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Monique est demandée caisse 12
Théâtre du Rond Point  (Paris)  mai 2008

Spectacle écrit par Raphaël Mezrahi, mis en scène par Philippe Sohier, avec RapHaël Mezrahi, Danin, Jena-François Gallotte, Danièle Gilbert, Nicole Monestier, Arnaud Tsamère, Fanny Vallette, Pierre Péchin, Pierre Bellemare (sur les écrans), Mathilde Fehrer (au violon) et Xavier Eymeric (au piano).

Pour accéder à la salle Jean Tardieu où se déroule "Monique est demandée caisse 12", le spectacle concocté par Raphaël Mezrahi avec la participation de Amanda Sthers et de Laurent Baffie, il faut suivre un itinéraire fléché qui annonce la couleur, ou plutôt la marque, et passer par le sas où un énergumène complètement allumé, Pierre Péchin, se prend pour un vigile dopé au plan Vigipirate en montant la garde auprès de caddies rutilants.

L'hyperréalisme ne vas pas jusqu’à inviter le spectateur a s’en emparer mais la scène est transformée en supérette pour narrer, entre autres, les aventures d'une caissière névrotique en jetant un regard décalé et attendri sur le microcosme de la beaufitude.

Le spectacle commence en chanson avec un "A dada" délivré par une Castafiore printanière qui se serait trompée de plateau, mais une vraie soprano, Nicole Monestier, qui poussera trilles et vocalises de manière impertubable pendant que, confit dans sa boite audiovisuelle, l'inénarrable Pierre Bellemare commente l'action. Une action primordiale qui se déroule dans un supermarché qui vit un de ses temps forts propre à éclipser la foire au boudin, l'inauguration du rayonnage mobile.

Aux côtés de deux petits jeunes qui montent, l'humoriste Arnaud Tsamère et l'actrice Fanny Vallette, respectivement assistant de surface et hôtesse de caisse, Raphaël Mezrahi se montre bon acteur car il arrive à jouer le rôle d'un mauvais acteur qui joue un rôle comme il incarnait l'intervieweur raté de personnalités rôle qui a contribué à sa notoriété.

Avec son air de ravi de la crèche, le cheveu brillantiné, la chemise polyester à manches courtes et les méphisto, il campe un gérant de supermarché un peu bas du front, plus vrai que nature, qui a maille à partir avec un hallucinant trio de mousquetaires (pas de confusion on est chez Casino !).

En boucher-charcutier, Jean-François Gallotte, comédien voué au personnage de benêt un tantinet veule, fricote avec la marchande de poissons interprétée par Dani, l’ex-reine des nuits parisiennes, en jeans et lunettes rouges clignotantes, qui semble shootée à l’essence de roses et annone "Touchez pas à mon poisson" immortalisé par Colette Renard.

Et puis, au rayon des pipoles du paf des seventies, passées de l'animation du petit écran à l'inauguration des gondoles consuméristes, la grande duduche, Danièle Gilbert assure son propre rôle avec un humour et un sens de l'autodérision d'autant plus remarquables que les auteurs ont chargé la mule..

Sponsorisée par le groupe stéphanois de la distribution et Orangina, cette parodie humano-culturo-consumériste totalement inclassable, sorte de néo-opéra-bouffe affublé d'une partition musicale directement exhumée de "Bide et musique", de "Julie Bonbon" à "Pied de veau, pied de porc" en passant par un titre imprononçable du Petit Conservatoire de la chanson de Mireille, et judicieusement qualifiée par ses auteurs de "spectacle théâtral, musical et drolatique", navigue entre ahurissement et jubilation, se prêtant à une large palette d'appréciations.

Dans ce 1er cycle du Rire de la Résistance sous le signe duquel Jean-Michel Ribes a placé cette saison du Théâtre du Rond-Point, "Monique est demandée caisse 12" décoiffe et puisque Raphaël Mezrahi vous propose de venir faire vos courses au théâtre, le spectacle se solde par la distribution... d'un filet garni.

 

MM         
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# 28 juin 2009 : Drôles de drames

Notre enfance à été bercée par ses passages télé, mais cette semaine elle s'est éteinte dans l'indifférence générale, sans pouvoir lutter, même dans la mort avec le plus grand chanteur de variété de tous les temps. Farah Fawcett est morte, il nous restera quelques mémorables épisodes de "Drôles de dames" en souvenir, à regarder entre deux hommages à Bambi, le chanteur blanc qui voulait faire de la musique noire ... ou l'inverse, je ne sais plus bien...

Mais trève d'hommage, voici le programme de cette première semaine estivale

Côté musique :

"Love gone bad" de Bad Mama Dog,
"I'm OK" de Gablé,
"God help the girl" de God Help the Girl,
"Lord Cut-Glass" de Lord Cut-Glass,
"The Atlantic Ocean" de Richard Swift,
"Oh my god, Charlie Darwin" de The Low Anthem,
"Evenfall" de Sébastien Schuller qui nous en parle en interview,
un petit Ni vus Ni connus avec les compilations War Child Heroes et Dark was the night
Berline 0.33 et Enablers à la Malterie de Lille,

Côté théâtre :

"Erase-e(X) au Théâtre des Abbesses
"Kvetch" au Théâtre Le Lucernaire
"La cruche cassée" au Théâtre 13
"Répertoire" au CNSAD
"Chaos debout " au Théâtre 13
"Le malade imaginaire" au Théâtre Le Lucernaire
"Tendre et cruel, Hercule" au CNSAD
et en reprise tout l'été "Gustave Parking - De mieux en mieux pareil" au Théâtre Trévise

Expositions avec :

"Le jardin de Monet : l'invention d'un paysage" au Musée des Impressionnismes à Giverny
le Festival International des Jardins à Chaumont-sur-Loire
L'art carcéral à la Biennale d'Art contemporain de Venise avec la France et la Suisse

Lecture avec :

"Le chant du bourreau" de Norman Mailer
le catalogue du Festival international des jardins 2009
"Vive La Peinture" par VLP
"Je suis noir et je n'aime pas le manioc" de Gaston Kelman,
"Farouche à quatre feuilles" de André Breton, Lise Deharme, Julien Gracq et Jean Tardieu,
"Laura" de Laurent Herrou,
Une interview de Erik Rémès

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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