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Interview  (Paris)  novembre 2007

Ils viennent du Royaume Uni, pas d’Australie, ces Wombats. En fait, les fans et les critiques de Royaume Uni s’emballent tellement pour ce trio au style éclectique que j’appelle Indie Doo Wop qu’ils n’hésitent pas à comparer leurs origines liverpooliennes à leurs légendaires ancêtres locaux, les Beatles : le nom du groupe comporte aussi sept lettres, des mélodies, des harmonies et paroles contagieuses.

Bien que les Wombats se sont rencontrés à Liverpool’s Performing Arts Academy créée par Paul McCartney, la comparaison s’arrête là, les Beatles ayant nettement plus de personnalité et les Wombats se situant bien plus haut dans la chaîne alimentaire.

Avant leur concert à la Maroquinerie à Paris, nous avons rencontré Dan Haggis (batterie, voix et claviers) et Tord Knudsen (basse, claviers et voix), qui se prononce "Thor", pendant que Matthew Murphy (chanteur et guitare) était en train de grignoter du pain en rêvassant. Nous avons évoqué la création du groupe dans les vapeurs d’alcool, la façon dont ils sont devenus aussi populaires, leur premier album et leurs projets futurs.

La naissance des Wombats

Leurs compositions énergiques s’étalent sur quatre années de travail. Tord le bassiste est originaire de Scandinavie tandis que Dan et Murphy se sont rencontrés dans les dortoirs du Liverpool Performing Arts Academy. En effet, ce n’est pas en cours qu’ils travaillaient le plus et comme la plupart des grands groupes, ils se sont rencontrés autour de quelques pintes.

Comme Dan le résume au travers d’anecdotes à propos de soirées et de parties de cricket, "je pense que notre groupe s’est formé autour d’idées, de fêtes et d’alcool". Je me demande si tous les groupes qui se sont formés dans les écoles d’art voient les choses de la même façon mais j’imagine mal David Byrne jouer au cricket et je parie que les Gang of Four se sont rencontrés dans un groupe de lectures de jeunes marxistes.

En leur demandant pourquoi ils avaient choisi le nom d’un marsupial comme nom de groupe, je compris rapidement que ces 3 multi-instrumentistes, devenus les Wombats, que l’alcool était décidément inséparable de leur créativité musicale mais aussi d’un certain fétichisme animalier !

"Après quelques nuits un peu dans le brouillard et les vapeurs d’alcool, nous avions écrit cette chanson à propos d’une chèvre" dit Dan.
"Le jour de notre premier concert, l’organisateur nous demanda un nom, et bien sûr, nous n’en avions pas alors il nous dit de lui donner n’importe quel nom et Dan a proposé The Wombats", rajoute Tord.
"En vérité, il y avait plusieurs animaux dans la course, des chèvres, des rhinocéros … Notre première chanson s’appelait "Ode à Charles la chèvre", ça nous faisait vraiment marrer tous les 3".

De l’école de musique au top 50

Après un an un peu végétatif, les Wombats se sont remis au boulot et voilà le résultat. Le très populaire New Musical Express classait leur tube "Let’s dance to Joy Division" dans leur chart, détrônant les Hives du top single. Les Wombats ont même fait une petite tournée aux Etats-Unis dans des petits clubs et des bars et il y a fort à parier que la prochaine fois, la taille des salles aura au moins triplée.

Cette année, le groupe fut donc signé sur 14th Floor, label anglais. "On a réussi à être signé", dit Dan, "car nous avions, malgré un nombre de concerts ridicules, une base de fans déjà très active".

Leur premier album A guide to love, loss and desperation vient donc de sortir. 14th Floor est ravi de cette sortie, et se félicite d’avoir signé les Wombats grâce notamment à leur curiosité, de plus en plus rare chez les labels. D’ailleurs, peu d’autres labels étaient intéressés par les Wombats même si quelques uns les avaient approchés, suite à leur concert au SxSW à Austin en mars dernier.

Le groupe a confiance en son label dans la mesure où il leur laisse faire ce qu’ils veulent. "Le label fait part de ses envies mais c’est nous qui avons le dernier mot", dit Dan.

Indie Doo Wop, le Rock des Wombats.

