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Millenium 1 - L'homme qui n'aimait pas les femmes
  (Editions Actes Sud)  parution juin 2007

Millenium ou l’effet Da Vinci code.

L'effet Dan Brown a encore frappé ! Et l'effet Dan Brown est un effet kisscool dont le succès est garanti.

En effet, premier assaut, un affichage tous azimuts, en l'espèce des judicieuses couvertures noire et rouge, annonces tonitruantes de la trilogie du siècle et buzz médiatique qui a contaminé toutes les couches du lectorat français, et mondial semble-t-il, plus vite qu'une guerre bactériologique. Et de surcroît, circonstances, malheureuses pour l'intéressé, mais terriblement efficaces en termes de promotion, circonstances que même un chargé de communication spécialisé dans l'événementiel complètement amoral n'aurait osé imaginer, l'auteur est mort quelque temps après avoir porté les manuscrits à son éditrice.

Des manuscrits qui étaient les premiers d'une saga projetée dont il affirmait qu'elle lui assurerait ses vieux jours !

Voilà bien de quoi forger un mythe et auréoler son grand œuvre inachevé d'une gloire posthume. On doit bien ça à celui qui s'est tué à la tâche pour écrire ces 1 800 pages format 14,5 x 24, et puis la reconnaissance des lecteurs, et leur tribut pécuniaire, consolera les héritiers de ce talent fauché en pleine maturité. Des héritiers qui ont d'ailleurs su surmonter leur peine pour s'engager dans une bataille judiciaire pour diminuer le nombre de parts à faire dans ce juteux gâteau.

Résultat, tout le monde, enfin les moins circonspects dont je fais hélas partie, même si je décide d'arguer d'une démarche de pure curiosité intellectuelle sur les goûts de mes semblables, achète le roman et même pour certains directement la trilogie vendue en coffret cadeau, avec en bonus l’échange d’emails entre Stieg Larsson et son éditrice, pour ne pas rater cette révélation littéraire.

Pour ma part, et pour le moment, je n'ai cédé que pour le premier tome qui m'a dissuadé d'investir dans l'acquisition des deux suivants, ce qui ne signifie pas pour autant que je renonce au masochisme de lire les deux suivants… si on me les prête ou dans un an quand ils seront enfin disponibles dans ma bibliothèque de quartier. Car il ne faut même pas mourir idiot en renonçant à lire ce que des millions de nos concitoyens planétaires ont lu.

Le second effet Da Vinci code est plus insidieux, totalement inexplicable, du moins, consciemment, par moi à ce jour, réside dans le charme, au sens magique du terme, qui agit dès les premières pages, peut être même lignes, et qui opère une dichotomie cérébrale : d'un côté, la raison qui constate le peu d'intérêt littéraire, tant en la forme qu'au fond, de l'objet et, de l'autre, une attraction fatale et irrésistible qui incite inéluctablement, inexorablement et compulsivement, le lecteur à tourner les pages et poursuivre, haletant, sa lecture jusqu'au dénouement salvateur de cette inexplicable addiction.

Après ces longs préliminaires qui, même s'ils sont nettement indicatifs, peuvent ne pas être éclairants pour ceux qui n'ont pas été victimisés par Dan Brown, venons au cœur du sujet.

"L'homme qui n'aimait pas les femmes" se classe dans le rayon roman policier et son titre, au demeurant doux euphémisme quand on découvre le sort qu'il leur réserve, oriente, pour ne pas dire dévoile, nettement le lecteur sur la personnalité de l'assassin, tueur en série de surcroît.

Le héros, homme mature menant une vie saine et méticuleux journaliste d'investigation à la Bayard bêtement piégé et injustement condamné pour diffamation, se met au vert en devenant, pour des émoluments plus que confortables gagnés même en cas d'insuccès, qu'il accepte presque à contrecoeur, un enquêteur privé pour le compte d'un riche industriel, pour qui son père avait travaillé, qui lui demande d'élucider la disparition énigmatique d'une petite nièce survenue il y a 40 ans. Enquête qu'il va mener avec une jeune fille sociopathe sous tutelle au physique atypique dotée de deux armes redoutables : le syndrome d'Asperger qui lui donne une mémoire visuelle instantanée et un talent inné pour percer les secrets informatiques.

Cette enquête se déroule sur plus de six cent pages dont la première moitié ressortit à une interminable scène d'exposition, allant, j'exagère à peine, jusqu'à la biographie détaillée de l'arbre dans lequel a été taillé une lame du parquet, à croire que, comme les feuilletonistes du 19ème siècle, l'auteur est rémunéré à la ligne. D'aucuns vous diront que c'est pour mieux camper les personnages et installer l'atmosphère. Soit. Mais l'intérêt est quand même mineur quand on n'a pas la plume de Balzac ou de Proust. Car l'écriture est certes fluide mais totalement factuelle et impersonnelle.

