Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Manu
Interview  (Paris)  28 août 2008

A l'occasion de la sortie de son nouvel album Rendez-vous, Manu nous accorde un entretien.

Peux-tu nous raconter ce que tu as fait pendant ces trois ans ?

La première année, que j'appelle la première période, c'est le moment où j'ai beaucoup écrit. C'était la base de l'album. Je composais seule à la guitare acoustique mais sans objectif bien précis. Cela ne m'était jamais arrivé avant car, avec Dolly, il y avait toujours l'enchainement album-tournée, donc on savait exactement pourquoi on écrivait. Alors qu'à cette époque là, j'écrivais pour m'aider, pour me faire du bien.

Puis au bout d'un an, j'avais quelques morceaux que je trouvais bons. J'ai donc rappelé Nikko (ex-guitariste de Dolly) pour qu'il jette une oreille et cela lui a plu. La deuxième période, où cela a commencé à aller un peu mieux, l'écriture de manière exutoire avait bien fait son travail puisque je commençais à m'ouvrir un petit peu, j'ai travaillé avec Nikko, car je ne voulais pas que cet album soit acoustique. Je pensais que je n'y arriverais pas seule. Nous avons donc passé cette deuxième année à retravailler des morceaux ensemble, à dessiner le squelette de l'album, puis à répéter, d'abord à trois, avec Nirox (batterie), puis à quatre après l'arrivée de Ben (basse). Enfin, la troisième année, nous avons commencé les concerts et enregistré l'album. Je n’ai pas trop chômé !

Ce retour aux sources a donc été très bénéfique ?

Oui. Ce n’était pas tellement la manière dont nous fonctionnions avec Dolly, où nous faisions la musique et les textes venaient après. Je ne sais pas si c’est l’expérience ou le moment qui a fait ça mais j’ai l’impression que plus on avance, plus on va à l’essentiel. C’était salutaire pour moi d’écrire. Ca ne m’était jamais arrivé, en effet, de partir d’un texte et de faire la musique après. C’est aussi arrivé que les mots arrivent en même temps que la musique. J’ai vraiment retrouvé le pourquoi j’ai eu envie de faire de la musique un jour, le plaisir simple de jouer.

Je pense qu’on note une différence entre les titres que tu as pu écrire seule et les morceaux plus récents, surtout dans les paroles, mais la musique est assez homogène.

J’espère qu’il y a homogénéité. C’était tout le travail de Nikko et de Jeff (Jean-François Delort, producteur du disque). Il fallait qu’il y ait une cohérence entre ces morceaux de différentes périodes, de  différents styles. Effectivement, à force de l’écouter, on peut peut-être sentir les périodes. Il est vrai qu’on sent une chronologie dans les textes. Il y a d’abord les chansons hommage à Micka, puis celles sur la séparation. Ensuite, il y a des thèmes un peu plus légers, des chansons de célibataire, l’amour retrouvé. Il y a aussi une chanson sur mon fils.

Est-ce que tu considères "Manu" maintenant comme un groupe à part entière ou tu préfères encore garder cette indépendance dont tu pouvais avoir envie au début de la composition ?

En fait, je n’en avais pas envie au départ, étant donné que je composais seule. Le but était de bien m'entourer ce que j’ai fait. Maintenant pour moi, le fonctionnement de groupe, sachant que beaucoup de groupes  ne fonctionnent pas comme ça, c'est tout le monde doit être d'accord et chacun peut donner son avis. Là, c'était un album tellement intime et personnel qu'il fallait que je l'impose. J'aurais eu du mal à l'imposer à un groupe dans le vrai sens du terme. Je n’aurais pas pu non plus imposer cet univers assez chargé.