Comme pour beaucoup de musiques populaires, la musique des Wombats est assez addictive avec ses mélodies faciles à retenir, ses rythmes endiablés et ses textes bien sentis. Il y a quelque chose de familier dans leur musique, un peu comme ce que l’on ressent avec la guitare des Strokes, la bass de Franz Ferdinand et parfois certains rythmiques de Forwar Russia !

Leur habilité à mélanger ces claviers, ces cordes et harmonicas à des textes sympas n’aide pas à classer clairement le groupe dans un genre ou un autre. Lorsqu’ils parlent de leurs influences, on se rend compte que le groupe s’est forgé déjà une vraie identité.

Ils jouent depuis l’âge de 15 ou 16 ans dans des groupes et leurs influences sont multiples.
"Ca !" annonce Tord alors que "Thriller" de Mickael Jackson passe en fond sonore. Dan écoutait des choses aussi différentes que Michael Jackson ou Neil Young et Fleetwood Mac. En vérité, j’écoutais pas mal de rock classique, notamment les Rolling Stones, Cream. Nous sommes également tous fans de Radiohead. J’écoutais aussi des trucs plus rudes, comme Rage Against the Machine et les Deftones".


"Ouais, j ’ai aussi eu une période black metal" renchérit Tord. "Et même une phase punk pour skater, genre No effect, Green day, et puis j’ai découvert les Radiohead norvégien, nommé Motorcycle. Ils ont vraiment été importants pour moi, car ils sont vraiment différents de tout ce qui peut se faire".

Et l’étiquette Doo wop ? Ce groupe est-il fan des Platters et des boysbands ?

"On aime bien les Beach Boys", dit Dan. Ces gars jouaient chacun dans des groupes vraiment différents avant de former les Wombats. Ils ont joué dans des groupes métal, Dan dans un trio folk (n’oublions pas que Joe Strummer avant les Clash jouait de la folk et voulait qu’on l’appelle "Woody"."

Dan, Tord et Murphy, comme les Platters, les Beatles et les Beach Boys ont une passion pour les "woooahh" et les "oooooayyoooos". Mais leur vrai talent, c’est de marier ces harmonies sur des rythmes punk, des guitares indie et une sorte de new wave électro tout droit sortie de Orchestral Manœuvre in the Dark. Si vous écoutez attentivement leur disque, vous découvrirez 30 ans de pop rock anglo américaine (et même norvégienne).

Des mots bien sentis

Au-delà de la musique, les mots sont aussi très importants. Et le travail de Murphy, l’auteur du groupe, est remarquable d’ironie et de finesse et beaucoup d’autres groupes aimeraient atteindre son niveau et n’y arriveront sans doute jamais.

Mes quelques connaissances littéraires m’ont permis de déceler quelques références à Shakespeare, utilisées avec un grand sens de l’humour dans leurs chansons.

Dans "Lost in the post", Murphy raconte un amour qui n’aurait jamais dû être. "wanted Mary Poppins, I took to King Lear". Dans "Lost th a Forest", une chanson à propos d’une soirée décevante du côté de Leeds, il chante "Am I in a scene from Midsummer night’s dream ?".

Mais Shakespeare ou pas, ces gars-là nous livrent des textes, plein d’humour noir sur une musique à la fois pop et punk et pour moi se retrouvent en bonne compagnie, avec des groupes comme The Smiths.

"Ouep" s’accordent Dan et Tord. "Notre musique est certes dansante mais quand tu écoutes les textes, c’est parfois assez noir. Sur Let’s Dance to Joy Division, c’est ce que l’on veut dire en parlant de gens qui dansent et s’éclatent sur des chansons plutôt dépressives".

"C’est à propos des gens qui dansent sur "Love will teart us apart". Ils ont eu une dure semaine, et ont besoin de cela". Certains choisissent l’alcool ou la drogue, d’autres Joy Division ou encore pourquoi pas The Wombats.

Pour eux, la musique et les paroles sont tout aussi importantes. Ils voudraient que l’on puisse écouter l’album encore et encore et découvrir à chaque fois de nouvelles choses.

