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puce Pierre et Gilles - Double je
Jeu de paume  (Paris)  Du 26 juin au 23 septembre 2007

Pierre et Gilles exposent au Jeu de Paume dont le fronton s'orne de leurs portraits en cosmonautes, sur fond floral, couronnés d'un coeur. Cosmonautes ou extra-terrestres ? Qu’importe puisqu’ils nous entraînent bien à la découverte d’un nouvel univers, la planète "Double je" qui fête son trentième anniversaire.

A la manière de Gilbert et George dont ils seraient les cadets made in France, Pierre et Gilles forment un couple d’artistes, à la ville comme à la scène, qui a trouvé l’harmonie et un succès international dans une parfaite complémentarité artistique.

De surcroît, le peintre et le photographe ont enfanté une œuvre singulière et unique reposant sur un processus technique novateur résultant de l’utilisation symbiotique de deux supports différents, la photographie et la peinture, qui aboutit aux "photographies-peintures" qui régénère l'art du portrait. Un style désormais emblématique qui s'inscrit dans la tendance "néo-pictorialisme" de la photographie plasticienne valorisant le geste artistique et la subjectivité créatrice.

A cela s'ajoute un univers idéalisé, en rupture avec la réalité, résultant de la sédimentation d'un vécu atypique soigneusement préservé sur un socle résolument ancré dans l'enfance qui témoigne d'un rapport philosophique au monde. Car cet univers est le leur au point de leur faire dire : "Notre art s'est mélangé à notre vie au point d'être son histoire."


Atmosphère chamallow, cimaises couleurs candy et installations plastico-florales pour une scénographie ludique et un parcours thématique.

L'exposition au Jeu de Paume revêt la forme d'une rétrospective de ces trente années de création en présentant un nombre important d'oeuvres et, pour la première fois, l'ensemble de leurs autoportraits.


La galerie blanche des autoportraits permet de suivre les aventures extraordinaires de Pierre et Gilles qui s'inventent des doubles aux vies multiples (les très beaux "Autoportrait à la cigarette" léchés par les flammes et entourés d'étranges visages transparents.

 

D'autres portraits , ceux en médaillons ("Kryptonite") ainsi que quelques exemplaires de la très impressionnante série anamorphique à la Bacon "Exil intérieur".

 

 

 

La transmutation iconique du sujet portraituré

A partir de l’esthétique du beau idéalisé, Pierre et Gilles mettent en scène la figure de la beauté en excluant tout naturalisme.


Personnes célèbres ou inconnus, tous sont soumis au même protocole esthétique qui aboutit à leur représentation transfigurée qui n’est peut être pas étrangère à leur personnalité intime telle qu’elle est perçue par Pierre et Gilles.

Certaines frôlent le pastiche comme celle de François Pinault en "Capitaine Nemo" accompagné d’une otarie qui jongle avec une balle ou Laetitia Casta en tenue modeste, qui rappelle celle de Brigitte Bardot dans "Et Dieu créa la femme", mais transformée en ménagère napolitaine.

 

 


D’autres tendent vers une certaine réalité comme Catherine Deneuve dans "La Reine blanche", Arielle Dombasle en "Extase" ou Marilyn Manson dans "The dead song", dont l’ex-épouse Dita Van Teese est superbement immortalisée en victime du "Dahlia noir".

Cette transmutation s'accompagne d'une morbidité certaine comme la beauté momifiée n'est qu'un subterfuge pour masquer la réalité de la corporéité en décomposition.


Humanistes utopistes, même s'ils aspirent à l'Eden retrouvé, Pierre et Gilles ne nient pas la cruauté des contes de fées ("Le cauchemar d’Alice"), les frayeurs enfantines ("Maman !") ou les réalités socio-politiques ("Le vendeur de métro", "La petite fille des HLM", "Le triangle rose").

 

La manière, un syncrétisme sulpicien

Avec force mise en scène et confusion des genres, usant aussi bien des canons artistiques que du kitsch, Pierre et Gilles pratiquent l’art de l’hybridation des thématiques et des mythes sans considération d’époques ou de cultures, usant aussi bien des iconographies populaires très répandues que de l’art identitaire comme la culture gay.


Les mythologies antiques et bibliques ("Mercure", "La mort d’Abel") sont traitées comme des toiles de la Renaissance italienne, dans une salle rouge quatrocentto.

C’est d’ailleurs dans une salle d’un mauve épiscopal que sont réunis les portraits explicitement traités selon une imagerie édulcorée et hagiographique (Christian Boltanski en "Saint Vincent de Paul", Lio "La madonne au cœur blessé" avec Lio, Arielle Dombasle en "Extase").

L'érotisation du corps masculin

Impossible de ne pas évoquer la propension de Pierre et Gilles pour les jeunes éphèbes et les corps musclés que l'on associe systématiquement à l'iconographie gay.


Ces archétypes sont une constante transhistorique de la représentation artistique du nu masculin et de l'homoérotisme.

Dès lors, et nonobstant l'identité homosexuelle des deux artistes, cela n'implique pas le rattachement systématique et exclusif à une subculture quelle qu'elle soit.

Cela étant, cette exposition est tout simplement passionnante. Un espace documentaire permet de consulter les différents ouvrages consacrés à l'oeuvre de Pierre et Gilles et diffuse une vidéo comportant un entretien et un reportage sur leur travail.

Et ce qu’il y a d’extraordinaire c’est la douceur de leurs visages et de leurs regards émerveillés d'enfants à l'innocence que l'on veut croire préservée.

 

"On aime idéaliser mais on parle aussi de la mort, du mystère et de l'étrangeté de la vie. Il y a autant de douceur que de violence dans nos images." Pierre & Gilles

En savoir plus :

Le site officiel du Jeu de Paume
Le site officiel de Pierre et Gilles

Crédits photos : MM (Plus de photos sur La Galerie)
avec l'aimable autorisation du Jeu de Paume


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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
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"Have som faith in magic" de Errors,
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"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
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Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
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"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
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Les reprises à ne pas rater :
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"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
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"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
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"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
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Exposition avec :

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Lecture avec :

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Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
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Les sorties récentes :
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"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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