Je ne pouvais le défendre que sous la forme d'un album solo, tout en ayant l'aide très précieuse et primordiale de Nikko. Je ne voulais pas que tout le groupe soit impliqué dans mes propos qui sont très personnels. Maintenant, ce n'est pas non plus un fonctionnement de groupe parce que, pour moi, dans un groupe, tout le monde compose, on compose ensemble. Ca a commencé à venir avec un morceau comme Suteki Ni, que l’on a écrit à trois, à l'époque où Ben n'était pas encore arrivé, ensuite il y a eu d'autres morceaux que l’on a fait à quatre, qui ne sont pas sur l'album, comme On Refait Tout et Sourire cassé. Peut-être que le prochain album sera plus dans un fonctionnement de groupe. Je ne me suis pas encore projetée dans le futur comme ça mais... si on pouvait faire un fonctionnement de groupe, ça serait bien oui !

Donc tu as été cherché Nikko en toute connaissance de cause, tu savais qu'il allait amener des éléments qui pouvaient ne pas te plaire.

Non, parce que, de toutes façons, je suis fan de Nikko, donc tout ce qu’il fait me plait. Quand je lui demande de décorer un de mes morceaux, je lui donne les yeux fermés. Je l'ai surtout appelé parce qu’à ce moment là, avec les morceaux que j'avais, il était la seule personne qui pouvait m’aider. Il me connaissait très bien, il connaissait mon histoire, je savais qu'évidement il allait être touché par les morceaux pour Micka. C’était vraiment la seule personne avec qui je pouvais collaborer avec cet album là.

Pour cet album, tu avais envie d’être totalement libre. Au final, as-tu fait des compromis ?

Aucun. Je voulais que ça commence par Allée des Tilleuls, c'est vrai qu'au niveau du marketing, on m'aurait plutôt poussé à commencer pas Tes cicatrices parce que c'est bien de commencer un album par le single, parce que les gens n'écoutent que 10 secondes, etc. Vraiment, du début jusqu'à la fin, il n’y a eu aucune concession. La seule petite chose, c’était la concession financière, vu que j’ai produit l'album. J'aurais aimé qu'on ait eu un peu plus de temps. Mais finalement, cela nous aurait peut-être fait charger des morceaux qui sont très biens comme ça.

Tu as apporté des éléments complètement nouveaux, des styles différents. Peux-tu nous parler des morceaux, des instruments ?

Je suis partie d'une base très simple acoustique-chant et Nikko me faisait écouter des choses comme Shannon Wright, par exemple. On a été piqué à droite à gauche des idées de sons, des idées de prod. Par exemple, pour T'es bô t'es con, on voulait des trompettes qui sonnent à la Dandy Warhols. J’ai surtout beaucoup délégué à Nikko par rapport à ça, parce que je le suis les yeux fermés.

Tu as ouvert cet album très personnel aux autres. Est-ce que c'était vraiment une envie de déléguer tes morceaux, de vouloir que les autres expriment une vision différente d’un morceau ?

Non pas du tout. Il y avait un thème très précis au départ. On a fait des pré-prods pour être prêts comme il n’y avait que dix jours de studio. Mais c'était ouvert quand même, Ben a eu une petite mélodie de guitares en tête pour Un bô jour. Essayée, adoptée ! Souvent, j'avais déjà une idée en tête, Nikko avait déjà joué la partie avant et Nirox se calait sur nous, ou alors on travaillait en live et Nirox mettait naturellement sa partie, mais cela restait très simple et déjà bien écrit au départ.

Tu rejoins la mode japonisante, comme dans Suteki Ni, dans la pochette. D’où vient ce goût ?

La culture japonaise a une grande place dans ma vie. Je me suis rendue compte au fur et à mesure que tout ce qui était important pour moi, hormis la musique, était japonais. J'adorais jouer aux jeux vidéos mais mes préférés étaient japonais, pour les plus anciens Mario, Zelda jusqu'à Katamari Damasi. J’ai aussi découvert l'univers de Miyazaki avec Le Château dans le ciel, après j'ai enchainé avec Totoro, etc. et puis jusqu'à plus récemment les mangas. Je ne pensais pas que cela me parlerait trop. Puis je me suis mis à en lire un parce qu'il y avait une guitare en couverture. J’ai commencé par celui-là qui s'appelait Beck et direct après Nana jusqu'à Death Note, il n’y a pas longtemps. Cela a une vraie place dans ma vie et donc je voulais qu'il y ait une place aussi dans cet album. C’était un peu comme un pari, est-ce que je peux réussir à intégrer une chanson en japonais ne parlant pas japonais ? On m'a présenté Suzuka qui est journaliste à la chaine de TV Nolife. Je lui ai donné un thème, je voulais que ça soit une chanson très positive, j'appelle ça des chansons qui donnent envie d'ouvrir les bras ! Je lui ai juste donné ça comme thème et elle l'a fait à la perfection. Donc il fallait que je la chante à la perfection ! Je voulais être très respectueuse de la langue et que les japonais me comprennent.

