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Interview  (par téléphone)  29 avril 2008

En réussissant l’exploit de gagner tous les suffrages et de s’être distingué dans les meilleurs classements des magazines musicaux de l’année 2004 avec sa première production : Gospel of Progress , Micah P Hinson s’est placé dès le début en marge des compositeurs –interprètes traditionnels. Un chant sonore qui enveloppe une mélodie raffinée, voilà sa carte de visite. Et lorsqu’on le voit, on se demande si un tel talent, qui tient du prodige, qui invente tout un monde, peut vraiment provenir d’une personne si jeune.

Ces quatre dernières années ont été intenses pour Micah P Hinson, avec deux albums qui connurent le succès : le réenregistrement de ses œuvres de jeunesse, un projet parallèle sous le nom de The Late Chord. Son prochain album qui sort en Juin Micah P Hinson and The Red Empire Orchestra est donc son troisième album sous son nom. Tout semble se passer au mieux.

Encore tout à son bonheur de s’être marié chez lui, au Texas, et transformant de ce fait, son voyage promotionnel en Europe en lune de miel, il se plia gracieusement à l’exercice de l’interview pour Froggy delight.

Et encore affligé par les problèmes de dos, qui ont assombri ces deux dernières années, pour lesquels il prend un traitement quotidien, il subit aussi un cambriolage en Espagne où il se fit voler son passeport et ses médicaments. Tous ces problèmes n’ont pas entamé sa joie de vivre et c’est avec bienveillance qu’il nous accorda quelques instants pour nous parler de son nouvel album.

Quelles sont les influences qu’on peut reconnaître dans l’esprit de votre nouvel album ?

Micah P Hinson : Et bien, John Congleton qui est plus connu comme le leader et le songwriter de The Paper Chases, apporta sa marque sur la production. Il se caractérise par une ambiance sombre et des parties rythmiques larges et enveloppantes. Quand nous sommes rentrés en studio, nous avions environ 25 chansons qui étaient déjà abouties . Notre objectif était de dépasser le coté lo-fi de mon dernier album (« Opera Circuit »), en ajoutant des cordes qui posent une assise pour les chansons. Nous avions invité des musiciens de Devotcha et the Polyphonic Spree qui ont apporté leur son. J’avais conçu l’album simplement à partir des lignes de la guitare et de voix, il fallait les enrichir avec des cordes et des arrangements .

Vos albums précédents ont été encensés par les critiques. Est-ce que ça a pesé sur votre travail… vous sentez vous plus confiant ?

Micah P Hinson : Je n’ai pas eu d’appréhension particulière. Je me sens privilégié de faire ce que je fais , d’être en phase avec le public et d’aider les gens à se sentir moins seuls dans leur vie. Il y a tellement de choses désagréables dans le monde. C’est un sentiment très fort que de savoir qu’on peut apporter un réconfort. Je reçois beaucoup de témoignages de gens qui me disent que je les ai aidés à traverser leurs épreuves et pour ça, mes efforts en valaient la peine.

Avez vous été surpris par les réactions de la presse ? Avez-vous toujours été convaincu de votre talent ?

Micah P Hinson : Lorsque je travaillais sur Gospel, j’avais le sentiment que beaucoup de ce qui se fait aujourd’hui est loin d’être indispensable : il y a tellement de groupes qui se forment, et tellement d’albums qui sortent chaque semaine. Alors je n’avais pas beaucoup d’attente, j’étais juste content de jouer ma musique. J’ai quelques magazines à la maison, dans lesquels figurent les critiques des chansons. Je ne suis pas sans cesse en train de les lire, j’ai simplement besoin de savoir qu’ils sont là ; et savoir qu’ils parlent de moi reste une sensation extraordinaire.

Quelle est la chose qu’on vous a dite sur votre musique qui vous a fait le plus plaisir ?

Micah P Hinson : Les gens viennent me voir, à l’occasion des concerts et me disent que j’ai influencé leur vie et leurs relations avec les autres, ce qui me semble incroyable. J’ai reçu des témoignages de gens qui me disaient que ma musique les avait aidés à traverser des moments difficiles, comme un divorce ou la perte de l’être aimé. Ce qui est pour moi plus important que les royalties versés pour les albums, bien que ce soit bien aussi les royalties. Il y a tellement de métiers épouvantables sur terre que je m’estime privilégié de faire ce que je fais.

Pouvez vous nous parler de l’écriture de vos chansons … à quel âge avez-vous commencé à écrire et quand avez-vous été content du résultat ?

