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Funny Games U.S.
Michael Haneke  avril 2008

Réalisé par Michael Haneke. USA. 2008. Avec : Naomi Watts, Tim Roth, Michael Pitt.

En faisant le remake de son propre film, Haneke pousse la mise en abîme de son discours à son paroxysme.

L’original (Funny Games), quasi identique, donnait exactement le même discours : la violence est un besoin pour l’homme, une forme de jeu. Funny Games U.S. change seulement les acteurs, et remet au goût américain quelques points de détails totalement insignifiants face à la machine psychologique que déroule le film.

Orange Mécanique poussait au rejet, à l’image du héros que l’on abreuve d’images violentes pour inverser les tendances de son esprit.

Funny Games U.S. pousse le vice au-delà. La violence n’est presque pas montrée, aucune mort n’est vraiment visible à l’image. Tout est hors cadre. Là où un film tel que le remake de Halloween allait chercher l’horreur pure à l’image pour paraître horrible, le remake d’Haneke se donne comme ses héros une apparence toute parfaite, immaculée, politiquement correcte. On regarde, on écoute. Le spectateur est donc impliqué dans le discours, car il l’observe. D’où les apostrophes directes au public. Et l’essentiel du message du réalisateur est là : le consommateur est complice de la société car il sait ce qu’il consomme.

Le film est amoral pour mieux faire passer la leçon. Mais le public qui se déplace pour voir ce film est sans doute déjà conscient de tout cela. Et la jeunesse actuelle vivant entre réalité et virtuel, telle que décrite de manière sous entendue dans l’épilogue, si elle va voir ce film, sera-t-elle réceptive au message ?

Ce long métrage trouve donc ses limites dans sa propre raison d’être. Il est plus effrayant de se dire que la société est restée la même, que le discours d’il y a 10 ans n’est que plus puissant aujourd’hui. Cette réalité est bien plus repoussante que le film en lui-même.

 

Durée 1H51

En savoir plus :
Le site officiel de Funny Games U.S.


Mathieu Beurois         
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# 28 juin 2009 : Drôles de drames

Notre enfance à été bercée par ses passages télé, mais cette semaine elle s'est éteinte dans l'indifférence générale, sans pouvoir lutter, même dans la mort avec le plus grand chanteur de variété de tous les temps. Farah Fawcett est morte, il nous restera quelques mémorables épisodes de "Drôles de dames" en souvenir, à regarder entre deux hommages à Bambi, le chanteur blanc qui voulait faire de la musique noire ... ou l'inverse, je ne sais plus bien...

Mais trève d'hommage, voici le programme de cette première semaine estivale

Côté musique :

"Love gone bad" de Bad Mama Dog,
"I'm OK" de Gablé,
"God help the girl" de God Help the Girl,
"Lord Cut-Glass" de Lord Cut-Glass,
"The Atlantic Ocean" de Richard Swift,
"Oh my god, Charlie Darwin" de The Low Anthem,
"Evenfall" de Sébastien Schuller qui nous en parle en interview,
un petit Ni vus Ni connus avec les compilations War Child Heroes et Dark was the night
Berline 0.33 et Enablers à la Malterie de Lille,

Côté théâtre :

"Erase-e(X) au Théâtre des Abbesses
"Kvetch" au Théâtre Le Lucernaire
"La cruche cassée" au Théâtre 13
"Répertoire" au CNSAD
"Chaos debout " au Théâtre 13
"Le malade imaginaire" au Théâtre Le Lucernaire
"Tendre et cruel, Hercule" au CNSAD
et en reprise tout l'été "Gustave Parking - De mieux en mieux pareil" au Théâtre Trévise

Expositions avec :

"Le jardin de Monet : l'invention d'un paysage" au Musée des Impressionnismes à Giverny
le Festival International des Jardins à Chaumont-sur-Loire
L'art carcéral à la Biennale d'Art contemporain de Venise avec la France et la Suisse

Lecture avec :

"Le chant du bourreau" de Norman Mailer
le catalogue du Festival international des jardins 2009
"Vive La Peinture" par VLP
"Je suis noir et je n'aime pas le manioc" de Gaston Kelman,
"Farouche à quatre feuilles" de André Breton, Lise Deharme, Julien Gracq et Jean Tardieu,
"Laura" de Laurent Herrou,
Une interview de Erik Rémès

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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