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Interview  (Paris)  13 juillet 2007

Quelques minutes avant une Froggy's Session que vous pourrez écouter en bas de cette entrevue, les My Concubine nous rejoignent en fin d'après midi dans une brasserie calme.

Pour parler un peu de ce groupe français trop discret auteur du très réussi Les belles manières et qui manie la langue française avec délicatesse et subtilité.

Rencontre avec Eric, Blanche et Serge.


Comme c’est la première interview que l’on fait sur Froggy’s Delight, on pourrait faire une sorte de flashback : le pedigree du groupe, l’évolution, les débuts, les premiers albums, comment tout cela a commencé ?

Eric Falce : D’où ? De Londres déjà, où on s’est rencontré avec Pascale Kendall et où on a eu l’opportunité d’enregistrer quelques titres. Quelques titres qui ont fait un petit album, pas vraiment connu et pas commercialisé véritablement. Mais sur cet album, Le Mouv’ avait repéré un titre qui s’appelait « Trois petits singes » et qui a été joué chez les Indés, par Bruno Lorenzi qui a créée cette émission. Et ça nous a donné le goût de continuer. C’était en 2000. Ca nous rajeunit un petit peu. (RIRES). Et puis ensuite un autre album, La Tangente, qui a été enregistré en France. Il a eu un bon accueil. A l’époque, on ne faisait pas de scène, donc l’album a été défendu principalement par des radios. Il a même filé sur Europe1, chez Ruquier. C’est anecdotique mais c’est sympa, un peu sur Fip, …

C’est vrai que l’on y prend goût, parce que plus on fait d’albums, plus on se dit ce n’est pas encore celui-là, c’est pour le prochain qui sera encore mieux. Et tout ça, pour aboutir à ce troisième album. Entre temps, j’ai rencontré Yann Arnaud pour faire un mixage nouveau pour un clip d’un ancien album. Le courant est passé tout de suite. Alors on a envisagé de faire un autre album ensemble. Ca s’est fait gentiment et sûrement, avec une véritable complicité entre lui et moi. Ca s’est appelé "Les Belles Manières" et je crois que c’est lui qui m’avait suggéré de l’appeler comme ça d’ailleurs. C’est tiré d’une chanson existante puisque c’est " Les Belles manières de Nadine sur l’album". C’est résumé très très vite.

Entre temps, j’ai fait une grande parenthèse : nous avons changé. Puisque Pascale, pour des raisons personnelles, a préféré arrêter là, mais nous sommes en très bons termes, il n’y a pas de problème. Elle nous soutient, elle nous accompagne et c’est Pascale qui m’a présenté Blanche. Pascale me dit un jour : "Ecoute, je connais Blanche, c’est super, elle va faire des chœurs sur l’album". Alors elle est venue.

Blanche : Oui. En fait, Eric était ami avec mon oncle Christian : ils ont fait du rock ensemble. C’est un peu une histoire de famille.

Eric Falce : On s’était un peu perdus de vue et puis c’est par le biais de Pascale que je retrouve Blanche. Ce qui est marrant, Pascale et Blanche ont à peu près les mêmes registres de voix.

Blanche : La même tonalité, mezzo-soprano toutes les deux. On a un timbre qui est assez proche. Pascale m’a permis de faire ça. Moi, je fais de la musique depuis longtemps. Je fais du rock, j’étais dans plusieurs groupes avant. On s’est dit que l’on s’entendait bien, que l’on se marrait bien alors on a joué ensemble.

Eric Falce : Surtout que la première fois que l’on s’est vu, elle est venue faire les chœurs sur le titre « le syndrome de Gilles » et je l’ai insultée pendant toute la session. C’était sympa comme première rencontre. Elle me disait I love you, je trouvai cela vraiment charmant. Et ensuite, pour la line up pour en parler parce que ça a changé depuis le deuxième album, le batteur s’appelle Peter Blasberg. Serge Rogalski est venu nous rejoindre. Au départ, My Concubine, c’était deux trois personnes, mais pas de scène donc on pouvait s’en contenter. Là, vraiment, on est six sur scène. On a eu le bonheur de voir Fred Jimenez qui est venu nous rejoindre dernièrement avec qui on s’est super bien entendu.

