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Interview  (Paris)  13 mars 2008

Camille depuis longtemps émancipé du projet Nouvelle Vague auquel elle avait prêté sa voix, on n'attendait pas forcément qu'une autre voix du projet de Marc Collin pointe le bout de ses cordes vocales sur un album aussi étonnant et intéressant que ce Weather's Coming, sorte de mélange entre la noirceur de Tom Waits et la douceur de Bjork.

Entretien trop rapide avec Phoebe Killdeer, auteure de ce bel album, pour parler de l'après Nouvelle Vague et de ce nouveau départ vers une carrière solo prometteuse.

On te connait de Nouvelle Vague essentiellement. Tu as fais des choses avant ?

Phoebe Killdeer : J'avais commencé par le hip hop, à écrire des textes surtout. Je viens de loin pour arriver là où j'en suis aujourd'hui. C'était il y a 10 ans. J'ai découvert le hip hop au Zimbabwe, j'étais partie faire une année bénévole. Je n'en avais jamais vraiment écouté et j'ai découvert ce monde en écoutant la radio là-bas. J'ai commencé à écrire des textes.

Après, je suis rentrée à Londres où j'habitais. Je sortais donc à des jam sessions, des open mic sessions. Là, j'ai rencontré des producteurs, j'ai travaillé avec eux. Petit à petit, des notes commençaient à venir. J'ai travaillé avec différents styles de musiques, à chercher le son que je voulais. J'ai fini par le trouver avec Marc Collin. Il était très ouvert et d'accord avec mes idées.

Nouvelle Vague s'intercale à quel moment, en fait ?

Phoebe Killdeer : Nouvelle Vague, très important ! Magnifique projet de Monsieur Marc Collin (ndlr : Marc Collin passe à côté de nous à ce moment là)! (Rires) En fait, mon manager avait envoyé ma démo à Marc Collin qui cherchait des chanteuses.

Je suis venue à Paris, j'ai enregistré l'album et après, on a fait la tournée. Deux ans après, il m'a dit qu'il avait beaucoup aimé la maquette, les morceaux que j'avais envoyés à l'époque et m'a proposé d'essayer de les développer.

Et c'était ces morceaux là déjà à l'époque, ceux de Weather's Coming ?

Phoebe Killdeer : Oui, il y a de vieux morceaux, il y en a des nouveaux.

Quand tu dis vieux, la période hip hop est complètement gommée là-dessus.

Phoebe Killdeer : Oui, il y a juste des morceaux qui sont vieux de 5 ans.

Nouvelle Vague t'a permis d'arriver à Paris, avec Marc. Evidemment, c'est totalement différent. Avec Nouvelle Vague, on avait quelque chose plus bossa, plus le style mais une influence très anglo-saxonne. Là, on est plus de l'autre côté de l'Atlantique. Tu te retrouves dans les deux ou ça, c'est vraiment beaucoup plus personnel finalement ? Sur MySpace, c'est marqué Australie. Tu es australienne en fait ?

Phoebe Killdeer : En fait, mes parents sont australiens et j'ai la nationalité australienne. J'ai vécu en Angleterre et un petit peu en France aussi. Je ne me sens absolument pas australienne, française ou anglaise. Je me sens un peu le mélange des trois.

C'est presque une compilation de ton travail précédent.

Phoebe Killdeer : C'est un peu un résumé de ce qui s'est passé jusqu'à présent, avec un son qui est très proche de ce que je voulais. J'avais eu l'opportunité de sortir un album il y a 5 ans, cela n'allait pas, même dans ma façon d'interpréter les choses. J'avais l'impression d'être quelque chose d'autre, cela ne venait pas du cœur ou d'un cri.

Dans Nouvelle Vague, tu n'avais pas l'impression d'être quelque chose d'autre aussi ?

Phoebe Killdeer : C'était plutôt une interprétation. Quand tu prends part à un projet de quelqu'un d'autre, cela peut être assez flexible. Je trouve que c'est magnifique parce que tu peux être très libre.

Tu as écrit les textes et les musiques ?

Phoebe Killdeer : En fait, j'ai fait des maquettes, on peut appeler cela comme ça, parce que je ne joue pas de guitare ou de piano ou d'autres instruments. J'ai posé le squelette d'un morceau, la mélodie, tous les mots. Je passe des heures à trouver les sons que je veux. Ce sont des notes, pas des accords.

