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Interview  (Bourges)  15 avril 2008

Interviewé à l'occasion du Festival du Printemps de Bourges 2008, Federico Pellegrini des French Cowboy répond à nos questions.

Vous avez créé le label Havalina. Quels sont les projets et les sorties prévues pour ce printemps avec ce label ?

Federico Pellegrini : On a sorti notre album en octobre. Ensuite, on a commencé à bosser avec Al Foul, un gars de Tucson qu’on aime bien, une espèce de truc un peu entre Johnny Cash et rockabilly, il a une tête d’Elvis Presley. Il a enregistré des morceaux que l’on n’a toujours pas sortis. Il ne sait pas encore lesquels il veut mettre. Au départ, l’idée était de sortir un "speed single" avec lui, je ne sais pas si l’idée va se poursuivre ou pas.

Il y a deux mois, on a enregistré un disque avec une chanteuse qui s’appelle Lisa Li-lund, la sœur des frères Herman Düne. On a fait une espèce de résidence à Clermont-Ferrand. J’avais ramené cinq chansons, elle cinq aussi. En quatre jours, on les a orchestrées tous les quatre avec elle. Et là, je vais le mixer demain à Tucson. Cela va sortir le 23 juin.

Le truc, c’est qu’on est notre propre banque, on ne roule pas sur l’or donc on a des ambitions de sortir des choses, mais il faut que l’on rentre dans nos frais… On est bien entouré, on a un distributeur qui s’appelle Differ’ant, des jeunes gens avec qui on a un super rapport. On a notre tourneur qui s’appelle Super, ils sont super ! On s’est vraiment acoquinés de petites structures avec qui on peut bien parler. Ce n'est pas de la branlette, si on peut faire un truc on le fait, si on ne peut pas, on laisse tomber.

Pourquoi cette connexion particulière à Tucson ?

Federico Pellegrini : Dans notre ancien groupe, Les Little Rabbits, on a enregistré trois albums là-bas. Et notre ami Jim Waters tient le studio. A chaque fois, j’ai envie d’aller mixer avec lui. On s’amuse bien, on prend du plaisir… Je trouve qu’en plus, par rapport aux enregistrements, dès qu’on se met à les mixer, cela leur donne tout d’un coup quelque chose, ça les emmène ailleurs, on s’amuse dedans, cela les redécouvre un peu aussi… Tant que les choses continuent ainsi, il n’y a pas de raison d’aller voir ailleurs.

Je suis assez dans l’idée du "self-made band", je trouve que le mieux est de découvrir la musique que l’on a nous-mêmes et après, de trouver quelqu’un qui aide à bien la mixer et non pas à la produire. Les meilleurs producteurs sont les groupes eux-mêmes, c’est la meilleure façon de fouiller ce que l’on fait. Je suis plutôt partie prenante de commencer d’abord par "se fouiller", puis après demander à Jim de tirer cela vers le haut mais sans ajouter de "sur-prod", en restant assez fidèle à notre écriture.

Cette collaboration avec Jim Waters, c’est quelque chose qui peut durer encore longtemps ? Le projet des French Cowboy, c’est de continuer ainsi avec les mêmes membres ?

Federico Pellegrini : Oui, oui, l'album que l’on va sortir en juin avec Lisa est un peu différent. Mais le prochain album que l’on fera sous le nom des French Cowboy, celui-là, il n’est pas certain qu’il sonne pareil que le premier, il n’y a pas de plan sur la comète. Faut que cela soit tout le temps du plaisir en fait.

Mais continuer de la même façon ?

Federico Pellegrini : Oui, je trouve que dans le premier album, il y a une espèce d’ébauche, il y a vraiment à faire dedans. Le premier album est parti sur des formats assez simples, on s’est dit que musicalement, on allait tout droit, pas de solo… et puisque tout le monde devait chanter sur l’album, cela a été un peu des prémices, tout le monde chante un peu. Depuis que l’on tourne, l’ensemble du groupe a pris de la poigne en termes de chant. Donc pour le deuxième album, je trouve qu’il y aura vraiment cela à explorer, plus sur les voix pour chaque personnalité, moins vaporeux… Pour ce qui est des morceaux, j’en ai des milliards, je ne sais pas encore parmi lesquels je taperais. Je ne sais même pas si on ne va pas aussi inventer les morceaux au dernier moment… ce n’est pas décidé encore.