Avant cet album, il y a eu la Tangente, également sur Happyhome Record, c'est ton label pesonnel ?

Eric Falce : C’est le label du groupe. Lorsque j’ai trouvé un distributeur et je le remercie encore, en la personne de Patrick chez Nocturne, lui voulait traiter avec une personne morale, alors j’ai fait un label mais pour les pures mesures du groupe parce que je ne me vois pas, dans le contexte actuel, signer d’autres personnes. Pour la petite histoire, au tout début je faisais des petites chansons chez moi le soir et pour ne pas déranger ma toute petite fille qui dormait, je jouais tout doucement mais ça donnait du bonheur dans toute la maison quand même. J’ai trouvé ça sympa alors j’ai dit Happyhome Record.

Mais quelle est la différence entre autoproduction et travailler sur un label sans structure ?

Eric Falce : La différence, je dirais que c’est un problème d’échelle. Quand on a fait le premier album, c’était de l’autoproduction. On n’est pas distribué, on fait avec nos propres finances, il n’y a pas de structure juridique, il n’y a pas de distributeur, il n’y a pas de grosse logistique. Après avoir fait des demandes de subvention, des demandes d’organisation, de paperasseries, on sort de l’autoproduction pure et simple pour aller sur des petits labels indé.

Les petits labels indé naissent comme ça : c’est un groupe qui fait son label, ça marche un petit peu et puis, il a signé les copains. C’est ça la différence assez ténue entre l’autoproduction à proprement parler et le label indé. Par contre, ça me fait rire parce que l’on parle de certains labels indé mais qui, pour moi, sont aussi gros que certaines majors parce qu’ils ont quand même les reins solides.

Toujours concernant cette histoire de label pour en finir, c’est une volonté aussi quelque part cette autoproduction, ou autolabel peu importe, ou bien il y a eu avant une démarche à un moment de signer dans un autre label ?

Eric Falce : Pas encore. Il y a des pistes maintenant. Au tout début, lorsque l’on a fait le premier album, on n’a pas cherché, déjà on n’en était pas vraiment satisfait. Le deuxième, la tangente, j’ai cherché plutôt un distributeur parce que le produit était déjà fait. Le contexte était plus difficile. Pour le prochain, on a des pistes.

En tout cas, il y a une vraie évolution parce que le premier album est vraiment une autoproduction pure et dure, le deuxième une distribution donc on s’oriente vers un petit label indé et là, on a eu des subventions miraculeusement parce que c’est très difficile d’en obtenir.

Je ne cours pas après les subventions mais on me l’a tellement suggéré. Parce que je ne courrais pas après, peut-être qu’elles sont tombées du ciel. La première fois que j’ai demandé, c’est tombé. Maintenant, on en demande un petit peu pour le clip, ça tombe.

Passer d’un groupe de studio à un groupe de scène, ça vient comment ? Il y a un déclencheur : le fait d’avoir un groupe plus conséquent ?

Eric Falce : Le fait d’avoir déjà ce produit avec des subventions, une mise en place, une logistique, on s’est dit maintenant il faut le défendre parce qu’on l’aime vraiment. C’est vrai que parfois les gens renient. Moi, je ne renie pas : il y a plein de morceaux sur l’autre album que j’adore. Même si je ne les ferai pas de la même manière aujourd’hui. C’est vrai peut-être qu’à l’époque les gens qui m’entouraient avec Pascale, c’était une alchimie bizarre et ça a changé.

Blanche : Là, on a une bonne énergie. Entre nous, on s’amuse bien aussi, donc on s’amuse sur scène.

Eric Falce : Parfois Serge venait chez moi pour répéter. J’apprends vraiment avec eux ce que veut dire "jouer". Pourquoi ça s’appelle jouer ? Parce que c’est vraiment un jeu, parce que l’on s’amuse. Quand on sort de scène ou de répétition, on a oublié un peu.

Maintenant, c’est un vrai groupe derrière les instruments donc, et plus seulement un groupe qui se cache derrière une pochette de disque élégante…

Eric Falce : C’est Jean-Michel Tixier qui a fait le concept de la pochette, que j’ai rencontré par le biais de l’attaché de presse de l’époque qui me l’a présenté et ça a collé tout de suite. Parfois, on prend un verre et on sent tout de suite si ça va passer. On a parlé cinéma pendant deux trois heures et on avait vraiment les mêmes affinités. Il a compris l’album, il a compris ce qu’il fallait retirer de tout ça. Il en a fait la synthèse en mettant sur la pochette quelques illustrations. J’aime beaucoup son style, son trait. Si tout va bien, je croise les doigts, c’est lui qui devrait réaliser le clip.

