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Interview  (Paris)  10 septembre 2008

Avant la soirée Realease Party organisée par le label Greed Recordings, nous avons eu l'occasion de rencontrer les membres de Guernica. Quatre jeunes gens de Belgique, côté flamand, à l'accent aussi prononcé que la sympathie qu'ils dégagent.

Une interview à la sortie des balances, avec Nilo, le batteur, pour traducteur lorsque Michael, chanteur de son état, bute sur des mots ou veut s'assurer de leur sens.

Pouvez-vous nous résumer l'histoire du groupe en quelques mots ?

Nilo : C'est un projet de Michael à l'origine. Tu as commencé il y a combien de temps déjà ?

Michael : On a commencé à jouer tous les quatre ensemble en février 2006. Avant ça, j'ai joué deux ans avec d'autres musiciens qui n'ont pas "passé le test". Eux, ils ont réussi le test, je ne trouvais pas de mecs comme eux.

Nilo : On se connait depuis longtemps. Wixel et moi, on jouait dans un groupe avant.

Michael : Un groupe de Post-Rock, beurk !

Nilo : On jouait chez lui, tout le monde s'est connu comme ça, c'était lieu de passage.

Qui est à l'origine du nom du groupe et de la signification que vous lui donnez ?

Michael : C'est moi. Picasso a eu la même idée que moi, capturer l'essence de l'événement historique. Ce n'est pas à cause de la peinture que nous avons choisi ce nom, mais à cause du bombardement et de l'atrocité de l'événement.

Nilo : L'atrocité de la chose, le fait que les gens ne savaient pas et ne comprenaient pas ce qu'il se passait.

Michael : Traduire ça en scène, que les gens soient surpris de ce qui leur arrive.

Wixel : Cela fait un peu prétentieux, non ?

Non, je dirais prometteur.

Michael : C'est important, aussi, que le nom du groupe soit Guernica tout court et pas "The" Guernica. J'en ai un peu marre des groupe en The quelque chose.

Visiblement, il vous arrive de bonnes choses avec ce mini album. Racontez-moi.

Michael : La question est : est-ce qu'on va être honnêtes ? Parce qu'on peut dire que c'est "super chouette" partout, mais on est critique envers nous-mêmes, on n'est pas aveugle non plus. Je trouve que les critiques sont en général assez bonnes, mais là où les gens mettent 5 étoiles, moi j'en mettrais 4 et ce serait plus exact. On est bon, mais on peut s'améliorer encore.

Il n'y a pas de perfection ?

Michael : Oui, exact. On n'a eu que deux après-midi pour enregistrer tout l'album, c'est un peu court pour faire un bon album en entier. La prochaine fois, en studio, ça peut durer plus longtemps pour faire mieux.

Il a été enregistré où ?

Nilo : A Courtrai, avec des gens du label Vlas Vegas, des gens qui font du rock, du noise. A la base, c'est un ingénieur du son qui voulait l'enregistrer, puis ils ont voulu le publier.

Sur votre page Myspace, il y a un lien pour télécharger votre disque. Pourquoi l'avoir mis en téléchargement libre ?

Michael : Premièrement, parce que nous sommes des téléchargeurs aussi. Deuxièmement, si on ne le fait pas, ça fait de nous des hypocrites. On downloade régulièrement pour découvrir des nouveautés, si quelque chose nous plait, on va aller l'acheter. Dans les années 80, il y avait beaucoup d'échange de cassettes déjà, ça existe depuis des années, c'est pas nouveau.

Wixel : Je travaille dans un magasin de disque et c'est souvent que des gens viennent et nous disent qu'ils ont téléchargé un album et comme ils l'aiment, ils l'achètent. Quand un disque est bon, les gens l'achètent. Si on pense que ce que nous faisons est bon, alors on doit croire qu'on va vendre des disques. Si tu t'intéresses à la visibilité de ta musique, alors c'est intéressant de faire quelque chose comme ça.

Les titres de vos chansons sont surprenants, par exemple "I Cried the Day Marlon Brando Died". C'est une envie de faire les choses différentes des autres ?

Nilo : Déjà, il y a deux philosophes dans le groupe, ça joue beaucoup. (rires)

Michael : Les titres sont eux aussi des pièces d'art, ça fait un peu prétentieux, mais je n'aime pas les titres trop simples du genre "chanson n°1". J'ai aussi envie de paraître intelligent, donc je fais des petits efforts (rires). En fait, "I Cried the Day Marlon Brando Died", ça c'est vrai. Je ne mens pas dans mes titres, mais exagérer, oui.

Qui a fait l'artwork du disque ?

Nilo : C'est un jeune canadien qui s'appelle Gordon (ndlr : incompréhensible). On l'a contacté sur internet.

Michael : Ma cousine était étudiante et sur son MSN, elle avait une icône d'un dessin de ce gars. Quand on a vu ce dessin, on a tous accroché dessus. J'ai fait un email à Gordon et ça s'est passé comme ça.

Nilo : Il a mis des mois à faire le dessin et on n'a plus eu de nouvelles de lui.

Sur votre lettre d'intention, vous semblez ne pas être d'accord avec les groupes de qui on vous rapproche. Est-ce simplement que vous n'en voyez pas l'intérêt ou qu'on vous rapproche des mauvaises influences ?

Wixel : Moi, je suis d'accord, Michael n'est pas d'accord.

Michael : Oui, si tu écoutes ci ou ça, tu peux retrouver des choses. Le seul truc, c'est qu'on joue avec des guitares. Là où je suis d'accord, c'est quand on nous rapproche de Sonic Youth, des années 90 et de Fugazi vers la fin. Le plus important reste que les gens aiment ce qu'on fait sans se poser de questions.

Nilo : On ressemble à Explosions in the Sky. (rires)

Michael : Alors ça non, tu peux le souligner, l'écrire en gros : PAS DE POST-ROCK, jamais.

Pourquoi ?

Michael : Parce c'est ennuyeux. C'est pour dormir. C'est la musique des post hippies intellectuels.

Who are your songs for ?

Ndlr : blanc général.

Nilo : On nous a posé cette question, mais on n'a pas trouvé de réponse.

Michael : Cette question est ouverte à tout type d'artistes. Ces chansons sont faites pour nous aussi, qui les écoutons des milliers de fois, à les retravailler.

Vivez-vous de votre musique ?

Michael : Je suis encore étudiant, je dois écrire ma thèse de philosophie, puis je vais faire un master. Et en même temps, je fais des études américaines.

J'imagine que c'est difficile pour organiser les tournées ?

Wixel : On travaille le samedi avec Stino, donc pour nous, c'est très difficile. Par exemple, je travaille dans un magasin où on est trois et pour se remplacer, c'est difficile à organiser.

Vous jouez régulièrement en Belgique ?

Michael : Cette année, on a déjà fait trente-cinq concerts. D'ici la fin de l'année, on devrait arriver à soixante, soixante-dix.

Nilo : Super, encore trente concerts en trois mois...

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Who are your songs for ? de Guernica
Guernica en concert à La Mécanique Ondulatoire (10 septembre 2008)

En savoir plus :
Le Myspace de Guernica

Crédits photos : Nicolas Rakotopare (la série complète sur Taste of Indie)


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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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