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Fondation Cartier  (Paris)  Du 22 juin au 28 octobre 2007

Les grandes idoles gominées des origines du rock’n roll vous semblent un peu ringardes ? Les déhanchements du King, qui ont choqué l’Amérique fut un temps, vous font doucement sourire ? Les rebelles de ces mêmes années font figure de gentils garçons face à nos bad boys actuels ?

Vous ne vous êtes alors pas suffisamment penchés sur la genèse du rock’n roll, ce courant musical apparu dans l’Amérique puritaine et conformiste des années 50 et qui fut à l’origine d’une révolution musicale planétaire certes, mais bien plus largement, d’un véritable bouleversement culturel et social.

Pour comprendre tout cela, rendez vous à la Fondation Cartier qui propose un panorama complet du genre avec l'exposition "Rock'n Roll 39/59"..

Immersion visuelle et sonore dans ce haut lieu de l’art contemporain parisien : dès le rez-de-chaussée, le visiteur est plongé dans l’Amérique des années 50, une Amérique sur laquelle est en train de souffler un vent nouveau de liberté. Pick ups, radios, jukes box, cadillac rutilante, stars de cinéma rebelles et sexuées, jeunesse avide de divertissement illustrent symboliquement cette nouvelle ère américaine qui est au cœur de l’explosion du rock’n roll. Sans oublier l’emblème fort de ce nouvel esprit de rébellion : Elvis Presley, star incontestée de l’exposition, qui lui consacre plusieurs pans de ses murs dont celui sur lequel sont disposés des portraits noirs et blanc quasiment inconnus, réalisés en 1956 par Alfred Wertheimer, photographe parvenu à saisir avec acuité toute la solitude et la beauté de l’idole.

Un film noir et blanc, "Rock 'n' Roll the early days"de Patrick Mongtomery et Pamela Page, sur grand écran nous resitue les grandes figures de l’époque. L’occasion de retrouver ou de découvrir Buddy Holly, Alan Freed, Sam Philipps, Fats Domino, Gene Vincent, etc. Un peu trop dans la pénombre de la salle, mais néanmoins pièces rares de cette expo : les guitares d’Elvis, de Buddy Holly et de Carl Perkins font se dresser avec délices l’échine de tout vrai bon amateur.

Les prémices du pop art

L’escalier qui mène au sous-sol recèle lui aussi son trésor de guerre : une douzaine d’affiches de concerts, pièces ultra prisées des collectionneurs. Ici, la notion d’héritage légué par le rock’n roll prend toute sa portée.

C’est bien avec celui-ci et ses déclinaisons visuelles d’affiches, de pochettes d’albums, que les notions de graphisme, de typographies font leurs premières apparitions. En se projetant un peu, on commence même à distinguer les contours du pop art, pourtant à l’état encore à peine embryonnaire.

Le rock'n roll, un grand révolutionnaire

Au sous-sol, le projet se veut plus historique, chronologique. L’idée est de décliner, dans ses grandes lignes car vaste sujet s’il en est pour espérer le rendre exhaustif !, la généalogie du rock’n roll. C’est dans cette seconde salle, dont la mise en lumière épurée magnifie les photos en noir et blanc simplement entourées d’un cadre blanc, que le visiteur se replace dans le contexte économique et social de l’Amérique des années 40/50 : celle des champs de coton, de la vie quotidienne rurale, mais aussi et surtout celle du puritanisme, des injustices sociales et de la ségrégation, particulièrement dans les Etats du Sud, ceux-là même qui vivront le plus fortement la révolution rock’n roll.

Des scènes qui dérangent forcément, mais pourtant criantes de ce qu’était l’Amérique sudiste. On apprend là aussi, ou on réapprend selon l’amateur ou le néophyte que vous êtes, que le rock’n roll est avant tout le fruit d’un grand melting pot aux racines noires et blanches (d’où l’adjectif " révolutionnaire " qui s’impose, resituons-nous bien dans le contexte ségrégationniste de l’époque !) : le boogie woogie, les orchestres de jazz, le rythm’n blues lui ont légué leur rythme, le gospel et la country, leur sensibilité.

Décollage fulgurant pour atterrissage funeste

La dernière partie de l’exposition se présente sous forme d’une immense fresque murale, aux agencements de couleurs vives, clin d’œil annonciateur encore ici au pop art. De 1954 à 1959, elle retrace l’âge d’or du rock’n roll à travers ses plus grandes dates tout en les jalonnant de repères historiques internationaux.

Cette œuvre graphique permet de croiser tous ceux qui ont gravité autour du mouvement : Alan Freed, le plus célèbre des disc-jokeys de l’époque ayant fortement contribué à sa diffusion sur les ondes radiophoniques (il s’agissait en réalité de rythm n’blues que les disc-jokey préfèraient appeler rock’n roll pour éviter l’allusion aux origines noires).

On sourit à la lecture de la phrase du producteur Sam Phillips qui désespérait de trouver "un blanc qui ait le son et la sensibilité d’un noir et [lui] permette de gagner un million de dollars". Son vœu est exaucé quand il tombe sur la perle Elvis. Le 5 juillet 1954, date de sortie du premier tube du king "That’s all right ", marque à jamais son empreinte dans l’histoire du rock. Avec Elvis, naît le rockabilly (" le rock’n roll des blancs ") et à sa suite toute une série de stars en devenir : Roy Orbison, Jerry Lee Lewis, Johnny Cash.

Cette ascension vertigineuse du rock’n roll commence à piquer du nez en 1959 : c’est l’année du crash de l’avion des Buddy Holly, de l’arrestation de Chuck Berry ou encore de la chute d’Allan Freed impliqué dans des affaires de corruption. Néanmoins, quoi qu’affirment depuis chaque année nombre de critiques blasés, le rock’n roll n’est pas mort.

Et la dernière tournée des Rolling Stones en 2006, considérée comme la plus lucrative de l’histoire du rock, n’est qu’un exemple parmi tant d’autres pour le prouver !

 

En savoi rplus :

Le site officiel de la Fondation Cartier


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Du côté des platines :

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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