Avec les Little Rabbits, il y avait des morceaux en français. Maintenant vous chantez pratiquement qu'en anglais.

Federico Pellegrini : Avec les Little Rabbits, il y a quand même plusieurs albums en anglais. Quand j’ai arrêté les Rabbits, je me suis remis chez moi, j’ai re-commencé a composer à la guitare ce que je ne faisais plus avec les Little Rabbits sur les derniers albums.

J’avais ce besoin de ne pas arrêter… J’ai fait une espèce d’introspection, voir pourquoi j’avais fait de la musique, qu’est-ce que j’aimais, qu’est-ce qui m’avait donné le goût et l’envie de faire de la musique… Je me suis un peu re-penché sur les groupes que j’écoutais quand j’avais 17-18 ans, des groupes anglais ou américains. J’avais aussi beaucoup envie de chanter, je me laissais guider par ce que je trouvais comme chansons… Pour moi, chanter c’est presque tout le temps plutôt en anglais qu’en français, c’est plus ma culture d’adolescent. Ce n’est pas vraiment un choix, c’est presque d’être plus motivé, d’être "plus mélodique"… C’est cela qui a motivé le "choix" de l’anglais. Je n’ai même pas vraiment choisi, cela est venu un peu comme ça.

L’anglais vient plus naturellement…

Federico Pellegrini : Oui, sauf qu’après il faut savoir parler anglais (rires). En tout cas, pour trouver des mélodies… A mon avis, je crois que l’on a un rapport particulier en tant qu’étranger à l’anglais, on est plus dans un fantasme.

Comme source d’inspiration, la presse cite souvent Gainsbourg, cela vous énerve t-il ? Ce n’est pas trop souvent mis en avant ?

Federico Pellegrini : Non, à la rigueur quand on a sorti l’album "Rose" des Rabbits, cela pouvait s’expliquer. Après dans l’album des French Cowboy, il y a 3 morceaux en français. Il y a cette espèce de clin d’œil, je l’ai mis parce que cela me faisait rire de remplacer "Melody" par "Baby Face", je trouvais ça crétin… La chanson, elle, parle d’une espèce de vieux fantasme sur cette chanson de Gainsbourg. Au-delà de la boutade, je ne revendique pas Gainsbourg, il ne m’aide pas à écrire en français. Pour moi, c’était plutôt une anecdote.

Justement, à propos de chanteurs français, avez-vous des références, des gens qui vous aident à puiser quelque chose ?

Federico Pellegrini : Non, je n’en écoute pas tellement, je ne suis pas très curieux dans ce domaine. J’ai été un peu dégoûté depuis dix ans par les "quotas" obligatoires, des 40% de musique française qui ont fait à mon goût émerger des tas de trucs que je déteste, que je croyais enterrés, des styles musicaux qui sont vraiment issus de la tradition française, que je n’aime pas. Cela m’a un peu vacciné d’écouter de la musique en français. Et puis bon, on ne peut pas dire non plus que je sois un super gros découvreur, souvent les choses que j’écoute proviennent du bouche à oreille, de mon entourage. Ce n’est pas forcement du français.

Comment est accueillie la tournée ? Comment se passent les concerts ?

Federico Pellegrini : On a eu un premier tourneur qui s’appelle Yapucca. Depuis janvier, on a changé, le tourneur s’appelle Super, c’est une plus petite structure, on est dans une tournée très éclatée, 4-5 concerts par mois. Cela se passe bien, je trouve juste regrettable que l’on ne soit pas plus sur la route pour une période plus courte. Par moment, cela devient un peu complexe de faire 400 bornes pour faire un concert et de rentrer. Dans ce cas-là, on cherche parfois même un club ou un bar pour jouer sur la route… pour faire au moins deux concerts d’affilés. Les concerts sont bien accueillis, on est soudé en fait sur ce groupe, ce projet… On prend du plaisir, c’est peut-être aussi pour cela que c’est bien accueilli.

Les Little Rabbits, c’est vraiment fini ?

Federico Pellegrini : Oui, oui, absolument.

Les trois autres membres des French Cowboy participent également aux projets de Philippe Katerine et Les Vedettes. Ces projets arrivent-ils à cohabiter ? Les dates de concerts se confrontent-elles ?