Finalement ça rend super fluide, qui fait très naturel.

Cela ne choque pas, je suis super contente. Mon grand kiff, ça serait que ça sorte en single en France.

Tu ne rentras pas dans les quotas !

(Rires) Ca serait génial d'avoir un single en japonais en France !

Il y a déjà eu une douzaine de dates depuis environ deux ans. Est-ce qu’il y a déjà une prise de plaisir sur scène ou est-ce encore trop frais ?

C’est  vraiment du plaisir. On va dire que les deux premières dates ont été difficiles. On ne maitrisait pas encore bien le répertoire et on était angoissé. Cela va beaucoup mieux maintenant, il ne nous manque plus que trois dates à la suite pour bien être à l’aise.

As-tu de bons retours ?

Oui, des témoignages. Que du bon ! Beaucoup de gens qui me découvrent, ce qui fait très plaisir.

Retrouvez Manu en Froggy's Session
pour 3 titres acoustiques en cliquant ici !

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

Manu parmi une sélection de singles (juillet 2007)
La chronique de l'album La Radiolina de Manu Chao
La chronique de l'album Rendez-vous de Manu
La chronique de l'album Des mots doux, des mots durs de Manu Larrouy
La chronique de l'album La dernière étoile de Manu
La chronique de l'album La Vérité de Manu
La chronique de l'album Blues, booze & rock’n’roll de Manu Lanvin and the Devil Blues
La chronique de l'album Nuevo Mundo de Manu Guerrero
La chronique de l'album Entre deux eaux - Vol 1 de Manu
La chronique de l'album Grand Casino de Manu Lanvin & the Devil Blues
La chronique de l'album L'horizon de Manu
Manu en concert au Zénith (18 juin 2008)
Manu en concert au Festival Le Cabaret Vert #8 (jeudi 23 août 2012)
Manu en concert au Festival Les Vieilles Charrues 2017 - du vendredi au dimanche
L'interview de Manu (vendredi 29 octobre 2010)
L'interview de Manu (mardi 19 mars 2013)
L'interview de Manu (lundi 7 décembre 2015)
L'interview de Manu (juin 2018)

En savoir plus :
Le site officiel de Manu
Le Myspace de Manu

Crédits photos : Thomy Keat (la série complète sur Taste of Indie)


Camille         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

• A écouter aussi sur Froggy's Delight :

Manu (7 decembre 2015)
Manu (19 mars 2013)
Manu (29 octobre 2010)
Manu (28 aout 2008)


# 5 avril 2020 : sous le soleil... mais pas vraiment

Les beaux jours sont au rendez vous en ce début avril mais nous, sages et confinés n'allons pas cette année envahir parcs et terrasses à comparer son bronzage à coup de vin rosé douteux... non on attend que la mort détourne les yeux de notre pauvre monde. Donnons nous un peu de baume au coeur avec notre sélection culturelle hedbo.