Et le clip ce sera quoi ?

Eric Falce : Le clip, ce sera Classe tous risques. Ce n’est pas facile de choisir même pour la radio. C’est délicat parce que les gens poussent certaines préférences. Moi, les morceaux que je préfère ne sont pas des morceaux radiophoniques : La Retenue, le Syndrome de Gilles et Les Sales Eaux de la Seine qui ne sont pas forcément formater pour. On passe sur FIP, sur des radio de la fera rock mais il faut ferrailler dur.

Sur scène, c’est soudé. Sur la composition, ça se passe comment ?

Eric Falce : Jusqu’à présent, c’était moi. J’ai dit tout de suite aux gens qui m’entourent que j’étais tout à fait ouvert à toute proposition. De toute façon, concernant les arrangements pour la scène, Serge est venu aussi avec ses idées. Il ya des morceaux qu’il faut revisiter sur scène pour la voix parce que Blanche ne chante pas exactement comme Pascale. Tout ça se passe d’une manière tellement naturelle que c’est magique. C’est ce qu’il plait aux gens dans le groupe, c’est que l’on sent cette ambiance sans tension … jusqu’à aujourd’hui ! (Rires)

L’album est sorti au mois de mai. Ce sont des chansons qui ont déjà un peu de bouteilles ou alors c’est encore en pleine actualité ?

Eric Falce : En fait, elles ont été écrites l’an dernier. Les chansons, ce sont toujours des chantiers en tête, je ne les développe qu’au dernier moment. Je fais ça dans un petit coin de la tête et ça murit tout seul. Et puis, tout à coup, on a envie de prendre les matériaux et il n’y a plus qu’à tirer, ça vient tout seul. Par contre, Yann Arnaud a été un peu surpris parce que ce n’est pas sa méthode de travail. J’avais la rythmique avec la vision déjà du titre et le voyais évoluer. Lui apportait sa couche personnelle sur le son, les arrangements aussi.

On va parler du contenu maintenant. La première question est un peu facile. On compare beaucoup votre façon de composer aux textes de Gainsbourg. C’est quelque chose de revendiquer ? Notamment dans les duos homme/femme.

Eric Falce : C’est flatteur. La première fois que j’ai entendu ça, j’étais très flatté. Toute proportion gardée, c’est un peu lourd comme comparaison parfois. Je ne le nie pas, c’est une influence dans la langue française, cette manière d’articuler les mots. Je trouve que c’est un raccourci un peu facile pour certains chroniqueurs de faire ce genre de comparaisons. En France, on met les chanteurs dans des espèces de mausolée et il ne faut plus y toucher. Par contre, je suis contre ça.

Serge Gainsbourg a ouvert la voie, Charles Trenet a ouvert des voies, Jacques Brel a ouvert la voie à d’autres choses. Personnellement, je ne mens pas, je n’ai aucun disque de Serge Gainsbourg à la maison. J’ai en province un double vinyle de vielles compilations des années début 60. On entendait Serge Gainsbourg partout sur les radios. Ce sont de très bonnes chansons.

J’étais parfois plus touché par l’authenticité d’un Jacques Brel, ça me parlait plus quand j’avais quatorze quinze ans, mais j’adorai les vieux Gainsbourg aussi. Des duos homme-femme de la pop anglaise, il y en a combien ? Il y a plein de gens qui ont fait des duos !

Enfin bon, maintenant j’assume. Ce n’est pas méchant. On aurait pu comparer à Pauline Carton et Michel Simon, d’ailleurs je l'ai mis sur MySpace ! (Rires) J’aimais beaucoup cette chanson que Michel Simon avait chantée avec Serge Gainsbourg, "Dans l’herbe tendre". C’est une très jolie chanson. D’ailleurs, à l’époque, Gainsbourg et lui l’avait chantée à moitié bourrés à la radio. Pauline Carton, c’est pour rigoler que j’ai dit ça. Si je devais donner toutes mes influences, sur MySpace je n’aurai pas assez de place.