Après Cédric arrive au studio, il joue les accords et amène vraiment beaucoup de lui. Je lui demande d'une certaine manière de composer, d'arriver avec ses idées.

Je suis très têtue en studio, avec les musiciens. En même temps, sans eux, l'album n'existe pas. Moi j'ai le chant, la mélodie, les idées. Je dirige l'orchestre.

J'ai vu aussi par liens interposés l'existence d'un groupe qui s'appelle True Stories. C'est toi sous un autre nom ?

Phoebe Killdeer : Oui, c'est un autre projet. C'est un projet électronique que j'ai depuis 5 ans, qui a été mis un peu sur pause. J'ai travaillé avec Nick Phillips et cela prenait du temps à se finaliser. Là, c'est 50-50.

On fait tous les deux un peu de tout. C'est quelque chose de très spécial, de très différent. J'ai toujours été quelqu'un dirigé vers la musique acoustique. Il m'a vu faire un show à Londres et il m'a demandé de travailler avec lui sur des chansons. C'est quelque chose de complètement différent encore et ça sortira plus tard.

Il y a un gros travail de production aussi qui est complètement différent de ce que peut proposer Marc Collin sur d'autres projets. C'est parce que tu avais aussi des idées très arrêtées ?

Phoebe Killdeer : On était tous les jours ensemble à le faire. Je voulais être là. Pour le mixage, je suis allée à San Francisco avec Oz Fritz. J'étais là à côté de lui. Pour moi, c'est le rêve, j'étais toujours là à dire ce que je voulais. J'avais une idée assez précise, envie de pousser les gens plus loin qu'ils pensaient pouvoir aller. Je voulais que les gens qui viennent travailler se donnent à 200%. Je crois qu'ils en sont assez contents.

Tu chantes en anglais. Evidemment, il y a des grosses influences américaines, je pense à Tom Waits que l'on retrouve sur beaucoup de morceaux. C'est quelque chose que tu revendiques ?

Phoebe Killdeer : C'est un artiste que j'écoute beaucoup, depuis l'âge de 8 ans. Quand tu es jeune; tu écoutes quelque chose, tu t'y accroches. Je suis partie, j'ai voyagé et je suis revenue aux origines. C'est comme si c'était chez moi, en fait. Obligatoirement, cela doit ressortir quelque part.

Le fait que ce soit étalé sur 5 années, on sent quand même des ambiances différentes, très jazz presque à la Madeleine Peyroux, avec une ambiance très club, et puis quelque chose de plus rock. "Never tell a lie" est quelque chose d'un peu plus différent, "Paranoïa" aussi. Deux titres presque à part par rapport à tout le reste. Cela ne t'a pas embêté au départ de faire des choses vraiment qui tranchent ?

Phoebe Killdeer : Je voulais essayer d'avoir différentes choses. Une chose que je ne voulais pas, c'est la sensation d'avoir entendu tout l'album, quand tu as écouté les trois premiers morceaux. Cela me frustre à mort. Cela peut être un projet de décrire une ambiance mais ce n'était pas ce que je voulais.

C'était plutôt d'essayer d'avoir comme quand tu vas voir un bon film ou une bonne pièce de théâtre ou un spectacle de danse et que tu traverses des émotions différentes. Cela te faire rire, puis tu pleures et à la fin, tu te sens soulager parce que tu as lâché beaucoup de choses et cela t'a vidée. Après tu peux repartir et te re-remplir. Paris Texas me fait ça, il y a des moments beaux, des moments tristes, des moments durs.

C'est ce que j'essayais de faire, c'est juste un début.

C'est ce que l'on ressent. C'est varié et il y a quand même une unité et des choses surprenantes. Dans "Somebody", on pourrait croire qu'il y a juste une voix qui termine l'album mais en fait non, il y a aussi des bruits.

Phoebe Killdeer : Complètement, on les a même rajoutés. Je me rappelle, on a passé longtemps avec Oz Fritz à trouver la bonne ambiance. Le bruit que l'on entend, c'est dans le Sacré Cœur. Lui voyage beaucoup et avait amené une valise remplie de cassettes de sons qu'il avait enregistrés. Il en avait sorti une, c'était un endroit un peu comme une église, où il y avait un peu d'écho.

