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Make amends for we are merely vessels  (Fatcat / PIAS)  février 2008

En juin 2006, Fat Cat Records publiait l'un des albums les plus improbables que l'on puisse imaginer : Tooth and Claw, premier effort du trio étatsunien Our Brother the native, qui relevait autant du collage que du bricolage, de la cuisine et de la chirurgie militaire, bouchère, grossière, vitale. Composé par emails, par adjonctions successives de pistes par des   musiciens de dix huit ans environs qui ne s'étaient pas tous rencontrés, la galette avait l'indiscutable mérite de ne pas rebattre les sentiers peu recommandables du déjà battu, rebattu et trop entendu ; elle laissait également à la bouche la question de l'avenir du trio, d'éventuelles nouvelles collaborations, d'une possible auto-parodie quelque peu complaisante dans la recette de l'inattendu programmé.

Pas tout à fait deux ans plus tard, Make amends for we are merely vessels porte en lui, sans volonté de démonstration, une réponse exaltante : de son enfance musciale aux vrais-faux airs de patchwork ludico-musical, le trio a su s'élever à une maturité grandiose, digne des meilleurs porte-étendards du post-rock. D'un album curiosité à une grandiose réussite, la formation a gagné en ambition. L'âge des musiciens autorise la métaphore adolescente : Our brother the native a mué - en commençant, d'ailleurs, par se trouver une voix et en apprenant à crier.

Les onze minutes de "Rejoice", impeccable titre d'ouverture, suffisent à réaliser toute l'ambition des nouvelles compositions de la formation : introduction lente, comme murmurée, qui s'épaissait sans qu'on n'y prenne garde, jusqu'à ces hurlements, encolorés mais trop lointains, comme séparés par un mur de plexiglas ; tumulte, vacarme, comme une montée de rage et soudain, la suspension, pour six minutes d'apesanteur, d'ondoyantes nappes sonores.

Loin du fatras cocorosien, des chaos foutraques et du bidouillage sonore de son opus précédent, Our brother the native propose un album à l'unité sonore évidente, aux atmosphères plus noires, sinon pessimistes. On rêve moins qu'on ne se tourne et retourne dans son lit, pris de fièvre au plus intime de ses dérives nocturnes, saisi au coeur. D'une durée de six à vingt minutes, les compositions ont ainsi gagné en direction, en intention, quoique les lignes mélodiques, diluées dans leur propre ampleur, puisse parfois déconcerter celui qui est moins familier du post-rock / post-folk.

L'habitué, pour sa part, saura retrouver quelques similitudes avec d'autres formations issue de ce monde-là, à commencer par Silver Mt Zion (le chant d' "As they fall beneath us" ou le piano de "The multitudes are dispersing") ou Sigur Ros (le traitement sonore de la voix et la structure de "We are the living"). Ressemblances (voire peut-être même : influences) qui ne doivent pas faire oublier que Make amends for we are merely vessels est, avant tout, un album totalement original, et même : un grand album, où se découvre une personnalité riche, complexe, toute de sensibilité.

L'un des sommets de l'album, plus personnel peut-être que les autres dans l'atmosphère qu'il développe, est ainsi certainement ce "Trees" en deux parties, tout en mélancolie et en retenue, hanté de résonnances, entêtant : "so carry on... carry on...". Mais l'on appreciera également, pour sa richesse et l'intelligence avec laquelle il sait en revenir aux premiers bricolage de la formation, avec certainement moins de gratuité, "The multitudes are dispersing", titre de clotûre de l'album.

Contrairement aux très vaporeux Tooth and Claw, qui laissait à l'auditeur sitôt achevée l'écoute, cette sensation, d'ailleurs admirable, d'inconsistance, d'irréalité, Make amends for we are merely vessels risque fort de l'accompagner longuement après que le soixante dix huitième minute ait touché à sa fin. Album très cohérent, manifestement intelligent, il réussi surtout à toucher au coeur, pour ne pas dire à l'âme, à déployer un monde de sensibilité dans lequel on prend plaisir à s'immerger - et offre ainsi à Our brother the native ses titres de noblesse.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Tooth and claw de Our brother the native

En savoir plus :
Le Myspace de Our Brother the native


Cédric Chort         
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# 1er juin 2020 : Retour à la réalité

Le monde d'après ne sera sans doute pas mieux que celui d'avant. Ces 2 mois de répit n'auront sans doute servi qu'à amplifier les frustrations en tout genre. Sans prétendre y remédier voic de quoi vous détendre un peu avec notre sélection culturelle de la semaine.

vous pouvez également revoir notre première émission "La mare aux grenouilles" sur la Froggy's TV. Suivez la chaine pour ne pas rater émissions et concerts en direct.

