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Théâtre des Bouffes du Nord  (Paris)  septembre 2008

Texte et mise en scène de Joël Pommerat, avec Saadia Bentaïeb, Agnès Berthon, Hervé Blanc, Gilbert Beugniot, Lionel Codino, Eric Forterre, Ruth Olaizola, Jean-Claude Perrin et Marie Piemontese.

C’est dans un cabaret que quelques individus, étranges et troublants, viennent se livrer, sous la direction d’un maître de cérémonie aux allures de prestidigitateur.

À la minute où le spectacle commence le ton est donné : le présentateur, ultra charismatique et chic annonce qu’il mourra avant la fin de la représentation. La tension est alors presque palpable. Ce moment nous annonce la mort, une fatalité qui sera présente tout au long de la pièce. Une mort étrangement pleine rage, une rage d’envie, de désir et finalement de vie.

Joël Pommerat redonne le premier épisode de "Je tremble" et poursuit l’œuvre avec "Je tremble 2" où l’on suit le parcours d’un personnage principal, évolue à ses côtés, sur son chemin semé d’embûches.

"Le sens de la vie vous a échappé jusqu’à ce jour, le monde qui vous entoure apparaît plutôt confus (…) Vous voyez l’avenir de façon incertaine ? La politique vous intéresse et pourtant vous ne la comprenez pas toujours (…) Alors écoutez bien ce qui va suivre est pour vous".

Le spectacle balaye le monde qui nous entoure à travers des tranches de vies, sous forme de saynètes. Les personnages sont plus lugubres les uns que les autres. Il y a d’abord la "jeune femme au T-shirt" qui explique le calvaire de sa mère, devenue ouvrière par conviction et abîmée après plusieurs accidents de travail. Ensuite arrive une femme dépressive, anorexique et défoncée, peut-être même malade. Elle cherche un peu de réconfort auprès de sa famille. "L’homme qui n’existait pas" rencontrera "l’homme le plus riche du monde", et recevra en cadeau un fusil chargé… dramatique. Tueur d’enfant, femme tronçonnée, battue. Ces sombres tableaux se suivent comme des flashs sur du Beethoven, du Sinatra ou encore du Sinead O’Connor.

Dans la deuxième partie, l’infamie des invités qui s’entretuent ou du corrupteur qui triomphe à son procès est effacé par une scène d’amour avec une sirène et l’apparition d’un clown. Les impressions et sentiments se mélangent, tourbillonnent. On nous offre des images, puis du noir et encore des images pour finalement nous conduire à la folie. Complètement déroutant. Sur scène, le rideau pailleté tantôt rouge, argent, bleu ou rose contraste avec la noirceur des discours.

Joël Pommerat exploite ici tous les genres scéniques : le music hall, le cabaret, le récital la danse et propose un spectacle poétique. Il utilise la musique, la lumière et la vidéo pour créer des atmosphères, sa spécialité. Il se joue des confidences des personnages mutilés et torturés par la vie pour toucher les failles, ouvrir les blessures humaines et aborder le lien social, le genre humain dans son ensemble. Il conduit à penser et à douter à travers ces morceaux de destin qui, au premier abord, nous semblent lointains.

Pourtant ils nous sont si proches. Ces existences, les leurs et les nôtres, se posent dans le fond les mêmes questions, connaissent les même obstacles. Il fait de la scène un lieu d’interrogations sur les sentiments, les liens sociaux et la politique.

Les comédiens n’interprètent pas, ils vivent les personnages dans les gestes, les regards. Leur corps tout entier éprouve les textes et offre une infinie présence. Grâce à eux, ces tranches de vies, aussi belles que misérables, prennent force et bouleversent.

Drôle, émouvant et effrayant à la fois, "Je tremble" ne laisse pas insensible. Joël Pommerat offre une création au terme de laquelle il est impossible de sortir indemne. Pendant deux heures, le temps se suspend et se glace. Mais finalement, comme le conclut le maître de cérémonie, "tout est question d’interprétation".

 

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