Federico Pellegrini : On verra, depuis la fin des Rabbits, j’ai appris à m’habituer et à m’adapter. Donc s’il faut s’adapter, je m’adapterai, en fait cela ne me fait pas peur. Je sais quand Stéphane, Gaétan et Eric sont disponibles, ils sont vraiment là. C’est quand même leur projet principal, les Cowboy. S’il faut jongler par moment, sur de courtes périodes, on pourra toujours jongler, il y a toujours moyen.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de French Cowboy
Le Myspace de French Cowboy


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# 19 janvier 2020 : de De Gaulle à Rocard

Cette semaine encore beaucoup de choses à découvrir. D'un portrait de de Gaulle côté livre à l'affrontement Mitterand - Rocard au théâtre en passant par de la musique pop, classique et bien plus encore. En route pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Late night music" de Abel Orion
"Jaimalé" de Andriamad
"Everything else has gone wrong" de Bombay Bicycle Club
"Fire" de Burkingyouth
"Délie (Object de plus haute vertu d'après l'oeuvre de Maurice Scève)" de Emmanuel Tugny
"Dolci Affeti" de Ensemble Consonance & François Bazola
"Music is our mistress" de Grand Impérial Orchestra
"Vinyle, suite no 2" de Listen in Bed, émission numéro 8 à écouter
"Who are the girls ?" de Nova Twins
"When Oki meets Doki" de Okidoki
et toujours :
"Nougaro" de Babx, Thomas de Pourquery et André Minvielle
"True colors" de David Bressat
"Splid" de Kvelertak
"Bach, Handel : An imaginary meeting" de Lina Tur Bonet & Dani Espasa
"My favourite things", le podcast de Listen In Bed #8
"Turn bizarre" de Livingstone
"Le musc" de Petosaure
"En voyages" de Pierre Vassiliu
"Shadow in the dark" de Tiger & the Homertons
"Caipirinha" de Tiste Cool

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Una costilla sobre la mesa" au Théâtre de la Colline avec "Padre" et "Madre"
"L'Opposition - Mitterrand vs Rocard" au Théâtre de l'Atelier
"La Sextape de Darwin" au Théâtre La Bruyère
"hélas" au Théâtre de la Tempête
"Une histoire d'amour" à La Scala
"Le K" au Théâtre Rive-Gauche
"An Iliad" au Théâtre du Rond-Point
"Elephant Man" au Théâtre Le Lucernaire
les reprises :
"Architecture" au Théâtre Les Gémeaux à Sceaux
"En couple (situation provisoire)" à La Folie Théâtre
"Les vagues, les amours, c’est pareil" au Centrequatre
"La Vie est belle" au Théâtre Le Lucernaire
"Philippe Meyer - Ma radio heureuse" au Théâtre Le Lucernaire
"Opérapiécé" au Théâtre Essaion
"Julien Cottereu - aaAhh BiBi" au Théâtre Tristan Bernard
"Marion Mezadorian - Pépites" au Pont Virgule
et la chronique des autres spectacles à l'affiche

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour :
"Mondrian figuratif au Musée Marmottan-Monet
"Vincenzo Gemito - Le sculpteur de l'âme vénitienne" au Petit Palais
"Toulouse-Lautrec résolument moderne"au Grand Palais

Cinéma avec :

"Le Réseau Shelburn" de Nicolas Guillou
Oldies but Goodies avec "Les Bostoniennes" de James Ivory dans le cadre de la rétrospective que la Cinémathtèque française consacre au réalisateur
et la chronique des sorties de janvier

Lecture avec :

"De Gaulle, portrait d'un soldat en politique" de Jean Paul Cointet
"Et toujours les forêts" de Sandrine Collette
"Lake Success" de Gary Shteyngart
"Nul si découvert" de Valérian Guillaume
"Sauf que c'étaient des enfants" de Gabrielle Tuloup
"Sugar run" de Mesha Maren
"Victime 55" de James Delargy
et toujours :
"Celle qui pleurait sous l'eau" de Niko Tackian
"Je suis le fleuve" de T.E. Grau
"La prière des oiseaux" de Chigozie Obioma
"Sang chaud" de Kim Un Su
"Un millionaire à Lisbonne" de J.R. Dos Santos

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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