !

Donc vous poursuivez sur votre lancée écriture, mise en scène et interprétation ?

Patricia Clément : Oui mais nous cherchons un metteur en scène pour avoir un regard extérieur. Ce qui n’est  pas facile parce qu’il faut que  cela soit compatible avec une écriture en mouvement.

Tout cela va se décanter cette année ?

Patricia Clément : Nous vous tiendrons au courant !

 

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La chronique du spectacle Les mauvaises

En savoirplus :

Le site officiel des mauvaises

Crédits photos : Laurent (Plus de photos surTaste of Indie)


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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
"Why me ? why not" de Liam Gallagher
"Les disques dans notre vide poche" le podcast #1 de Listen in Bed
"Drive" le premier mix de Listen in Bed
"Mademoiselle in New York" de Lucienne Renaudin Vary
"Still life : A tribute to Philip Glass" de Maud Geffray
"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
"De quoi je me mêle !" au Théâtre Athénée
"On est mal Macron, on est mal" au Théâtre des Deux Anes
"Looking for Beethoven" au Théâtre Le Ranelagh
des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
"Anna Karénine" au Théâtre de la Contrescarpe
"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
"La Convivialité" au Théâtre Tristan Bernard
"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"Une leçon d'Histoire de France : de l'An mil à Jeanne d'arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
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"Vipère au poing" au Théâtre du Gymnase
et la chronique des spectacles à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
"Balzac & Granville, une fantaisie mordante" à la Maison de Balzac

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les sorties de la semaine :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
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"Vers une nouvelle guerre scolaire" de Philippe Champy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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