Carte
blanche à Frééric Sontag avec des textes
écrits et dits par Frédéric Sontag, avec
Amandine Dewasmes, Mounir Margoum, Fleur Sulmont et les musiciens
Stéphan Hélouin, Paul Levis et Gonzague Octaville.
Le Théâtre Ouvert propose une carte blanche à
Frédéric Sonntag. La
première des pièces représentées
est "Nous étions jeunes alors", puis suivront
"Toby ou le saut du chien", "Dans la zone intérieure"
et "Frédéric Sonntag invite Eléanor
L.Vault".
Frédéric Sontag semble ici redéfinir
l’écriture théâtrale, car c’est
une partition à plusieurs voix, plusieurs médias,
dont les textes-récits ne sont qu’une partie :
l’accompagnement musical et l’illustration des images
ne sont pas simples accompagnement et illustration, ils participent
de manière aussi importante à l’épaisseur
de la pièce.
"Nous étions jeunes alors" est le récit
fantastiques de trois jeunes personnes : un homme - l’écrivain
(Mounir Margoum), deux femmes l’une actrice (Fleur Sulmont),
l’autre chanteuse (Amandine Dewasmes). Chacun se retrouve
dans sa capacité à se raconter des histoires,
à vivre celles inventées par d’autres, métaphore
de l’acteur en soi.
Traversés par le désir et les mots d’autrui
ont-ils une vie qui leur est propre, savent-ils s’extraire
de ce monde-bulle qui nous agresse de toute part ?
C’est leur tentative de fuite, de saut dans l’inconnu
qui est présenté dans cette pièce. Ils
retrouvent, comme dans une psychanalyse, les lieux de leurs
jeux d’enfants, les souvenirs de leurs rêves d’alors.
Mais les images et les musiques viennent encore les traquer,
les poursuivre. Pièce hypnotique où le spectateur
se trouve immergé dans ce monde de bruit et de fureur,
sollicité à l’extrême par les images,
la musique et des récits fleuve.
Dans "Nous étions jeunes alors", une mystérieuse
épidémie s’abat sur le genre humain, une
épidémie que l’on soignerait par des médicaments.
Est-ce une représentation de la dictature politique,
de la puissance médiatique ? La nature est-elle le havre,
le refuge, propice à l’introspection alors que
la ville par son foisonnement, son scintillement provoque une
dilution des corps et un danger pour l’esprit ?
Les acteurs ont relevé un défi difficile : celui
de jouer avec la musique avec les images, et si peu ensemble,
parce que ces trois personnages se rencontrent peu, ne se voient
pas, mais se racontent, prisonniers d’eux-mêmes
à travers la ville et leurs peurs.
Nous avons été impressionnés par leur
performance, jouant avec une telle intensité, simulant
la folie, la détresse avec une énergie exacte.
Ils s’accordent avec précision et un talent égale.
Leur prestation est une raison suffisante pour se déplacer
voir la pièce.
Au cours de cette expérience onirique et initiatique,
les personnages ont-ils appris à combattre leurs peurs
de se perdre, à se connaître pour ce qu’ils
sont, se sont-il affranchis des images ? Reviendront-ils à
la ville, jeunes encore ?
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