Du côté de la musique :

"Shut up Mix #13" par Listen in Bed à écouter en ligne
"Cerc" de Artus
Interview avec Christophe Chassol autour de son album "Ludi"
"Que faire de son coeur ?" de Eskimo
"Bonheur ou tristesse" de Lesneu
"Super lâche" de Maalers
"Zeno" de Muzi
"Shostakovich : Symphony N 8" de Orchestre National du Capitole de Toulouse & Tugan Sokhiev
"It's a mighty hard road" de Popa Chubby
"Chapter 3" de Tropical Mannschaft
"Cimes" de Volin
et toujours :
"44" de François Puyalto
"Yene mircha" de Hailu Mergia
"Le silence et l'eau" de Jean-Baptiste Soulard
"Gigaton" de Pearl Jam
"Metal band" de Bernard Minet
"Connection loss" de Caesaria
"The black days session #1" de Daniel Roméo
"Sixième sens" de Faut Qu'ça Guinche
Péroké, Coco Bans, Al Qasar, quelques clips pour lutter contre l'ennui du confinement
"Alterations" de Robin McKelle
"Love of life" de Vincent Courtois, Robin Fincker et Daniel Erdmann
"No return" de We are Birds

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

en diffusion sur le net :
un classique revisité avec la vidéo de "Le Misanthrope"
une comédie dramatique historique avec le streaming de "A tort et à raison"
une comédie dramatique contemporaine avec le streaming de "Ils n'avaient pas prévu qu'on allait gagner"
une comédie contemporaine avec "L'heureux élu"
du divertissement caustique avec des inoxydables :
"J'aime beaucoup ce que vous faites"
"Sexe, magouilles et culture générale"
du boulevard avec :
"Ma femme s'appelle Maurice"
"Le Nouveau testament"
dans la série "Au Théâtre ce soir" :
"Folie douce"

"Chat en poche"
une gourmandise avec "La Belle Hélène" façon peplum hybridé comics
et des spectacles à voir ou a revoir en DVD :
"Orphée"
"Poisson et Petits pois !"
"Road Trip"

Expositions avec:

des balades muséales à Paris en en bord de Seine avec la visite virtuelle des collections permanentes du Musée d'Orsay, du Musée des Arts Décoratifs et du Musée du Quai Branly
pousser en province jusqu'au Musée des Beaux Arts de Lyon et même au Mucem à Marseille
et commencer un Tour d'Europe par l'Italie direction Galerie d'Art Moderne de Milan puis la Galerie des Offices à Florence
mettre la zapette dans le sac à dos pour s'aventurer dans les musées du bout du monde du Japon au The National Museum of Modern Art de Tokyo aux Etats Unis avec le Musée Guggenheim à New York
enfin retour at home en toute tranquillité mais en musique en son électro avec sur le Musée de la Sacem "Musiques électroniques - Des laboratoires aux dance floors"

Cinéma at home avec :

en mode Ciné-Club avec :
"Dementia" de Francis Ford Coppola
"M le maudit" de Fritz Lang
"La maman et la putain" de Jean Eustache
découvrir en DVD la filmographie de Jean-Daniel Pollet, réalisateur atypique - et méconnu - de la Nouvelle Vague pour lequel la Cinémathèque française avait prévu une rétrospective avec en parallèle la sortie en salles de ses films restaurés avec en streaming "Méditérranée
et des films récents sortis en DVD :
"Adults in the room" de Costa Gavras
"Au bout du monde" de Kiyoshi Kurosawa
"Martin Eden" de Pietro Marcello

Lecture avec :

"Aotea" de Paul Moracchini
"Fille et loup" de Roc Espinet
"Ghosts of L.A." de Nicolas Koch
"Pierre le Grand" de Thierry Sarmant
"Propriétés privées" de Lionel Shriver
et toujours :
"Banditi" de Antoine Albertini
"Champ de tir" de Linwood Barclay
"Chasseurs et collectionneurs" de Matt Suddain
"Les cents derniers jours d'Hitler" de Jean Lopez
"Les plumes du pouvoir" de Michaël Moreau
"Nefertari dream" de Xavier-Marie Bonnot

Froggeek's Delight :

"Shadow, le cloud computing", retour d'expérience de l'utisation d'un PC dans les nuages
Une sélection de jeux pour moins vous ennuyer pendant le confinement et plus tard
"Call of Cthulhu" sur Switch, PS4, Xbox One et PC
"Call of Duty Modern warfare" sur PS4, XboxOne, PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=