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Interview  (Paris)  7 novembre 2007

Au printemps 2007, un nouveau lieu d'exposition ouvre ses portes à Paris, la Pinacothèque de Paris, sous l'impulsion et la direction de Marc Restellini, historien d'art.

Une ouverture qui a fait couler beaucoup d'encre comme les deux remarquables expositions qu'elle a déjà à son actif : "Roy Lichtenstein - Evolution" et "Chaïm Soutine".

Nous avons rencontré Marc Restellini qui évoque la problématique contemporaine de la muséographie et rappelle de belle manière que l'art est avant tout source d'émotions.

 

Quelles sont les circonstances qui ont présidé à la création de ce nouveau lieu et de votre direction ?

Marc Restellini : Comme je suis à un peu à l'origine du projet il semblait assez naturel qu’on m’en nomme à sa direction.

Pourquoi avez-vous souhaité créer un nouveau lieu d'exposition à Paris qui connaît déjà de nombreux lieux d'expositions et notamment de grandes institutions muséales et comment pensez-vous trouver votre niche parmi ces grands dinosaures ?

Marc Restellini : Justement parce que ce sont de grands dinosaures qui bougent difficilement. Je pense que toutes les grandes capitales souffrent d'un manque chronique de lieux d'exposition et Paris est, à cet égard, caractéristique car il n'y existe pas de lieu généraliste consacré à la présentation d'exposition généraliste à l'exception du Grand Palais qui est en fait trusté par la Direction des Musées de France et la Réunion des Musées Nationaux. Donc il n'existe pas de lieu polyvalent qui puisse accepter ou organiser des expositions qui sont un peu démarquées ou différentes.

Les musées font des expositions temporaires qui sont liées à leur spécificité et leur spécialité et cette hyper sectorisation est assez nuisible  à une approche globale qui peut être intéressante, globale, synthétique car il n'y a pas que des projets pointus En France, si votre sujet couvre deux périodes il est irréalisable car il sera scindé par exemple entre Orsay et Beaubourg ce qui est dommage notamment quand il s'agit de période de transition. Par exemple, si vous prenez l'Ecole de Paris c'est un sujet qui commence à la fin du 19ème siècle et s'arrête à la moitié du 20ème : où le met-on ? Nulle part.

Quand j'avais lancé le Musée du Luxembourg avec la collection du docteur Rau je me suis heurté à cette difficulté car ne savait pas où la présenter puisqu'elle couvrait 5 siècles de l'histoire de l'art en 100 tableaux. La logique française, du moins parisienne, impliquait son découpage. Ce qui était improbable et infaisable. D'autant que la force de cette collection tenait au fait de montrer au spectateur 5 siècles d'histoire de l'art  ce qui donnait du sens à sa présentation dans un lieu unique. De plus, l'exposition au Luxembourg relevait d'une certaine logique puisque cet endroit couvrait l'origine des premières collections nationales du moins royales. Je pense donc qu’un nouveau lieu comme la Pinacothèque de Paris est enrichissant.

Il semblerait que pour l'exposition Soutine vous avez rencontré quelques réticences de la part des institutions françaises à qui vous avez demandé le prêt d'œuvres ?

Marc Restellini : Le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, qui est dirigé par des gens intelligents, nous ont prêté comme le Musée de Bordeaux. Le Musée d'Art Moderne de Beaubourg a refusé et l'Orangerie avec Pierre Georgel, qui connaît mon travail avait accepté, mais la DMF a refusé le prêt accordé par le chef d’établissement, une semaine avant l’ouverture de l’exposition pour des raisons non scientifiques.

Quelle est votre légitimité, s'agissant d'un endroit nouveau, pour obtenir le prêt d'œuvre au même titre que des institutions qui ont déjà pignon sur rue ?

Marc Restellini : Nous n'avons pas de problème. La preuve, nous venons de réaliser la plus grande exposition Soutine de tous les temps. Il est tout à fait possible de faire des expositions importantes sans les prêts de Beaubourg ce qui démontre leur erreur cruelle de penser qu'ils sont indispensables et les seuls à pouvoir faire de grandes expositions.

Quels sont les critères qui ont présidé au choix des deux premières expositions Lichtenstein et Soutine ?

Marc Restellini : Il s'agit de deux artistes dont les œuvres n'ont pas été montrées depuis une trentaine d'années ce qui est très injuste car ce sont des artistes majeurs de grande valeur qui ont été écartés des cimaises françaises et cela sans aucune raison valable.

Pour le moment la Pinacothèque de Paris a accueilli deux expositions dont Soutine dont vous êtes le commissaire. Cela veut-il dire que la Pinacothèque va à la fois être à l'origine de certaines expositions, et en assurer par vos soins le commissariat, et par accueillir des projets extérieurs ?

