Dans
les salles du Palazzo Palumbo Fossati, la Galerie
Michela Rizzo propose une sélection d'oeuvres
représentatives de l'oeuvre de l'artiste plasticien argentin
Leon Ferrari.
Artiste controversé dans son pays, une de ses dernières
expositions à Buenos Aires, considérée
comme un blasphème par le cardinal primat de l’Argentine
ayant provoqué une émeute de fanatiques religieux
et les destruction de ses oeuvres, Leon Ferrari, âge aujourd'hui
de 88 ans, est considéré comme un mythe vivant.
Présent
en 2007 à la 52ème Biennale d'Art Contemporain
de Venise, il a obtenu le Lion d’or pour l'ensemble de
son oeuvre.
Le rugissement du lion argentin
Irma Arestizbal, conservatrice à
l'Institut Italo-Latinoamérician de Venise qui assure
le commissariat de cette exposition, n’a opté,
pour présenter l'oeuvre d'un des représentants
majeurs du conceptualisme latino-américain, un parcours
ni thématique, ni chronologique, mais pour une présentation
qui interpelle le sens et la perception du visiteur.
Une oeuvre caractérisée par une dualité,
entre l’art abstrait et l'art d’engagement en résonance
avec le monde dans lequel il vit, revendiquée par l’artiste
lui-même, "J’ai fait et je continue de faire
deux types d’œuvres : l’une sans intention
éthique, abstraite, l’autre où j’utilise
l’esthétique pour mettre en question l’éthique
de la culture occidentale".

A côté des collages des années 80 et 90
qui stigmatisent les crimes de dictature argentine et la compromission
de la hiérarchie catholique ("Nunca mas"),
ses oeuvres récentes témoignent de son indéfectible
acuité à la réalité contemporaine
ainsi que ses recherches conceptuelles notamment sur la valeur
du signe, par une recherche graphique de la trame calligraphique
qui allie l’abstrait et le sens premier de l’écriture.
Le
voyage dans l'univers de Leon Ferrari passe par ses fameuses
sculptures en polyuréthane, le magma blanc nuage poudreux
aux mille souris, la planète "Marte", globe
fécal parcouru de souris sur lequel refleurissent les
fleurs et le tambour de la série "Los musicos".
Le monde interpelle toujours l'artiste et l'exposition présente
quelques "Eliografias", représentation de la
folie de l'environnement urbain ainsi que des oeuvres abstraites
proches de l'action painting et le lettrisme.
Une exposition incontournable si vous passez par Venise.
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