Je crois que les influences, on les as de quinze jusqu’à vingt ans et une fois qu’on les a mangées, c’est terminé, il n’y a plus d’influences possibles. Pour moi, les influences, c’était vraiment toute la New wave anglaise. J’aime faire des chansons, j’aime qu’elles soient un peu acides. Les influences, si elles ne ressortent pas dans la chanson, elles vont ressortir dans la manière d’aborder la chanson, l’angle que l’on va lui donner. Et donc, j'aime faire le grand écart entre cette pop que l’on aime et la chanson française, parce que je me vois mal chanter en anglais.

Tu disais que le groupe s’est formé en Angleterre. Tu y as vécu ?

Eric Falce : Pascale y habitait.

Parce que My Concubine, ça aurait pu être un groupe qui chante en anglais, la musique pourrait s'y prêter ?

Eric Falce : Oui, d’autant plus que Pascale maitrise parfaitement l’anglais. Elle aurait pu avoir cette opportunité, j’aurai pu faire les traductions, elle me l’a même proposé.

On sent que les mots sont très importants..

Eric Falce : J’y apporte beaucoup d’importance. Sur les MySpaces, tout de suite, dès que c’est français, je vais faire un tour, j’écoute avec beaucoup d’intérêt parce que je trouve que c’est un vrai challenge, c’est une vraie difficulté. Je peux chanter n’importe quoi en anglais, j’aurai moins de problème parce que l’on fera plus attention à la mélodie. Je peux dire I love you. Si je le dis en français, j’aurai beaucoup de mal. Je ne le dis jamais, d’ailleurs … (Rires). Mais les mots en français, il y a plusieurs barrages. Il y a parfois des mots durs, il faut du sens, de la souplesse, il faut des images.

Justement, les mots sont importants au niveau du sens, ce sont des histoires, des ambiances. Mais les mots sont particulièrement bien choisis par rapport aux sonorités et aux mélodies qui en découlent. C’est un travail titanesque de faire ça ?

Eric Falce : Eh bien non. C’est vrai que l’on pourrait penser que c’est une longue recherche. Alors, il y a des choses, des écueils que j’évite, je préfère casser une rime plutôt que de la trouver facile. Je n’arrive pas à expliquer comment je fais ça : une petite phrase, l’idée, l’angle d’attaque, ce qui est important, c’est ce que je veux dire. Si je n’ai rien à dire, la chanson ne va pas se faire. A chaque fois, je veux que ce soit sincère. Je peux être sur scène que si vraiment, je peux dire quelque chose. Ce n’est pas une manière prétentieuse, c’est ce qui me fait bouger.

Les mots arrivent facilement, tu les jettes comme ça ?

Eric Falce : Certains arrivent tous seuls, facilement. Les mots des Sales Eaux de la Seine ne sont pas arrivés facilement. Pour la petite histoire, ce n’est pas cette musique qui aurait dû accompagner le texte. Quand on est arrivé en studio, j’avais mis cette chanson en dernier parce que je ne la sentais pas vraiment. J’ai commencé à faire tourner le truc avec les musiciens et j’ai vu que Yann faisait la gueule, vraiment. Stop, on arrête tout. On verra ça plus tard. Le soir, j’arrive chez moi, je prends la guitare.

En un quart d’heure, la chanson était refaite. Alors là, c’est le texte qui a fait la musique. Pour ce texte, cela a été un peu long, je l’ai travaillé un peu, j’avais vraiment une idée. Par contre, Botox est une chanson que j’ai écrite dans la soirée. Je veux que le texte à lire se récite tout seul."Je suis d’ailleurs" est une chanson que j’ai failli ne pas mettre sur l’album d’ailleurs. L’accompagnement me plaisait moyennement. Ce qui s’est passé, c’est que Philippe qui jouait de la basse est venu avec sa douze cordes et le petit truc qui manquait, c’était ça.

Est-ce que tu as pensé à d’autres formats que la chanson, une nouvelle … ?

