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Interview  (Paris)  22 décembre 2007

Dans le cadre du cycle Shakespeare au Théâtre du Nord-Ouest, Christophe Jean joue le rôle d’un Petruccio atypique dans "La mégère apprivoisée" mise en scène par Cédric Grimoin, un spectacle monté par les Compagnons Comédiens.

Compagnon comédien lui-même, il y présente également un "Jules César" dont il assure la mise en scène.

Nous l’avons donc rencontré à cette occasion.

Dans le cadre du cycle Shakespeare au Théâtre du Nord-Ouest, vous jouez le rôle de Petruccio dans "La mégère apprivoisée" dont le parti pris de mise en scène divise les specatteurs.

Christophe Jean : Je tiens à préciser que dans cette pièce je suis l’acteur principal mais je ne suis pas le metteur en scène. En tant qu’acteur, je suis l’outil du metteur en scène. Ensuite, il faut transformer sa parole et son désir pour faire de beaux personnages et raconter de belles histoires dans de belles pièces. Surtout Shakespeare qui est magnifiquement bien écrit.

Le parti pris du metteur en scène Cédric Grimoin est simple et il parle ainsi de cette pièce : drôle d’histoire sur un triste sujet et drôle de sujet pour une si triste fin. Cédric Grimoin a opté pour un parti pris très fort qui, effectivement, divise les spectateurs de manière souvent radicale. Pour ceux qui n’adhèrent pas, ils se sentent un peu floués, un peu déçus. Mais pour les autres, quand les gens sont heureux cela fonctionne très bien car les gens sont surpris. Et, de ce fait, "La mégère apprivoisée" marche bien et est une des pièces phares de ce cycle.

En l’occurrence, le parti pris n’est pas de raconter un couple qui soit épique dans sa séduction tout au long de la pièce comme on pourrait l’imaginer ou vu chez Zefirelli avec de grands acteurs de notre temps. Le parti pris de Cédric Grimoin, avec moi qui joue Petruccio et avec Lisa Sans qui joue Catarina, c’est que rapidement, quand Petruccio ramène Catarina chez lui par les cheveux, il devient le premier ayatollah en Italie. Du coup, la pièce bascule dans la tragédie d’une femme qui est complètement humiliée et manipulée par un homme dont on ne connaît ni les moyens, ni, surtout, les limites.

Mon personnage fait alors très peur en devenant à la limite du monstrueux et de l’inhumain parce qu’on ne sait pas de quoi il est capable. En tout cas, on se rend compte, à la fin, qu’il est capable d’humilier Catarina à un tel point qu’elle se soumet à lui, et là, on retombe sur la morale de Shakespeare : on ne sait pas qui tient l’autre. La pièce s'achève sur un baiser qui laisse en suspens la question sans réponse que celui qui porte la culotte dans ce couple.

"La mégère apprivoisée" est un spectacle des Compagnons Comédiens. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Christophe Jean : Les Compagnons Comédiens regroupent une vingtaine de comédiens, qui ont fait des grandes écoles supérieures d’art dramatique et venant de tous les horizons, qui ont une quinzaine d’années de métier - "La mégère apprivoisée", par exemple, est mon 65ème spectacle - qui ont envie de monter des projets ensemble. Par ailleurs, nous avons créé la formule "A l’envol" qui est une master classe qui a pour finalité d’aider les jeunes comédiens et leur mettre le pied à l’étrier.

Cette master a pour objectif de donner aux apprentis comédiens, en l’espace de 6 mois, tout le matériel nécessaire à l’intégration dans le milieu professionnel, pour une cotisation de 2 400€. Nous leur proposons une formation essentiellement pragmatique pour leur permettre de faire le pont entre leur sortie d’école et la scène du théâtre où ils vont pratiquer leur métier de manière à leur donner tous les outils pratiques et toutes les clés que nous avons accumulés depuis vingt ans.

Dans le cadre des projets avez-vous une ligne théâtrale ?

Christophe Jean : Non, c’est totalement ouvert. La seule exigence est de monter un projet avec une distribution qui dépasse 10 personnes de manière à pouvoir financer un budget suffisant pour monter le projet et permettre que tous les comédiens soient rémunérés. C’est ainsi que j’ai monté "Jules César" toujours dans le cycle Shakespeare du Nord-Ouest mais avec seulement quatre cotisations. C’est le compagnon comédien qui invite les jeunes à travailler sur un de ses projets. Toutes les informations sont disponibles sur le site web des Compagnons Comédiens.

Quels sont vos projets pour 2008 ?

Christophe Jean : En janvier démarreront des auditions pour un "Tartuffe" de Molière que nous allons monter Lisa Sans et moi. Je précise que quand je suis metteur en scène j’agis sous le nom de Christophe Boudé. Cette dualité de noms ne relève pas de la préciosité mais du distinguo que je fais entre l’acteur, un peu labellisé, et un autre aspect de mon travail quand je fais de la mise en scène ou écris de la poésie ou des textes.

Pour revenir sur "La mégère apprivoisée" et "Jules César", s’agit de projets que vous souhaitez exporter ?

Christophe Jean : Les pièces de Shakespeare comportent une nombreuse distribution ce qui entraîne des coûts important notamment quand on veut organiser une tournée. Monter Shakespeare est une ambition. Je vais répondre en deux temps. Pour "La mégère apprivoisée" nous avons eu une proposition de jouer en Martinique chez la fille d’Aimé Césaire, Michèle Césaire, au Centre dramatique de Fort de France.

Et nous serions bien ravis de voir ce projet aboutir. "Jules César" est une aventure d’école et nous verrons s’il peut intéresser des producteurs. Cela étant les Compagnons comédiens nourrissent un autre projet qui est de créer des comptoirs en province c’est-à-dire de fédérer d’autres compagnons comédiens dans les grandes villes de province de manière à créer un réseau qui permettent des échanges de spectacles.

Et vos projets personnels en tant que comédien ?

Christophe Jean : Quand Christophe Boudé metteur en scène et directeur d’école travaille beaucoup, Christophe Jean travaille un peu moins. En ce moment, je joue en alternance dans deux pièces de Feydeau : dans "N’te promène donc pas toute nue" mis en scène par Rodolphe Sand à la Comédie des Trois bornes et dans "Les pavés de l’ours" mis en scène par Aymeric de Nadaillac au Théâtre des Deux Rêves".

 

En savoir plus :

Le site de la compagnie Les Compagnons Comédiens


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