Micah P Hinson : J’ai commencé par enregistrer “baby and the Satellite” quand j’avais 18/19 ans et j’étais très fier du résultat. Je sentais que j’allais dans la bonne direction. Je l’ai fait pour moi-même et c’était comme si j’avais trouvé une mine d’or.
Pour moi c’était un salut et une bénédiction de trouver ma voie dans ce monde délirant, de trouver et de donner de l’espoir par ces temps maudits. Je ne dirais pas que je suis croyant mais je crois au spirituel, ce qui me donne le sens de la morale. Un jour je vais mourir et je ne serai plus qu’un tas d’os rongé par les vers alors je crois que la religion et son système de croyance apportent de l’apaisement pour considérer les choses. Ca donne la possibilité de réfléchir et de comprendre comment les choses s’accordent mutuellement.

Quelle est votre attitude pendant les concerts ?

Micah P Hinson : J’adore jouer en live, voir les visages des personnes dans le public et l’émotion que leur procure la musique. C’est bien d’enregistrer à la maison et de diffuser sa musique dans le monde entier, mais j’aime surprendre les gens : il n’y a pas de vérité absolue. J’aime changer les orchestrations pendant les concerts. Je viens de jouer dans le Sud et dans le Sud Est et le président de ma maison de production est venu me voir, l’interprétation a tourné vers quelque chose de plus énervé et il m’a téléphoné une semaine plus tard en me disant : "Est-ce que tu joues toujours comme ça, alors que le disque est beaucoup plus doux ?"

Quels sont les trois disques que vous emporteriez sur une île déserte ?

Micah P Hinson:
Greatest hits (green cover) - Patsy Cline
Disintegration - The Cure
Rhymes and Reasons - John Denver

Y a t-il des artistes avec lesquels vous aimeriez travailler?

Micah P Hinson: J’ai grandi en écoutant David Bazan ( Pedro The Lion) , Will Johnson ( Centr-Matic) , Eric Bachmann (Archers of Loaf). J’ai eu la chance de les rencontrer et de travailler avec certains. C’est étonnant combien il y a de différences entre la personne et celle que vous imaginez à partir de sa sensibilité musicale.

Quelles sont vos chansons préférées dans votre nouvel album et pourquoi ?

Micah P Hinson : "We Won’t Have To be Lonesome and Tell Me It Ain’t so" … écrit au sujet de la femme que vous épousez et des conflits que vous avez à dépasser.

Et également, "Dyin’ Alone" (le dernier morceau de l’album que vous pouvez retrouver en Froggy's Session). Je n’étais pas avec ma femme à ce moment là… alors c’est en quelque sorte prophétique, parce que je parlais d’elle. C’est une chose rare mais pour la première fois de ma vie j’ai rencontré un amour vrai, pur, un amour inconditionnel.

Retrouvez Micah P Hinson
en Froggy's Session pour
2 titres acoustiques en cliquant ici !

 

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Micah P. Hinson en concert à Théâtre Marigny (dimanche 17 octobre 2010)
L'interview en VO de Micah P. Hinson(29 avril 2008)
L'interview de Micah P. Hinson (vendredi 25 mars 2016)

En savoir plus :
Le site officiel de Micah P. Hinson
Le Myspace de Micah P. Hinson
Le Facebook de Micah P. Hinson

Crédits photos : Thomy Keat (la série complète sur Taste of Indie)


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# 9 août 2020 : Vacances, j'oublie tout

Il fait beau et chaud, on reste à l'ombre, on traine à la plage, mais si vous avez encore un petit moment pour jeter un oeil à Froggy's Delight, nous sommes toujours là. Voici le programme light et rafraichissant de la semaine.
petit bonus, le replay de la MAG (Mare Aux Grenouilles) numéro #1

Du côté de la musique :

"Pain olympics" de Crack Cloud
"Waiting room" de We Hate You Please Die
"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

Le compte-rendu de la 35ème édition du Festival Humour et Eau salée
et un spécial "Au Théatre ce soir dans un salon" avec les grands classiques de Barilet et Grédy :
"Peau de vache"
"Potiche"
"Folle Amanda"
"Le don d'Adèle"
"L'Or et la Paille"
et "Fleur de cactus" revisité par Michel Fau

Expositions :

en real life :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
"Voir le jour" de Marion Laine
"Le Défi du champion" de Leonardo D'Agostini
et at home avec des longs...
"2021" de Cyril Delachaux
"Les Robinsonnes" de Laurent Dussaux
"L'Ile aux femmes" de Eric Duret
"Quand j'avais 5 ans, je m'ai tué" de Jean-Claude Sussfeld
"The Storm" de Ben Sombogaart
...et des courts-métrages
"Odol Gorri" de Charlène Favier
"Poseur" de Margot Abascal

Lecture avec :

"Retour de service" de John Le Carré
"Un océan, deux mers, trois continents" de Wilfried N'Sondé
"Nous avons les mains rouges" de Jean Meckert
"Il était deux fois" de Franck Thilliez
"La goûteue d'Hitler" de Rosella Postorino
et toujours :
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Fleishman a des ennuis" de Taffy Brodesser-Akner
"Summer mélodie" de David Nicholls
"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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