Marc Restellini : Evidemment car je ne peux pas tout faire !! Et il est aussi important de montrer les expositions d’historiens de l’art étrangers de premier plan. L’exposition Lichtenstein avait été faîte par Jack Cowart et celle sur Pollock de l’année prochaine est l’œuvre de Stephen Polcari, universitaire américain important et auteur du meilleur ouvrage sur l’abstraction expressionniste américaine. Ces gens sont de grande valeur et n’ont pas souvent l’occasion de s’exprimer en France. Si la Pinacothèque peut leur en donner l’occasion, c’est évidemment très important.

S'agissant de l'espace consacré à ces expositions temporaires, il est souvent présenté ou perçu comme petit. S'agit-il de l'espace définitif ?

Marc Restellini : Je suis très étonné de ces réactions car il ne s'agit pas d'une espace petit. Au sous-sol, la salle fait 600 m² et pour Soutine l'exposition est sur deux nouveaux ce qui représente 800 m² qui représentent une surface standard. Certes il n'y a pas huit mètres sous plafond mais cinq et à titre de comparaison cette surface représente le double de la surface du Luxembourg. Et personne n'a jamais souligné que le Luxembourg était trop petit alors que le lieu est cependant minuscule. Dès lors cette problématique sur la configuration du lieu m'échappe. Pour Soutine, nous avons ajouté des cloisons mais vide l'espace est grand avec des longueurs de 35 mètres ce qui est énorme.

Quels ont été les retours en termes à la fois de visibilité des expositions et de fréquentation ?

Marc Restellini : D'ores et déjà la fréquentation pour Soutine est bonne puisque nous excédons 1 000 visites quotidiennes. Pour Lichtenstein l'exposition a très bien démarré et, bien qu'ayant subi le catastrophique mois d'août, nous avons eu environ près de 70 000 visiteurs ce qui constitue un bon chiffre pour une exposition qui durait à peine trois mois et, qui plus, une exposition de démarrage.

Quel est le programme à venir ?

Marc Restellini : La prochaine exposition en février 208 sera consacrée aux guerriers de Xi'An. Ensuite, à l'occasion du cinquantenaire de la mort de Rouault nous aurons une exposition Rouault avec des œuvres de la collection Inemitsu qui n'a jamais été montrée à Paris et qui est la plus belle collection de Rouault. Elle sera suivie par "Pollock et le chamanisme" en octobre 2008.

Vous en assurez le commissariat ?

Marc Restellini : Uniquement de celle sur Rouault car je suis administrateur de la fondation Rouault et que c'est un peintre que j'aime. J'ai déjà conçu deux rétrospectives sur Rouault, une en Suisse et une au Japon, et j'œuvre en faveur de la redécouverte de Georges Rouault d'autant que personne ne prévoit rien à l'occasion de cet anniversaire. Beaubourg va simplement faire un accrochage.

Ces expositions sont-elles destinées à voyager comme les grandes expositions internationales ?

Marc Restellini : Ce sont de grandes expositions internationales ! Lichtenstein venait d'Espagne et Soutine partira ensuite en partie au Kunstmuseum de Bâle.

Force est de constater que les chroniques des journalistes spécialisés dans la culture, et plus particulièrement les expositions d'art sont très critiques, et certaines au lieu de promouvoir la culture et inciter le public à aller voir les expositions sont totalement dissuasives.

Marc Restellini : Je constate que les critiques sont remarquables dans la  presse étrangère et peuvent être détestables en France. C'est un coup à prendre ! Je ne sais que vous répondre, hormis que la critique constructive et intelligente est très absente de la France depuis la disparition d’André Chastel. Cela étant, nous avons beaucoup de journalistes très pertinents en France et de nombreuses bonnes critiques pour Soutine.

Il est quand même étonnant de lire des critiques qui ne sont pas en relation de causalité avec le projet voire même la thématique de l'exposition qui a soutenu la démarche du commissaire. Je pense par exemple à la critique qui consiste à déplorer l'absence de toiles de Braque dans une exposition consacrée à Picasso cubiste. Qu'en pensez-vous ?

Marc Restellini : Le public sort ravi c'est ce qui compte. J'admets totalement les avis et les critiques car ce qui ne faut jamais oublier que dans le domaine de l'art tout est subjectif et que c'est le goût de chacun. Ensuite, il y a des choses qui relèvent de l'universel et qui font que bien que vous soyez chinois français ou américains quand vous regardez Notre Dame vous trouvez cela beau parce que c'est universellement beau. Pour l'exposition Soutine, face à ses tableaux, refuser une émotion me parait relever de la perversion intellectuelle. Car ces toiles sont d'une beauté absolument époustouflantes.

On peut très bien dire que l'on ne ressent pas cette émotion mais dans ce cas il faut se faire soigner car l'ensemble de ces tableaux suscite un choc relativement fort et prétendre ne pas le ressentir me paraît ressortir du refus pervers et problématique quasi théologique, façon "cachez ce sein que je ne saurais voir". Mais cela existe et c'est réveiller la vielle bataille des Horaces et des Curiates. Ce que je n'admets pas c'est que l'on me refuse le droit, en tant qu'historien d'art, de procéder à des rapprochements qui m'intéressent. J'admets la critique argumentée mais non l'interdiction car le rôle de l'historien d'art est d'analyser et de proposer des approches intellectuelles.