Eric Falce : La chanson, c’est trois minutes. Un roman ou même un essai, c’est plus, beaucoup plus. J’aimerai bien essayer un jour mais il faudrait, comme la chanson dans la tête, que je pressente déjà la fin. Si je n’ai pas la chute, je ne peux pas commencer. Un livre, c’est pareil. J’aimerai beaucoup faire parler les personnages, …

Toujours sur Myspace, vous faites référence à François de Roubaix, Chapi Chapo, …

Blanche : François de Roubaix, on adore. C’est toute cette période de nouvelle vague, sixties, années 70…

Ca se ressent un peu dans les sonorités des claviers analogiques.

Eric Falce : Oui, c’était un studio où il y avait beaucoup de claviers analogiques et on s’est bien amusé.

Alors, il n’y a pas que des gags sur MySpace, il y a de vraies choses.

Eric Falce : François de Roubaix, c’est le premier à avoir intégré des sonorités électroniques. Ce qui me plait particulièrement chez lui, c’est le film qu’il illustre. Si on prend le Samouraï, c’est une musique qui est pour moi géniale. Ca grince, c’est en même temps lyrique. Je ne sais pas pourquoi Melville n’a pas continuer de travailler avec lui. Si on prend la musique des Aventuriers, c’est une musique qui, pour moi, est bellissimo comme disent les italiens. Ca, ce sont mes origines qui remontent ! (rires)

Cela ne vous intéresserait pas de faire de la musique de film ?

Eric Falce : Ah oui, carrément !

On peut parler de cette fameuse adaptation ?

Eric Falce : Ah ! Le fameux syndrome de Gilles. C’est mystérieux… Pour cet album, il faut remonter au premier âge. C’est un peu un album sur le temps qui passe. J’écoutais Caravan quand j’avais quatorze ans et à l’époque, j’aimais beaucoup parce que c’était une musique pleine de sève, qui faisait vraiment planer. Tout était encore facile, c’était des gens qui exploraient des domaines musicaux qui étaient inexplorés jusqu’alors.

Caravan, c’est ce que l’on appelle l’école de Canterbury, c’est Robert Wyatt, Camel, Gong. Ca me séduisait et ce morceau qui figurait sur leur album "In the land of grey and pink"» est anachronique, c’est-à-dire que c’est une petite chanson de 3 minutes alors que les autres titres font 5-6 minutes, plus un morceau de 20 minutes qui est extraordinaire. J’aimais bien le rythme : Oh I love you, je trouvais ça un peu cucu, au départ. C’est marrant parce que le rythme est très beau et c’est d’ailleurs le seul morceau que Pye Hastings a composé sur cet album alors qu’il composait toutes les musiques des autres.

Ce qui était intéressant, c’était de revenir à de vieilles sources, de se baigner là-dedans. Quand j’ai demandé l’autorisation, cela n’a pas été facile à obtenir. Quand j’ai envoyé la traduction, ils ont répondu tout de suite : c’est loin de l’esprit de la chanson. Je leur avais répondu : mais il n’y en a pas d’esprit. Depuis Rabelais jusqu’à Gainsbourg, on aime bien dire des gros mots mais la grossièreté, ce n’est pas la vulgarité. Ils m’ont dit banco, envoyez-nous la démo et on a eu l’autorisation tout de suite.

Blanche : Elle est osée mais elle est marrante. Elle n’est pas du tout vulgaire.

Eric Falce : Ce que j’ai voulu dire là-dedans, c’est parfois la difficulté de dire les choses. Il y a des gens qui n’arrivent pas à exprimer ce qu’ils ont en eux, et ça passe par une violence. C’est malheureux mais c’est comme ça.

Ces fameuses belle manières de Nadine, c’est un gag par contre ?

Eric Falce : C’est une rare chanson que l’on n’a pas encore montée sur scène. Je trouvais que la comparaison était marrante entre une dame qui est respectable, qui explique comment bien se tenir à table et la réalité de la vie. Elle est dans son truc. Il faut qu’on lui envoie l’album d’ailleurs. On lance un appel : si quelqu’un a son adresse …

Blanche : Elle a peut-être un MySpace ! (Rires)

Eric Falce : Au dernier moment, les belles manières de Nadine de Rothschild étaient devenues une évidence. C’était marrant de souligner que la vie, ce n’est pas toujours dimanche.

