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Interview  (Paris)  mai 2007

Je suis paumé quelque part dans l’Eure et Loir, sous un déluge biblique, revenant d’un énième pont du mois de mai quand je reçois un texto du boss : "Interview Interpol demain, tu peux ?". Euh oui, mais j’ai pas écouté le disque… Tu viens demain à la maison avant d’y aller… OK… après une écoute rapide sur les enceintes du PC, direction l’hôtel où se déroule la promo…

Sur le coup, j’ai pas fait gaffe au nom de la rue : Rue de la Paix, un nom qui ferait briller les yeux de n’importe quelle tasspé parisienne en admiration devant les belles boutiques… Pour moi, le provincial exilé, la Rue de la Paix, c’est une rue du Monopoly qui coût cher, après…

Je débarque donc Rue de la Paix. Tout à fait le genre de rue où je ne me sens pas trop à l’aise… Je trouve le Park Hyatt et je commence sérieusement à me demander si il n’y a pas erreur… C’est ultra classe, la moquette est aussi épaisse qu’un futon et les gens du personnel sont prévenants, nombreux et tous beaux… Pas très rock’r’roll cet endroit.

Après un café crème (offert, mais j’imagine le prix indécent…), direction la chambre ou m’attendent Daniel Kessler et Carlos D, qui arbore désormais une magnifique moustache et a troqué sa coupe mi-longue pour des frisottis plus courts.

Discussion autour de Our Love To Admire, prochain album du groupe à paraître sur la major Capitol en juillet. Rencontre avec des garçons qui ne doutent de pas grand chose…

En dix années d’existence vous vous apprêtez à sortir seulement votre troisième disque… Cela va faire trois ans que vous avez sorti "Antics", qui a assis votre succès, et les rumeurs ont circulé sur la pause que vous vous seriez accordée. Certains ont même parlé de séparation. Pouvez vous expliquez comment vous avez vécu ces trois dernières années ?

Daniel Kessler : Oh oui, nous nous sommes séparé 4 fois…( sarcastique)

Je n’ai pas parlé de séparation, juste de pause, un hiatus…

Daniel Kessler : C’est un mot qui est beaucoup utilisé dans le milieu du rock… En fait on a juste pris trois mois pour souffler, voilà. Sur le fait que ce soit seulement notre troisième disque, nous avons sorti notre premier disque en 2002… Nous l’avions composé en 2001, passé pas mal de temps à faire des concerts à New York, envoyé nos démos à pas mal de maisons de disques, mais tout le monde s’en foutait. A cette époque, personne n’en avait rien à faire d’Interpol.

Même Matador (ndlr : label qui publiera "Turn On The Bright Lights" plus tard) nous rembarrera trois fois… Nous étions là avant les Strokes, et tout le monde n’avait d’yeux que pour eux à la sortie de leur premier disque. Donc 2002 - 2007, trois disques, on est dans la moyenne. On a sorti "Antics" en 2004, tourné jusqu’en 2005, sans parler de la promo, pris trois mois pour souffler, repris les chemins des studios en 2006… Tu vois on est quand même pas des branleurs !!!!!!! (rires)

Vous avez l’impression qu’on vous attend au tournant avec ce troisième disque ? Comment vous avez géré l’enthousiasme général pour "Antics" ? C’est l’éternel problème de la pression…

Ils se marrent …

Daniel Kessler : Le fait d’être toujours en tournée, d’être loin de chez nous, ça nous évite de nous demander ce que les gens pensent… On ne pense pas en terme de "ce qu’attendent les gens", on écrit des chansons. C’est un processus, voir les choses avancer dans le bon sens. Quitter une séance de répétition et se dire que le morceau prend la direction souhaitée, c’est gratifiant… On ne se soucie guère des attentes des autres…

C’est une vie grisante, on est dans notre bulle… Et puis comme j’expliquais, nous avons du tellement faire face à l’indifférence des gens à nos débuts que nous ne nous soucions guère de ce que vont penser les maisons de disques… On ne calcule pas, on pense surtout à se faire plaisir… Quand un gars compose seul, quand tout repose sur ses épaules, c’est différent… Nous sommes quatre et nous pensons surtout à nous faire plaisir.

Sur "Our Love To Admire", on sent que vous avez trouvé une cohérence sonore, plus personnelle… Avez-vous cette impression ? C’est rassurant après avoir été assimilé à une copie plus joviale de Joy Division ?

Carlos D : Il faudrait encore que l’on soit d’accord avec ce que les journalistes écrivent sur nos soi-disant références… Nous n’avions pas à nous affranchir de telle ou telle référence. Nous avions à cœur de garder la manière de composer que nous avons toujours eue, que les chansons sonnent comme les chansons d’Interpol ont toujours sonné. (donc une version light de Joy Divison Carlos !!!! NDR). C’était important, et ça a largement contribué à éclipser les questions du style "que va-t-on penser de nous ?". Il n’y a pas eu de changement sur ce point, si ce n’est que nous avons grandi, évolué.

Vous donnez l’impression d’être plus confiant maintenant, mais à l’époque des comparaisons avec Joy Divison, vous réagissiez comment ?

Tous les deux ; surpris !!!!

