Comédie
dramatique de Matéi Visniec, mise en scène de
Salomé Lelouch, avec Alexandra Chouraqui, Laurent Hugny
et Jean-Sully Ledermann au saxophone.
Il était une fois... ainsi pourrait commencer " L'histoire
des ours panda..." de Matei Visniec. Il était une fois
une chambre et deux personnages, un homme et une femme, qui
ne se connaissent pas et dont, faute de scène d'exposition,
le spectateur ne saura rien, ou presque rien. Situation minimaliste
qui évoque un thème pour atelier d'écriture.
Mais Matei Visniec a plus d'un tour dans sa plume et, entre
onirisme et absurde, il donne à ce huis clos en neuf
nuits singulières, comme la légende des neuf vies
du chat pour accéder à la félicité
ultime, un souffle poétique et métaphysique pour
élaborer un mille feuilles croustillant qui s'émiette
sous les velléités d'analyse.
Il donne à voir et surtout à entendre, car le
théâtre n'est-il pas une affaire de mots, et sous
couvert de mots s'avère un malicieux perturbateur de
méninges. Il est question d'amour, de temps qui passe,
de perceptions extra sensorielles, de quête initiatique,
bref la vie.
Dans une scénographie en légo où des cubes
s'imbriquent en installations protéiformes, à
l'instar du puzzle concocté par l'auteur où tout
se transforme en tout, Salomé Lelouch a choisi de privilégier,
dans le champ des options dramaturgiques possibles, celle de
l'histoire "d'un couple qui s'aime mais n'arrive plus à
se le dire, un couple non pas sur neuf nuits mais sur toute
une vie".
La mise en scène rythmée et réaliste
laisse affleurer l'étrangeté qui peut imprégner
le quotidien et le duo de comédiens fonctionne bien.
Alexandra Chouraqui donne à
son personnage, qui mène la danse, une corporéité
tangible et Laurent Hugny est parfait
dans les changements de ton et de registre faisant de la scène
des "A" un petit régal.
Le titre complet de la pièce est "L'histoire des
ours panda racontée par un saxophoniste qui a une petite
amie à Francfort". Et si tout cela n'était
qu'un conte de fées pas ordinaire pour grandes personnes
?
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