Le futur des Wombats

Les Wombats sont en plein milieu d’un succès mais où vont-ils aller ?
"Nous n’avons jamais eu de but précis" dit modestement Dan. "Nous aimons vivre au jour le jour". Carpe Diem.
"On veut continuer et essayer de vivre de la musique pour de bon, on ne veut pas être une étoile filante".

Comme l’écrivait Ralph Wado Emerson à Walt Whitman après la lecture de "Leaves of Grass" : "je vous félicite pour le début d’une grande carrière"

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album A guide to love, loss and desperation de The Wombats
La chronique de l'album Beautiful people will ruin your life de The Wombats
The Wombats en concert à La Maroquinerie (1er novembre 2007)
The Wombats en concert au Festival Rock en Seine 2011 (samedi 27 août 2011)

En savoir plus :

Le site officiel de The Wombats

Crédits photos : Thomy Keat (Plus de photos sur Taste of Indie)


        
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# 23 février 2020 : Eclectisme n'est pas un gros mot

Classique, pop, rock, découvertes, artistes confirmés, comédies, drames, art moderne ou plus classique, romans et livres historiques, tout se cotoient encore dans cette nouvelle et riche édition de Froggy's Delight. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Contemporary" de Adélaide Ferrière
"Un moment musical chez les Schumann" de Cyrielle Golin & Antoine Mourias
Rencontre avec Cyril Adda, autour de on album "L'îlot" et de sa session live de 5 titres
"Beethoven : intégrale des sonates pour piano" de Fazil Say
"Happy mood !" de François Ripoche
"L'appel de la forêt" de Julien Gasc
"Satchidananda", nouveau et 11eme mix de Listen in Bed
"Song for" de Noé Huchard
"Amours, toujours !" de Smoking Joséphine
"Rêve d'un jour" de The Chocolatines
"The Bear and other stories" de The Fantasy Orchestra
"Saint Cloud" de Waxahatchee"
et toujours :
"Monolithe" de Octave Noire
"Origenes" de Sotomayor
"Perdida" de Stone Temples Pilots
"Endless voyage" de Sunflowers
"Brothers in ideals" de The Inspector Clouzo
"Come on in" de Thorbjorn Risager & The Black Tornado
"Bury the moon" de Asgeir
"The wall single" de Fontiac
"M. I. A." la 10ème émission de Listen in Bed à écouter en ligne
"Cailloux & météores" de Mira Cétii
"Ghosts" de Mokado
Frustration & The Jackson pollock au Fil de Saint Etienne

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Transmission" au Théâtre Hébertot
"Play Loud" au Théâtre La Flèche
"Satsang !" au Théâtre La Croisée des Chemins-Belleville
"Labiche Repetita" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Le Tour du théâtre en 80 minutes" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Dieu est mort. Et moi non plus j'me sens pas trop bien !" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Isabelle Vitari - Bien entourée" au Palais des Glaces
"Cabaret décadent - Revue Electrique n°25" au Cirque Electrique
"Les Amants de Varsovie" au Théâtre du Gymnase
les reprises :
"Dementia Praecox" au Théâtre Elizabeth Czerzuk
"Ruy Blas" au Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis
"Dieu, Brando et moi" au Studio Hébertot
et la chronique des spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

"Coeurs" au Musée de la Vie romantique
et la dernière ligne droite pour :
"Hans Hartung - La fabrique du geste" au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris

Cinéma avec :

"Le Cas Richard Jewell" de Clint Eatswood
"L'Etat sauvage" de David Perrault
et la chronique des films sortis en février

Lecture avec :

"Ada & Rosie" de Dorothée de Monfreid
"De rien ni de personne" de Dario Levantino
"La mémoire tyranique" de Horacio Castellanos Moya
"Santa muerte" de Ganino Iglesias
"Tout pour la patrie" de Martin Caparros
"Bon Rundstedt, le maréchal oublié" de Laurent Schang
et toujours :
"Apaiser hitler" de Tim Bouverie
"L'odysée du plastique" de Eric Loizeau
"La résurrection de Joan Ashby" de Cherise Wolas
"Les lumières de Niteroi" de Marcello Quintanilha
"Préférer l'hiver" de Aurélie Jeannin
"Ted" de Pierre Rehov et "Grand froid" de Cyril Carrère
"Undercover" de Amaryllis Fox

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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