Il faut donc passer ce cap "atmosphérique" pour que dans la deuxième partie, tout aussi descriptivo-disgréssive, interviennent quelques brefs épisodes particulièrement violents et horribles avant le dénouement quasiment rocambolesque de l'intrigue initiale, la disparition mystérieuse parasitée par une enquête parallèle mais croisée (sic).

Sur le fond, point d'innovation mais un étonnant syncrétisme prosaïque qui utilise les lignes forces de ses homologues du polar suédois notamment leurs thématiques récurrentes, notamment la démythification du fameux modèle sociétal suédois et un passé historique mal digéré, et les panache avec des archétypes de la littérature enfantine, dont la mère de plume est également une compatriote, pour ce qui est des deux personnages principaux avec, au menu, compromissions politico-économiques, secrets de famille et assassinats de femmes sur fond d'ésotérisme biblique. La classique triade infernale, argent, sexe et pouvoir qui fait toujours marcher le monde. Et les lecteurs. CQFD.

Pour clôre cette bien longue chronique, il faut quand même citer le nom de l'auteur, puisque certains annoncent qu'il s'agit d'"une des oeuvres littéraires majeures de ce début de 21ème siècle, tous genres confondus….qui restera à jamais gravé dans notre mémoire" : il s'agit de de Stieg Larsson. Paix à son âme.

 

MM         
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# 3 août 2008 : Speciale Avignon

Après avoir été pendant un mois le plus grand théâtre du monde, Avignon redevient la Cité des Papes. Le public avait le choix entre près de 1 000 spectacles présentées par des compagnies tant françaises qu’étrangères !

Froggy’s Delight était sur place et a chroniqué des spectacles à ne pas rater s’ils passent près de chez vous !

Au sommaire,:

un petit tour d'horizon de la cuvée 2008
et les chroniques par ordre alphabétique:

Agnès Soral aimerait bien vous y voir au Théâtre Le chien qui fume
Aimer, c'est plus que vivre au Théâtre des Amants
Couple ouvert à deux battants au Théâtre de la Poulie
Electre au Théâtre des Amants
Et puis, quand le jour s'est levé, je me suis endormie... au Musée Fujak
Fédérico, l'Espagne et moi au Théâtre Le chien qui fume
Grisélidis, la catin révolutionnaire au Théâtre des Amants
Inconnu à cette adresse à la Livrée de Viviers
Isidore et la plume bleue au Théâtre La Luna
Harold et Maude au Théâtre de l'Etincelle
Hypocondriac 1er, roi de Neurasthénie au Théâtre Le Petit Chien
Jackie Star, l'élégance et la beauté au Théâtre La Luna
L’adieu de l’ombre au théâtre Le Funambule
La ballade des vaches guerrières au Théâtre La Luna
La Brasserie de l'Univers au Théâtre Le Petit Louvre
La pluie avant Croquemitaine au Théâtre Présence Pasteur
Le diable au corps au Théâtre Le Petit Louvre
L'enseigneur au Théâtre du Balcon
L'envers du décor au Théâtre La Luna
L'opération du Saint Esprit au Théâtre de l'Etincelle
Mathieu Solaire au Théâtre de la Tache d'encre
Médée Kali au Théâtre Le Funambule
Mistinguett, Madonna et moi au Théâtre La Tache d'encre
Modestes propositions… pour remédier à la trop forte croissance de la population mondiale au Théâtre La Luna
Product au Théâtre Le Petit Louvre
Propriété condamnée au Théâtre du Bourg Neuf
Rapport sur moi au Théâtre Les Halles
Riz flambé au théâtre Le Funambule
Salades d'amour à l'Hotel de la Mirande
Scaramuccia au Collège de la Salle
Scènes de la vie conjugale au Théâtre Le Petit Louvre
Te quiero au Théâtre des Amants
Toujours ensemble au Théâtre Albatros
Une nuit d'amour plus qu'un jour de gloire au Théâtre du Balcon
Vernissage au Théâtre des Vents
Vieux comme le monde au Théâtre de la Poulie
Wladislaw Polski Wold Tour 2018 au Théâtre La Tache d’encre
Zéphira, les pieds dans la poussière au Théâtre de l'Alizé

et puis "Apollinaire érotique" au Théâtre de l'Orme ...à Paris.

Côté musique, il fallait être en Espagne pour le Festival Summercase avec :

Vendredi : El Guisante Magico, We are Scientists, Edwyn Collins, Ian Brown, Whytey, Grinderman, Interpol, Blondie, Maxïmo Park, The Verve et Cornelius et Primal Scream
Samedi : Pete and the Pirates, Mishima, Peter Von Poehl, Kooks, Shout Out Louds, The Breeders, The Stranglers, Kings Of Leon, Mogwai, Sex Pistols, The Raveonettes, Kaiser Chiefs, CSS, Leila, Foals et Los Planetas

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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