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Interview  (Paris)  26 juin 2007

Comme à l’habitude, dès l’arrivée au Point Ephémère, direction le bar … et puis non en fait, voilà que l’on s’engouffre plus en avant, succession de couloirs, pour aboutir dans une pièce minuscule remplie d’instruments.

Claviers et batterie au sol, guitares au mur. Une véritable caverne d’Ali Baba. Bienvenue dans le royaume de Turzi. Entretien avec Romain.

Comment définirais-tu le style musical de Turzi ?

Romain Turzi : Alors évidemment rock disciplinaire, monophonique, narcotique et répétitif. On dit rock disciplinaire. Car on essaye de jouer des choses assez simples, des patterns que l’on s’amuse à entremêler, à mélanger. Elles sont jouées par moi, le clavier ou les guitares. Voilà de quoi est composé le rock disciplinaire.

On n’atterri pas vers ce genre de musique par hasard, quel a été ton parcours avant d’en arriver là ?

Romain Turzi : Mes premières claques ont été Sonic Youth, My Bloody Valentine car il y avait l’idée de détourner les instruments, de faire autre chose avec. Parfois de manière violente mais finalement de manière assez jolie. J’ai toujours aimé retrouver les origines du son d’un groupe en allant chercher ses influences. Et là je suis tombé sur Can, Neu ! … A chaque fois, de grandes découvertes expliquant beaucoup de choses sur ce que j’ai ensuite écouté. J’ai retrouvé des bribes de ces groupes un peu partout. Mais pour revenir à la question initiale, j’ai toujours été attiré par la musique noise, le détournement des instruments, par l’idée de faire un truc à soi.

Terry Riley aussi ?

Romain Turzi : Oui bien sûr, on reste dans le même esprit de répéter de petits patterns assez simples, laissant libre court à l’interprétation de l’auditeur. On essaye d’intégrer ces influences dans une dynamique plus moderne qui est le combo rock, guitare-basse-batterie. L’idée est de retrouver cet ensorcellement découlant de l’écoute de ces disques. On y arrive ou on n’y arrive pas mais l’ensemble sonne quand même très rock même s’il n’est pas pensé rock au départ.

Et puis on n’est pas des philosophes du truc, on n’arrive pas à la cheville de mecs du genre LaMotte Young ou autres, mais c’est un peu un postulat, un langage que l’on adopte. Et même si la musique est faite avec des ordinateurs, on garde le même principe de petits bouts arrivant les uns après les autres et se mélangeant. Comme des enchaînements de paysages, c’est comme ça que j’envisage le truc.

Quid de la composition ?

Romain Turzi : Depuis toujours, les compositions sont faites ici à partir de maquettes ou de morceaux que je fais. En général, les musiciens - tout comme moi - sont ennuyés à l’idée d’apprendre les titres, donc on les réinterprète à notre sauce : la composition évolue pour se transformer complètement. Sinon on compose aussi sur l’instant quand on répète, à partir de jams d’où découlent des morceaux.

Comment les choses ont évoluées depuis votre premier mini-LP "Made With Authority" ?

Romain Turzi : Sur notre premier EP, les morceaux étaient plutôt courts avec de vrais instruments à l’exception de la face B, improvisation de 20 minutes avec le groupe pour contrebalancer tous ces postulats de départ. On a ensuite remonté le groupe pour pouvoir reproduire ces morceaux sur scène. On réinterprétait donc ces morceaux au moment de l’album "A" d’où l’idée d’y intégrer 4 morceaux figurant déjà dans le EP, pour leur donner une autre vision.

On parle de scène, à quoi ressemble Turzi en concert ?

Romain Turzi : On y prend un malin plaisir à s’éloigner des versions studio même si quand on répète on essaye de les reproduire telles quelles. Ainsi, il est assez fréquent qu’en fonction de l’humeur de chacun, de l’ambiance, les morceaux prennent une couleur un peu différente. Sans compter qu’il reste pas mal d’espaces encore libres dans les morceaux. Comme dans le jazz où tu retrouves la construction d’un poème, un prélude tout d’abord, puis ensuite un thème … Mais on aime bien surprendre. Parfois, un musicien ne s’arrête pas : on se laisse même un peu surprendre nous même (rires).

Peux-tu m’en dire sur la part réservée aux paroles dans vos morceaux ?

Romain Turzi : Tout d’abord, nos paroles ne véhiculent pas de message particulier. En revanche on utilise la voix pour apporter un souffle nouveau au morceau. On s’en sert comme d’un instrument intervenant à un moment ou un autre. Loin d’une démarche mettant le discours d’un chanteur en avant ou de glorification de celui-ci … Je suis plutôt du genre à regarder le batteur en concert (rires).

Il n’empêche, le thème de la religion est récurrent dans le disque, dans les titres de chansons et surtout dans certaines paroles, quelle en est la raison ?

Romain Turzi : C’est vrai, il y a un fond lié à l’éducation, j’ai été en pension, pas dans un lycée catho mais c’est un peu le genre de truc omniprésent dans la jeunesse versaillaise … même si on s’en fout un peu. "A Notre Père", c’est un truc que l’on avait enregistré vite fait, qui pour nous n’avait pas tant de signification que ça, c’est presque la maison de disque qui a insisté pour la mettre sur l’album …

Donc au final plus Alain Delon que Allah ?

