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Shine a Light
Martin Scorsese  avril 2008

Réalisé par Martin Scorsese. USA. 2008. Avec : Mick Jagger, Keith Richards, Charlie Watts, Ronnie Wood.

Martin Scorsese est un grand réalisateur, qu’on ne présente plus. C’est aussi un fan des Rolling Stones. Leur musique émaille plusieurs de ses films : la première apparition de Robert de Niro se fait sur Jumpin’ Jack Flash dans Mean Streets en 1973 ! On retrouvera des titres dans Casino (1995), et dans Les Infiltrés (2006). De plus, Scorsese s’était déjà essayé au rockumentaire en réalisant The last Waltz en 1978 et No direction home sur Dylan en 2005.

Le groupe de rock est devenu au fil des années un véritable objet de désir pour le cinéaste qui réussit enfin à les mettre en boîte, ceci à l’occasion d’un concert de charité en 2006. Les musiciens jouent dans le Beacon Theater de New York, une salle à taille humaine (2000 personnes), loin, très loin des stades auxquels ils sont habitués. "Petite" salle, mais remplie, en plus du public, d’un dispositif cinématographique très élaboré. Pas moins de dix-sept caméras suivent les artistes sur scène ! Scorsese s’est entouré des meilleurs directeurs de la photographie (dont Robert Elswit qui a été oscarisé pour There will be blood) afin d’offrir un écrin de superbe facture aux Rolling Stones.

Avant le début du concert, on voit entre autre les préparatifs, un Mick Jagger qui fait sa diva en râlant à cause du nombre imposant de caméras qui pourraient gêner le public, le choix des morceaux à jouer, les salutations auprès de Bill Clinton qui organise le concert dans le cadre de sa fondation. Bref, toute la mise en place du show. D’un autre côté, on voit Scorsese stressé de ne pas avoir la playlist en avance, l’empêchant de prévoir la façon de filmer les musiciens. Il l’aura sa playlist, une petite minute avant le concert.

Et puis le concert commence sur les chapeaux de roue avec ... Jumpin’ Jack Flash. Une bonne vingtaine de titres vont s’enchaîner sur un rythme endiablé, Mick Jagger va jouer de son déhanchement diablement sexy malgré son âge. Keith Richards va user de gimmicks et d’humour à son habitude, épaulé par Ronnie Wood qui visiblement prend un pied monstre. Le seul qui semble endurer les choses, c’est Charlie Watts qui parfois ne cache pas sa fatigue. Trois duos viendront mettre le feu aux poudres. Jack White viendra interpréter Loving cup, Christina Aguilera, Live with me, accompagné de frottements lascifs avec Mr Jagger. Le clou du spectacle, ce sera la présence de Buddy Guy venu pour chanter Champagne and Reefer. La dernière légende vivante du blues et les rockeurs nous offriront là un grand moment de musique.

Tout ça sous la (les) caméra(s) de Scorsese qui scotche le spectateur. La lumière est splendide, on a l’impression d’être sur scène, tellement on est proche des musiciens. On sent que Scorsese souhaitait filmer plus qu’un concert : la complicité des membres du groupe semble être aussi un élément majeur de ce film. Petites conversations entre guitaristes pendant les morceaux, main à l’épaule encourageante pour le batteur, parfois des vannes acides (Jagger qui lancera un "merci les bras cassés" à l’attention de ses partenaires…). Bref, on est témoin de l’intimité des Rolling Stones sur scène, à travers des détails pas forcément visibles en tant que public.

Enfin, parfois entre deux morceaux, sont incrustées des images d’archives, sélectionnées sur plus de 400 heures (Scorsese peut remercier son monteur David Tedeschi). Ces images viennent temporiser avec humour le concert, comme des bouffées d’air frais. Une en particulier où l’on demande à un Jagger tout jeune, s'il se voit assurer sur scène lorsqu’il aura soixante ans, et répondre avec toute l’assurance crâneuse de la star de rock : "évidemment". Pari tenu !

 

Durée 2H02

En savoir plus :
Le site officiel de Shine a Light


Sabine         
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# 28 juin 2009 : Drôles de drames

Notre enfance à été bercée par ses passages télé, mais cette semaine elle s'est éteinte dans l'indifférence générale, sans pouvoir lutter, même dans la mort avec le plus grand chanteur de variété de tous les temps. Farah Fawcett est morte, il nous restera quelques mémorables épisodes de "Drôles de dames" en souvenir, à regarder entre deux hommages à Bambi, le chanteur blanc qui voulait faire de la musique noire ... ou l'inverse, je ne sais plus bien...

Mais trève d'hommage, voici le programme de cette première semaine estivale

Côté musique :

"Love gone bad" de Bad Mama Dog,
"I'm OK" de Gablé,
"God help the girl" de God Help the Girl,
"Lord Cut-Glass" de Lord Cut-Glass,
"The Atlantic Ocean" de Richard Swift,
"Oh my god, Charlie Darwin" de The Low Anthem,
"Evenfall" de Sébastien Schuller qui nous en parle en interview,
un petit Ni vus Ni connus avec les compilations War Child Heroes et Dark was the night
Berline 0.33 et Enablers à la Malterie de Lille,

Côté théâtre :

"Erase-e(X) au Théâtre des Abbesses
"Kvetch" au Théâtre Le Lucernaire
"La cruche cassée" au Théâtre 13
"Répertoire" au CNSAD
"Chaos debout " au Théâtre 13
"Le malade imaginaire" au Théâtre Le Lucernaire
"Tendre et cruel, Hercule" au CNSAD
et en reprise tout l'été "Gustave Parking - De mieux en mieux pareil" au Théâtre Trévise

Expositions avec :

"Le jardin de Monet : l'invention d'un paysage" au Musée des Impressionnismes à Giverny
le Festival International des Jardins à Chaumont-sur-Loire
L'art carcéral à la Biennale d'Art contemporain de Venise avec la France et la Suisse

Lecture avec :

"Le chant du bourreau" de Norman Mailer
le catalogue du Festival international des jardins 2009
"Vive La Peinture" par VLP
"Je suis noir et je n'aime pas le manioc" de Gaston Kelman,
"Farouche à quatre feuilles" de André Breton, Lise Deharme, Julien Gracq et Jean Tardieu,
"Laura" de Laurent Herrou,
Une interview de Erik Rémès

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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