Du côté de la musique :

"Nunataq" de Alexandre Herer
"Vodou Alé" de Chouk Bwa & The Angstromers
"Wallsdown" de Enzo Carniel
Interview de Jo Wedin et Jean Felzine à l'occasion de leur concert sur la Froggy's TV
"Pictures of century" de Lane
"Lullaby (mix #15)" nouvelle émission de Listen In Bed à écouter
"Introssessions" de Minhsai
"Guinea music all stars" de Moh! Kouyaté
"Parcelle brillante" de Orwell
"Evocacion" de Quatuor Eclisses
"Is this natural" de Tazieff
"EP 2" de The Reed Conservation Society
et toujours :
Interview de Roman Rappak autour de son nouveau projet Miro Shot
"Par défaut" de Antoine Hénaut
"Three old words" de Eldad Zitrin
"Night dreamer direct to disc sessions" de Gary Bartz & Maisha
"Mareld" de Isabel Sörling
"Miroir" de Jean Daufresne & Mathilde NGuyen
"Self made man" de Larkin Poe
"Notre dame, cathédrale d'émotions" de Maitrise Notre Dame de Paris
"Enchantée" de Marie Oppert
"Miroirs" de Quintet Bumbac

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

les créations contemporaines :
"Le Mardi à Monoprix" de Emmanuel Darley
"Lucide" de Rafael Spregelburd
"Le Royaume des animaux" de Roland Schimmelpfennig
"Délivre-toi de mes désirs" de María Velasco
"L'étudiante et Monsieur Henri" de Yvan Calbérac
de la comédie signée Pierre Palmade:
"Ma soeur est un chic type" de Pierre Palmade
"Pièce montée" de Pierre Palmade
"10 ans de mariage" de Alil Vardar
Au Théâtre ce soir :
"On dînera au lit" de Marc Camoletti
"Le canard à l'orange" de William Douglas Home
"L'Or et la Paille" de Barillet et Grédy
les classiques par la Comédie française :
"L'Avare" de Molière
"Les Rustres" de Goldoni
du côté des humoristes :
un spécial Christophe Alévêque à l'occasion de son inédit 2020 "Le trou noir"
avec
"Christophe Alévêque - Super rebelle... et candidat libre"
"Christophe Alévêque revient bien sûr"

"Christophe Alévêque - Debout"
et du théâtre lyrique revisité:
"Le Postillon de Lonjumeau" d'Adolphe Adam par Michel Fau
"Turandot" de Puccini par Robert Wilson
et de la caricature joyeuse avec "The Opera Locos"

Expositions :

découvrir la visite en ligne d'expositions virtuelles annulées :
"Giorgio de Chirico. La peinture métaphysique" au Musée de l'Orangerie
"Pompéi" au Grand Palais
et "Plein air, de Corot à Monet" au Musée des Impressionnismes de Giverny
s'évader en un clic en direction de la province :
à Nice pour une visite virtuelle du Musée Magnin et celle de l'exposition "Soulages, la puissance créatrice" à la Galerie Lympia
de l'Europe :
en Espagne vers le Musée Carmen Thyssen à Málaga
et en Allemagne avec la visite des 3 niveaux de la Kunsthalle de Brême
et plus loin encore aux Etats-Unis vers le Musée Isabella Stewart Gardner à Boston
et le Musée d'Art de Caroline du Nord à Raleigh
avant le retour sur Paris pour découvrir les éléments décoratifs de L’Opéra national de Paris

Cinéma at home avec :

de l'action :
"Code 211" de York Alec Shackleton
"Duels" de Keith Parmer
de la comédie : "Le boulet" de Alain Berbérian et Frédéric Forestier
du drame :
"Marion, 13 ans pour toujours" de Bourlem Guerdjou
"Happy Sweden" de Ruben Östlund
de la romance :
"Coup de foudre à Jaïpur" de Arnauld Mercadier
"Marions-nous !" de Mary Agnes Donoghue
du thriller :
"The Watcher" de Joe Charbanic
"Résurrection" de Russell Mulcahy
du fantastique : "Godzilla" de Masao Tamai
les années 40 au Ciné-Club :
"Boule de suif" de Christian Jaque
"Le carrefour des enfants perdus" de Léo Joannon
et un clin d'oeil au début du cinéma avec "Le Voyage dans la Lune" de Georges Méliès

Lecture avec :

"BeatleStones" de Yves Demas & Charles Gancel
"L'obscur" de Phlippe Testa
"La géographie, reine des batailles" de Philippe Boulanger
"Trouver l'enfant / La fille aux papillons" de René Denfeld
et toujours :
"J'aurais pu devenir millionnaire, j'ai choisi d'être vagabond" de Alexis Jenni
"Les Beatles" de Frédéric Granier
"Washington Black" de Esi Edugyan

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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