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Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars
Théâtre de l'Est Parisien  (Paris)  mars 2008

Comédie dramatique écrite et mise en scène par Carole Thibaut, avec Catherine Anne, Jean-Pol Dubois et Hocine Choutri.

Un an, presque jour pour jour, après l'excellent, étonnant et poignant "Avec le couteau le pain", qu'elle présentait au Théâtre de l’Opprimé, Carole Thibaut, comédienne, metteur en scène et auteur dramatique, qui a intégré pour la saison le Théâtre de l'Est Parisien comme écrivaine engagé, y monte "Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars".

Avec ce dernier opus en date, elle poursuit son exploration, par le prisme de la névrose familiale, de la condition de la femme et de la représentation de la figure féminine au théâtre. En l'espèce, elle dénonce le tribut payé par la fille dans un environnement familial pathogène et analyse la relation ambivalente d'amour-haine de la fille oedipienne.

Après trente ans d'éloignement et de silence, la rencontre ultime du père, violent et psychorigide, et de la fille, qui a posé une chape de plomb sur le passé, reproduit, avec une violence inouie, non plus des gestes mais de la parole, la confrontation en miroir entre celui se faisait appeler DLP, dieu le père, et l'enfant rebelle, qui faisait des histoires à propos de rien.

L'écriture de Carole Thibaut, intelligente, acérée et bouleversante, qui déchire le corps et scarifie le coeur, expose toute l'ambiguité des affects pervertis et scrute le processus mental nécessaire, et douloureux, de détachement de ce qui a, en bien ou en mal, fondé l'individu et qu'elle conçoit comme un cérémonial rituel de deuil qui, pour certains, ne peut se réaliser de manière symbolique et inconsciente. Autour gravitent d'autres thématiques satellites, comme celle du pardon ou de la compassion, qui contribuent à l'intérêt et la richesse du texte.

Sur scène, dans une scénographie minimaliste, un praticable incliné blanc et un jeu subtil de lumières, et une mise en scène reposant sur le jeu de l'acteur, trois excellents comédiens portent ce huis clos à son incandescence.

Jean-Pol Dubois est excellentissime dans la maîtrise de la palette des roueries de ce monstre de bêtise et de méchanceté organique, pitoyable et pathétique, qui joue autant de l'ascendance du père que du misérabilisme du vieillard malade. Catherine Anne incarne parfaitement une terrible fille au corps meurtri et à l'âme blessée, qui n'a pu se construire ou se reconstruire, et qui porte en elle, tel un foetus nécrosé, l'enfant mortifiée qu'elle a été. Entre eux, là encore en miroir un tiers, amant de la fille, interprété avec beaucoup de finesse par Hocine Choutri.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de "Avec le couteau le pain "
L'interview de Carole Thibaut en mars 2007


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# 28 juin 2009 : Drôles de drames

Notre enfance à été bercée par ses passages télé, mais cette semaine elle s'est éteinte dans l'indifférence générale, sans pouvoir lutter, même dans la mort avec le plus grand chanteur de variété de tous les temps. Farah Fawcett est morte, il nous restera quelques mémorables épisodes de "Drôles de dames" en souvenir, à regarder entre deux hommages à Bambi, le chanteur blanc qui voulait faire de la musique noire ... ou l'inverse, je ne sais plus bien...

Mais trève d'hommage, voici le programme de cette première semaine estivale

Côté musique :

"Love gone bad" de Bad Mama Dog,
"I'm OK" de Gablé,
"God help the girl" de God Help the Girl,
"Lord Cut-Glass" de Lord Cut-Glass,
"The Atlantic Ocean" de Richard Swift,
"Oh my god, Charlie Darwin" de The Low Anthem,
"Evenfall" de Sébastien Schuller qui nous en parle en interview,
un petit Ni vus Ni connus avec les compilations War Child Heroes et Dark was the night
Berline 0.33 et Enablers à la Malterie de Lille,

Côté théâtre :

"Erase-e(X) au Théâtre des Abbesses
"Kvetch" au Théâtre Le Lucernaire
"La cruche cassée" au Théâtre 13
"Répertoire" au CNSAD
"Chaos debout " au Théâtre 13
"Le malade imaginaire" au Théâtre Le Lucernaire
"Tendre et cruel, Hercule" au CNSAD
et en reprise tout l'été "Gustave Parking - De mieux en mieux pareil" au Théâtre Trévise

Expositions avec :

"Le jardin de Monet : l'invention d'un paysage" au Musée des Impressionnismes à Giverny
le Festival International des Jardins à Chaumont-sur-Loire
L'art carcéral à la Biennale d'Art contemporain de Venise avec la France et la Suisse

Lecture avec :

"Le chant du bourreau" de Norman Mailer
le catalogue du Festival international des jardins 2009
"Vive La Peinture" par VLP
"Je suis noir et je n'aime pas le manioc" de Gaston Kelman,
"Farouche à quatre feuilles" de André Breton, Lise Deharme, Julien Gracq et Jean Tardieu,
"Laura" de Laurent Herrou,
Une interview de Erik Rémès

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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