Comment tu penses que les gens ressentent cet album par rapport à ta carrière précédente ? Le rapprochement avec Nouvelle Vague va plutôt t'aider à ton avis ?

Phoebe Killdeer : Je crois que les gens qui m'ont vu sur scène avec Nouvelle Vague vont faire le lien. Contrairement à l'album de Nouvelle Vague, je suis beaucoup plus dramatique et je ressemble beaucoup plus à cela.

J'ai la place de m'exprimer tandis que sur l'album Nouvelle Vague, Marc a utilisé le grain de ma voix et c'est lui qui a dirigé l'interprétation. Mais sur scène, il n'a pas le contrôle. (Rires) Je ne pense pas qu'il le veuille de toute manière.

Le live devrait être quelque chose de très différent. Pour moi, c'est un plaisir de jouer ces morceaux. Il y a un an qu'ils ont été enregistrés. J'ai l'impression d'avoir un peu évolué et que les morceaux ont eu une vie et ont grandi.

Depuis un an, tu attends que l'album sorte ou tu continues à travailler ?

Phoebe Killdeer : Je crée continuellement. Bien sûr, les idées viennent. Surtout que l'album fait 34 minutes et l'on doit faire des shows d'1 heure 1/4. Il faut venir voir le show live.(Rires)

La longueur de l'album est assez étonnante parce que c'est une musique dans laquelle il faut rentrer. En fait, c'est un album punk à la limite, c'est une volonté de ne pas bavarder sur un morceau ?

Phoebe Killdeer : J'aime bien les albums courts.

Les ambiances ne sont pas forcément très festives dessus, c'est aussi une volonté de donner une coloration particulière à l'album ou parce que c'était ton inspiration du moment ? Ce n'est pas désespéré non plus mais c'est assez noir quand même, un peu comme Tom Waits d'ailleurs.

Phoebe Killdeer : Pour moi, c'est moitié moitié plutôt et j'y ai même caché de l'ironie.

Si tu avais un ami, ton meilleur ami sans doute, qui partait à l'autre bout du monde, et que tu devais lui donné un album de ta discothèque, tu donnerais lequel pour qu'il pense à toi ?

Phoebe Killdeer : Le soundtrack de Paris-Texas.

Retrouvez Phoebe Killdeer
and the Short Straws
en Froggy's Session pour 2 titres
acoustiques en cliquant ici !

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Phobe Killdeer
Phoebe Killdeer sur Myspace

Crédits photos : Laurent Hini (plus de photos sur Taste of Indie)


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Phoebe Killdeer and the Short Straws (13 mars 2008)


# 9 août 2020 : Vacances, j'oublie tout

Il fait beau et chaud, on reste à l'ombre, on traine à la plage, mais si vous avez encore un petit moment pour jeter un oeil à Froggy's Delight, nous sommes toujours là. Voici le programme light et rafraichissant de la semaine.
petit bonus, le replay de la MAG (Mare Aux Grenouilles) numéro #1

Du côté de la musique :

"Pain olympics" de Crack Cloud
"Waiting room" de We Hate You Please Die
"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

Le compte-rendu de la 35ème édition du Festival Humour et Eau salée
et un spécial "Au Théatre ce soir dans un salon" avec les grands classiques de Barilet et Grédy :
"Peau de vache"
"Potiche"
"Folle Amanda"
"Le don d'Adèle"
"L'Or et la Paille"
et "Fleur de cactus" revisité par Michel Fau

Expositions :

en real life :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
"Voir le jour" de Marion Laine
"Le Défi du champion" de Leonardo D'Agostini
et at home avec des longs...
"2021" de Cyril Delachaux
"Les Robinsonnes" de Laurent Dussaux
"L'Ile aux femmes" de Eric Duret
"Quand j'avais 5 ans, je m'ai tué" de Jean-Claude Sussfeld
"The Storm" de Ben Sombogaart
...et des courts-métrages
"Odol Gorri" de Charlène Favier
"Poseur" de Margot Abascal

Lecture avec :

"Retour de service" de John Le Carré
"Un océan, deux mers, trois continents" de Wilfried N'Sondé
"Nous avons les mains rouges" de Jean Meckert
"Il était deux fois" de Franck Thilliez
"La goûteue d'Hitler" de Rosella Postorino
et toujours :
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Fleishman a des ennuis" de Taffy Brodesser-Akner
"Summer mélodie" de David Nicholls
"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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