C’est une chanson que l’on écoute comme ça, elle est drôle, très bien pour "l’été". Pourtant, le fond n’est pas drôle finalement.

Eric Falce : Comme disait Oscar Wilde : "de sales quarts d’heure ponctués de moments exquis". C’est tout à fait bien résumé, c’est ça.

Tout l’album est comme ça, très propre et très accidenté à la fois. Botox …

Eric Falce : Botox, on pourrait croire que c’est se moquer des gens. Pas du tout ! C’est plutôt la société qui a cette aspiration à rester jeune. Cela me concerne un peu, j’ai des rides qui apparaissent. Je disais souvent à Pascale et même à Blanche qui a chanté sur les chœurs, Botox, il faut que vous le chantiez comme si c’était un nouveau Dieu. Il y a une extase dans le produit, un côté secte.

Est-ce qu’il y a quelque chose dont on n’a pas parlé et vous vous êtes dits en venant sur le chemin, il faut absolument que l’on en parle ?

Eric Falce : Les concerts. On veut défendre au maximum cet album, à Paris principalement. Le public n’est pas du tout le même en province qu’à Paris. Pour cela, j’ai rencontré un nouvel attaché de presse pour parler de cet album. En tout cas, merci pour ta chronique qui est très bien parce que cela ne doit pas être facile de parler d’un album.

My Concubine
La Surface Des Choses
My Concubine
Les Sales Eaux De La Seine

Les 2 titres ci dessus ont été enregistrés par Fabrice Delanoue lors d'une session de My Concubine spécialement pour Froggy's Delight. Ces titres ne sont bien entendu pas libre de droits et ne peuvent être diffusés ailleurs que sur Froggy's Delight sans autorisation préalable.

 

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Crédits photos : Laurent (Plus de photos sur Taste of Indie)


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# 20 octobre 2019 : De tout, pour Tous

Encore un programme bien chargé et très éclectique au travers de notre sélection culturelle hebdomadaire. Beaucoup à lire, à voir, à écouter... alors ne perdons pas de temps. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Engine of paradise" de Adam Green
"Phantom solids" de Lunt
"Fear of an acoustic planet" de Tahiti 80
"A wonder plante to" de Nilok 4tet & Daniel Zimmermann
"Six strings under" de Eric Legnini
Sarah McCoy et Dom La Nena au Nancy Jazz Pulsation
"Nothin' but" de Flyin' Saucers Gumbo Special
"Comfort zone" de Hugo Lippi
"Hors l'amour" de Jean Felzine
"A ciel ouvert" de Kaori
Rencontre avec Lady Arlette, accompagnée d'une session live et acoustique
"Vinyles, suite" c'est le titre de l'émission #3 de Listen in Bed
"Déluge" c'est le troisième volume des Mix de Listen in Bed
"Hybrid" de Yosta
et toujours :
"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Orouni en session live dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Cirque Leroux - La Nuit du Cerf" au Théâtre Libre
"Un jardin de silence" à La Scala
"Frida jambe de bois" au Théâtre de l'Union à Limoges
"Fleur de peau" au Théâtre Essaion
"Habiter le temps" au Lavoir Moderne Parisien
"Wilde - Chopin" au Théâtre Le Ranelagh
"En ce temps là l'amour..." au Théâtre des Mathurins
"Imposture posthume" au Centre Culturel Suisse
"Fred Tousch - Fée" au Théâtre de Belleville
"Corinne Zarzavatdjian - Un nom à coucher dehors !" au Mélo d'Amélie
des reprises :
"L'Ingénu" au Théâtre Le Lucernaire
"Le Crépuscule" au Théâtre de l'Epée de Bois
"J'aime Brassens" au Théâtre d'Edgar
et la chronique des spectacles déjà à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Vampires - De Dracula à Buffy" à la Cinémathèque française

Cinéma avec :

le film de la semaine :
"Au bout du monde" de Kiyoshi Kurosawa
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"Cléopâtre" de Alberto Angela
"Histoire du Canada" de Daniel de Montplaisir
"Je te suivrai en Sibérie" de Irène Frain
"La source de l'amour propre" de Toni Morrison
"Ordinary people" de Diana Evans
"Vik" de Ragnar Jonasson
et toujours :
"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Guerilla, le temps des barbares" de Laurent Obertone
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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