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La Maroquinerie  (Paris)  17 et 18 juillet 2007

Animal Collective ou l’art de prendre son monde à contre-pied.

Pour ces deux soirs à la Maroquinerie, on attendait des new-yorkais deux sets radicalement différents. Pourtant, au dernier titre près, la setlist s’est avérée rigoureusement identique. Le plus surprenant dans l’histoire fut presque ce switch opéré entre Gravenhurst et Sébastien Schuller le deuxième soir …

On attendait également des extraits de Strawberry Jam leur nouvel album à paraître en septembre. Au lieu de quoi les américains ont assené une ribambelle de nouvelles compositions dont la majorité ne figurera même pas sur ce nouvel opus. Et pourtant, dieu que ces deux show furent époustouflants. Dantesques parfois. Intenses aussi.

Pour cette tournée estivale, Animal Collective se présente sous la forme d’un trio : Avey Tare, Panda Bear et The Geologist. Sans Deakin donc. Encerclée par les amplis des retours, la scène se voit tapissée de câbles, de pédales d’effets, de toms, de samplers et de cymbales en tous genre. Et pas la moindre guitare à l’horizon. De quoi laisser augurer une prestation hors norme.

Au sein du collectif, les tâches semblent fort bien réparties. Lampe de spéléologue vissée sur la tête, le - bien nommé - Geologist se met en quatre derrière ses machines pour étoffer l’écrin de ses camarades. A Panda Bear la charge des percussions, de samplers additionnels et occasionnellement du chant , quasi pop et du meilleur effet. Au travers d’une kyrielle d’effets, les murmures ou les cris d’Avey Tare se voient transformés en incantations tribales rythmant la prestation, donnant littéralement corps aux morceaux.

Pléthore de nouveaux titres donc d’où n’émergeront que "Who Could Win A Rabbit ?" et "Loch Raven". Entrecoupés de longues séquences planantes avant un final ahurissant et totalement déjanté. Le matériel demeure certes majoritairement inédit, mais la marque de fabrique, entre percussions et chant prépondérants reste identique. En plus électronique toutefois. Animal Collective ou l’art de réconcilier les fans de pop psyché, d’électro et de folk au sein d’un inclassable laboratoire d’expérimentation.

Amusant enfin de constater entre les deux prestations à quel point la part d’improvisation semble réduite au minimum. Alors oui, ils n’ont pas joué "The Purple Bottle" ou encore "Grass" ? La belle affaire …

Le premier soir, les fans hardcore semblent goûter avec retenue aux délires du trio. Le lendemain, un public peut-être moins connaisseur se fera embarquer, réagissant au quart de seconde, se lançant dans des transes magnifiques à la moindre injonction des musiciens. Il faut cependant avouer que dans les deux cas, une frange des spectateurs restera disons … circonspecte devant le spectacle proposé.

Voir Animal Collective en concert relève de l’expérience primale, source de libération d’une énergie quasi bestiale. Laissant ressortir des instincts habituellement enfouis. Rappelant dans l’esprit les inénarrables congolais de Konono N°1. Seule véritable concession aux spectateurs : "Leaf House" en clôture du premier soir et l’épileptique "We Tigers" le lendemain.

Définitivement, Animal Collective s’affirme chaque jour davantage comme une formation complexe, radicale, sans cesse en mouvement. Préférant voir ses fans s’attacher à une démarche plutôt qu’à des chansons. Avis aux amateurs, on murmure déjà qu’ils reviendraient à l’automne …

Histoire de défendre Strawberry Jam ?

 

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En savoir plus :

Animal Collective sur MySpace


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# 7 mars 2010 : La France a peur ...

34 ans après cette célèbre phrase de Roger Gicquel, qui vient de nous quitter, la France n'est pas forcément dans un meilleur état aujourd'hui. Mais comme il le disait aussi, ne nous laissons pas abandonner à ce sentiment ! Alors filons sans plus attendre vers le sommaire de la semaine, riche en musique et en théâtre, entre autres :

Côté musique :

"Yayaya" de Eldia,
"The Magician's Private Library" de Holly Miranda,
"El Turista" de Josh Rouse,
"Heartland" de Owen Pallett,
"Tourist History" de Two Door Cinema Club,
Erin McKeown en interview revient sur "Hundreds of Lions" son nouvel album accompagnée d'une jolie session acoustique.
Le festival des Nuits de L'alligator avec :
Hell's Kitchen Bob Log III et Mustang le lundi à la Maroquinerie,
Honkeyfinger, The Agitator, Asaf Avidan & the Mojos et Vieux Farka Touré le mardi à la Maroquinerie,
Triggerfinger, Radio Moscow et James Chance & les Contorsions le mercredi à la Maroquinerie,
Eldia, Jeremy Jay et Josh T. Pearson le jeudi à la Flèche d'Or,
Iswhat? et Dustaphonics le vendredi à la Maroquinerie,
Clues, Turner Cody et She Keeps Bees le samedi à la Maroquinerie,
et Henry's Funeral Shoes, Honkeyfinger et Bob Log III à la Péniche de Lille
et 30 Seconds to Mars et Street Drum Corps à l'Aéronef de Lille,
Une session acoustique de James Levy, actuellement en tournée en France

Au théâtre :

"Les fausses confidences" au Théâtre de la Commune
"Prosper et George" au Théâtre Le Lucernaire
"Troubles" à la Maison des Métallos
"Los demonios " au Vingtième Théâtre
"Maelström excrémentiel" au Théâtre Les Déchargeurs
"Dysmopolis" à La Loge
"Méliès, cabaret magique" au Théâtre de la Vieille Grille
"The telephone ou l'amour à trois..." au Théâtre Les Déchargeurs
des reprises à ne pas rater :
"O Carmen" au Théâtre du Rond Point

"Un inconvénient majeur sur l'échelle des valeurs" au Théâtre Paris Villette

Lecture avec :

"Dérive" de Isabelle Garna
"Perdu en chemin" de Ruth Kluger
"Eternels instants" de Edgar Kosma

Expositions avec :

"Frédéric Chopin - La Note bleue" au Musée de la Vie Romantique
et toujours à l'affiche "elles@centre pompidou, artistes femmes dans les collections du Musée National d'Art Moderne" au Centre Pompidou

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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