Il n'est pas possible de dénier à l'historien d'art le droit d'émettre des points de vue. Ensuite, ce point de vue peut être reconnu, douteux, scandaleux, soit. Avec l'accrochage de Soutine, je ne cherche rien d'autre que de montrer une émotion.  Il faut rappeler qu'une œuvre d'art est d'abord un choc émotif et émotionnel. Et ce choc ne naît pas d'un accrochage de toiles dispersées sur un fond blanc éclairées par un néon. Non ! Ce n'est, a priori, ni la mission, ni la fonction, ni la finalité d'un tableau.

Pour l'exposition Raphaël au Luxembourg, nous avions occulté les célèbres verrières et nous nous étions fait massacrés au motif que le Luxembourg c'était la verrière et que Raphaël devait être montré à la lumière du jour. Tous les Raphaël que j'avais vus,  notamment chez les particuliers, n'étaient pas exposés à la lumière du jour mais, au contraire, protégés du soleil. De plus on ne compare pas la lumière de juillet à Rome avec la lumière de Paris en février ! Et l'avantage des éclairages électriques est de pouvoir récréer la lumière adéquate. Que ce soit théâtral, certes ! C'est du théâtre, du spectacle. Pourquoi s'en priver ? Le théâtre sans décor, sans la mise en scène avec cinq sbires en costumes cravate qui disent un texte sans aucune émotion non !.

Je pense qu'il existe un vrai rendu de l'émotion de l'œuvre d'art et rappelons-nous des grandes expositions parisiennes à l'époque où de grands historiens d'art dirigeaient les musées. Les expositions, comme Vienne Berlin dont on sortait KO, n'existent plus puisque l'art est dirigé par des technocrates, plus préoccupés de leur carrière, d’une vision consensuelle ou du principe de précaution que de l’œuvre d’art qu’ils doivent servir. J’en suis atterré et je veux bien passer à mon tour pour un dinosaure archaïque mais je suis quand même un historien d'art, tel qu’on l’entendait à l’époque d'André Chastel, Kenneth  Clark et Pontus  Hulten. Nous avons une mission d'explication, de rappel de l'émotion et de confrontation du public avec l'œuvre, en émettant des choix et des opinions bien sûr.

Quelles sont les expositions récentes qui vous ont bouleversé ou qui vous ont paru remplir cette mission?

Marc Restellini : J'aurai plutôt tendance à parler des échecs que des réussites. Car on constate un nombre croissant d'expositions dans lesquelles nous avons du mal à avoir un rapport émotif à l'œuvre ce qui me pose un vrai problème. Ce refus volontaire de montrer l'œuvre sous un aspect tout simplement beau, tout simplement par un éclairage et un accrochage soigné et approprié, la scénographie consistant en une mise en scène de l'œuvre.

L'exposition sur les surréalistes de Werner Spies était une exposition extrêmement intéressante, avec une somme incroyable d'œuvres, mais dont la scénographie, à mon avis, tuait l'exposition dans son essence même. La caractéristique première du mouvement surréaliste est l'anticonformisme et le refus de l'approche bourgeoise qui était plus que flagrante et la logique contestataire évidente. Or, les œuvres étaient montrées dans un décor propre et aseptisé qui était pire qu'un yaourt sortant d’une usine et on perdait énormément du message de surréalistes alors que l'ensemble des œuvres choisies était parfait.

Un autre exemple, l'exposition Matisse Picasso qui m'a révolté car le message historique était faux et les rapprochements faits entre les deux artistes, dépourvus de toute réalité, reposait sur un simple montage économique de deux artistes "vedettes". Cette exposition était mauvaise, donc choquante, et historiquement scandaleuse et trompeuse confinant au révisionnisme. Et, simultanément, s'est tenue à Chicago l'une des plus belles expositions qui m'ait été donné de voir sur Gauguin et Van Gogh qui mettait en lumière des rapprochements d'une pertinence et d'une évidence parlantes. C'était une révélation !

Les expositions réalisées à l'étranger vous semblent-elle plus pertinentes que celles conçue sen France ?

Marc Restellini : Oui. Comme par exemple l'exposition sur Fra Angelico à New York l'année dernière qui était à tomber par terre. On en sortait bouleversé et le plus simplement du monde. Nous n'avons jamais eu ça à Paris. Ce que je veux, c'est que les gens à la sortie de l'exposition soient bouleversés et aient appris quelque chose.

Votre programme de visite pour cet automne ?

Marc Restellini : Je n'ai pas encore eu le temps de voir les expositions récentes. Je vais voir prochainement Courbet et Giacometti qui semble colossal.

Donc pour le moins Courbet et Giacometti ?

Marc Restellini : Oui, quand même. Je ne veux pas mourir idiot !

 

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La chronique de l'exposition "Chaïm Soutine"
La chronique de l'exposition "Roy Lichtenstein - Evolution"

Crédits photo : DR


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