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There's me and there's you  (!K7)  octobre 2008

Bien connu des segments underground, Matthew Herbert est souvent resté sous-terrain pour toute une frange de la population mondiale (comme 90% des artistes que vous écoutez, OK).

Après moult remixes pour moult stars de la fashionista à travers les décades (Moloko, Mr Oizo, Perry Farell), Herbert revient avec un album noble. Traduire cela par "organique", pas ou peu de samples. Et sur There's me and there's you, les seuls samples que vous trouverez, ça et là, sont ceux de 70 préservatifs frottés sur le parquet du British Museum de Londres. Véridique. Effectivement, à ce stade, il y a vous d'un côté, et puis Mattew Herbert de l'autre.

Plus qu'un album expérimental où "l'art is anal", There's me reste un album doublement noble. Luxueux parce que puisant sa source musicale dans le jazz des années 50, dans les tréfonds de l'arrangement made in David Whitaker (Célèbre arrangeur anglais remis au gout du jour par Bertrand Burgalat en 2001) et du jazz pratiqué par Miles David avant qu'il ne sombre dans la poudre. Matthew Herbert, en jazz féru de jazz (il a déjà remixé Michel Petrucciani..) prend son inspiration dans le passé, le vrai, l'inépuisable, l'authentique. Les cuivres, les choeurs, la voix noire, les finals en canon. La chronique pourrait s'arrêter ici et conclure par une sentence définitive type "un album divertissant mêlant expérimentations et ludisme".

Eh non.

There's me and there's you lie parfaitement les dimensions temporelles; Herbert lie le jazz noir et blanc et le contemporain, allant même jusqu'à faire sonner les sonneries portables enregistrées dans de longs corridors du Royaume-Uni. C'est cela la seconde force principale du bonhomme. La subversivité maligne. Car Matthew Herbert n'a pas de limite sur cet album. Le concept ? Capter et enregistrer toutes les ambiances dans les corridors du pouvoir anglais, traduire cette impression sur disque, allant même jusqu'à demander aux "figurants" de couper 100 cartes de crédit pour en enregistrer le son, le placer sur disque, entre un piano, un marteau-piqueur et des arrangements jazz de haute volée. Au final, cet album est une magnificence contemporaine qui échappe au temps, redonnant à l'art sa juste place, sans dénigrer le public.

"I wanted to record the corridors of power, literraly to hear what they sounded like" clame le compositeur. C'est un pari gagné (voir aussi la lettre adressée à la Reine d'Angleterre pour lui demander d'enregistrer sur tape recorder un simple "yes", en vue d'une chanson composée uniquement de "yes" déclamés par des gens célèbres) comme seuls quelques artistes parviennent à les imposer. Si ce n'est au public, du moins à eux-mêmes.

There's you and there's me est un album brillant qui replace la pédagogie au centre, au coeur des ébats, si tant est que cette expression ait encore un sens.

 

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Matthew Herbert en concert au Festival de Dour 2004 (jeudi)

En savoir plus :
Le Myspace de Matthew Herbert


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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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