Daniel Kessler : On se disait qu’avec le temps, les gens verraient… les gens ont toujours besoin de raccrocher un nouveau groupe à telle ou telle référence… Nous savons d’où nous venons, nous connaissons notre histoire… Nous nous disions que ces comparaisons n’étaient pas intéressantes, que les gens aient tort ou raison… Nous pensions que nous sortirions d’autres albums, que les gens auraient le temps de se faire leur propre opinion. Ce disque ("Our Love To Admire") montre que nous avons progressé sur la composition, les arrangements. Nous avons poussé nos limites sur ce disque, mais cela sonne malgré tout comme du Interpol.

D’ailleurs "Our Love To Admire" est très arrangé…

Daniel Kessler : C’est un peu facile à faire comme remarque…

????????????????? C’est un fait, non ????????????????

Daniel Kessler : Cela vient surtout de la manière dont nous avons écrit les morceaux. Sur ce disque, nous avons utilisé un séquenceur. Au fur et à mesure, nous nous sommes intéressés à toutes les possibilités qui s’offraient à nous. Nous avons voulu repousser nos limites, faire comme bon nous semblait, et non nous préoccuper de comment on voulait que nous sonnions… On essayait un truc, on se disait, ouha c’est terrible et hop dans la boîte. "Pionneer To The Falls" a été enregistré dans cet état d’esprit.

Vous avez toujours envisagé la composition comme atelier de création collective, vous avez abordé ce disque de la même manière ?

Carlos D : On a toujours fonctionné comme cela, donc…

Il n’y a que les paroles qui restent l’apanage de Paul.

Carlos D : Paul est un poète, pas les autres membres du groupe. C’est lui qui a le talent pour trouver des images, des métaphores. Cela fait des années que Paul écrit donc… Cela serait mal venu que nous intervenions au niveau des paroles. Et puis Paul a cette autre qualité : la manière dont il pose sa voix, trouve une ligne mélodique… On le connaît tellement que maintenant on est capable d’anticiper la manière dont il va se frayer un chemin dans la musique et la mélodie… Il a toujours le bon mot, même si ça fait onze heures qu’on bosse sur un truc, il sortira un truc de qualité… Il a toujours 20/20…

Paul n’est pas là, mais il semble affectionner les métaphores et les images peu évidentes… Vous pouvez nous en dire un peu plus ?

Daniel Kessler : C’est le jardin secret de Paul… C’est un poète. Il a beaucoup d’aisance avec les mots.

Quel est votre rapport à la France ? Je me rappelle de vos premières armes à la Route Du Rock à Saint Malo. Vous débarquiez de nulle part mais ce concert est resté dans les mémoires…

Carlos D : Oh bien sûr, on n’oublie jamais les premières fois (rires)… Elle était…

Daniel Kessler : A l’époque on arrivait à peine à remplir un club de taille moyenne à New York et là on s’est retrouvé face à 6 000 personnes. Nous avons été surpris par l’accueil chaleureux du public qui était très enthousiaste et réactif face à un groupe qui sortait un peu de nulle part… C’était un bon concert, et ça a fait avancer les choses positivement pour la suite de notre carrière.

Carlos, A l’époque de la sortie d’"Antics", tu faisais part de tes projets de compositions de musique de film. As tu eu le temps de t’y mettre depuis ?

Carlos D : Oui. J’ai d’abord mis pas mal de temps à me demander comment j’allais m’y prendre mais ça y est. J’ai un manager et j’ai récemment travaillé avec HBO. Mais la priorité restait le groupe donc. En ce moment je travaille sur un version orchestrée de "Pioneer To The Falls", que nous sortirons en face B. C’est la voix de Paul avec un orchestre symphonique. J’ai aussi produit un court métrage.

Sur votre site, il y a une joli montagne, qui laisse présager de belles ambiances bucoliques… S’agit-il de la pochette de votre prochain album ? Fini les pochettes austères ??

Daniel Kessler : C’est un concept… Tu verras la pochette. Elle risque de choquer certaines personnes… Mais bon, pour le moment on ne peut pas trop en parler…

 

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En savoir plus :

Le site officiel d'Interpol


        
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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
"Why me ? why not" de Liam Gallagher
"Les disques dans notre vide poche" le podcast #1 de Listen in Bed
"Drive" le premier mix de Listen in Bed
"Mademoiselle in New York" de Lucienne Renaudin Vary
"Still life : A tribute to Philip Glass" de Maud Geffray
"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
"De quoi je me mêle !" au Théâtre Athénée
"On est mal Macron, on est mal" au Théâtre des Deux Anes
"Looking for Beethoven" au Théâtre Le Ranelagh
des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
"Anna Karénine" au Théâtre de la Contrescarpe
"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
"La Convivialité" au Théâtre Tristan Bernard
"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
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"Une leçon d'Histoire de France : de 1515 au Roi Soleil" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Vipère au poing" au Théâtre du Gymnase
et la chronique des spectacles à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
"Balzac & Granville, une fantaisie mordante" à la Maison de Balzac

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
"Little Monsters" de Nicolas
"Les Chemins de la haute ville" de Nicolas
la chronique des films de septembre
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann
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"De pierre et d'os" de Bérengère Cournut
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"Les furtifs" de Alain Damasio
"Lost man" de Jane Harper
"Vers une nouvelle guerre scolaire" de Philippe Champy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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