Romain Turzi : Tout à fait ! (rires) Nous sommes de grands de fans de Delon. On s’est inspiré pour ce titre de la musique du "Clan de Siciliens" de Morricone … Ce film représente vraiment Alain Delon à son apogée ..

Sinon, en terme de collaborations : collaboration rêvée, collaboration initiée ?

Romain Turzi : Principalement avec les gens de notre label Pan European Recording : Total Peace, Aqua Nebula Oscillator …

Turzi - Axis of Good
Turzi - Alpes
Turzi - Attila Blue

Les 3 titres ci dessus ont été enregistrés par Fabrice Delanoue lors d'une session de Turzi spécialement pour Froggy's Delight. La session complète comporte 6 titres, peut être qu'un jour si vous le souhaitez, la session intégrale sera disponible... les titres ne sont bien entendu pas libre de droits et ne peuvent être diffusés ailleurs que sur Froggy's Delight sans autorisation préalable.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album A de Turzi
La chronique de l'album B de Turzi
La chronique de l'album C de Turzi
Turzi en concert au Festival La Route du Rock 2007 (vendredi)
Turzi en concert au Festival Jazz à la Villette
La conférence de presse de Turzi (17 août 2007)
L'interview de Turzi (29 semptembre 2009)


En savoir plus :
Le Bandcamp de Turzi
Le Soundcloud de Turzi
Le Facebook de Turzi

Crédits photos : David (Plus de photos sur Taste of Indie)


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# 17 novembre 2019 : 4 ans déjà

13 novembre 2015. inoubliable nuit de terreur dont on commémorait les 4 ans cette semaine. Un 13 novembre 2019 avec plein de concerts à Paris et un pincement au coeur pour beaucoup d'entre nous. Mais la vie continue, et elle doit continuer d'être culturelle et festive.

Du côté de la musique :

"L'année du loup" de Alma Forrer
"Lucarne" de Cassagrande
"Air India" de David Sztanke
"Immanent fire" de Emily Jane White
"Bach, Liszt, Wido : Organ works at La Madeleine" de Jae Hyuck Cho
"What's in it for me ?" le Mix numéro 4 de Listen In Bed
"Femme idéale" de Ludiane Pivoine
et toujours :
"We were young when you left home" de Tim Linghaus
"Glam shots" de Rich Deluxe
"Imago" de Manuel Etienne
"Women" la 4ème émission de notre podcast radiophonique Listen In Bed
"Silent scream" de Holy Bones
"Stregata / stregato" de Gilia Girasole & Ray Borneo
"Révolution" de David Kadouch
"Jusqu'ici tout va bien" de Bazar Bellamy
Lysysrata, It It anita et The Eternal Youth au Normandy

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"On s'en va" au Théâtre national de Chaillotl
"Les guêpes de l'été nous piquent encore en novembre - L'Affaire de la rue de Lourcine" au Théâtre de la Tempête
"Pièce" au Théâtre des Abbesses
"La Vie est belle" au Théâtre 13/Jardin
"Adieu Ferdinand ! Le Casino de Namur II" au Théâtre du Rond-Point
"Adieu Ferdinand ! - La Baleine et le Camp naturiste" au Théâtre du Rond-Point
"Bartleby" au Théâtre Essaion
"Un Vers de Cid" au Théâtre Essaion
"Julien Cottereau - aaAhh Bibi" au Théâtre Le Lucernaire
"Pour ceux qui parlent tout seuls" au Théâtre Darius Milhaud
des reprises :
"Berlin 33" au Théâtre L'Atalante
"La Magie lente" au Théâtre de la Reine Blanche
"Je ne me souviens pas" au Théâtre Les Déchargeurs
"La Magie de l'argent" au Théâtre Aleph
"La vie devant soi" au Théâtre de Sartrouville
"G.R.AI.N. - Histoire de fous" à la Manufacture des Abbesses
"Evita - Le destin fou d'Evita Peron" au Théâtre de Poche-Montparnasse
et la chronique des spectacles à l'affiche en novembre

Expositions avec :

"Kiki Smith" à la Monnaie de Paris

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Les Eblouis" de Sarah Suco
la chronique des films à l'affiche en octobre
et la chronique des films à l'affiche en novembre

Lecture avec :

"L'affaire Lord Spenser" de Flynn Berry
"La curée d'après le roman d'Emile Zola" de Cédric Simon & Eric Stainer
"Les faire taire" de Ronan Farrow
"Mondes en guerre tome 2, l'âge classique" de Hervé Drévillon
"Résistante" de Jacqueline Fleury Marié
"Une histoire de France tome 1, La dalle rouge" de Michel Onfray, Thomas Kotlarek & JEF
et toujours :
"Profession romancier" de Haruki Murakami
"Feel good" de Thomas Gunzig
"Histoire mondiale de la guerre froide (1890-1991)" de Odd Arne Westad
"L'avenir de la planète commence dans notre assiette" de Jonathan Safran Foer
"L'écho du temps" de Kevin Powers
"Psychotique" de Jacques Mathis & Sylvain Dorange
"Une famille presque normale" de M T Edvardsson

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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