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Cut Copy - Kennedy - Late Of The Pier - Metronomy - Hot Chip  (La Cigale, Paris)  16 novembre 2008

Dernière soirée des Inrocks à la Cigale. L’affiche est particulièrement cohérente ce soir. De l’électro-rock, voire de l’électro tout court. D’ailleurs, le public est bien différent des soirs précédents.

Oubliée la foule rock indé, ce soir c’est Showcase aux Inrocks. Minettes et minots ultra-sapés, ultra-faux-nerd-lunettés, ultra-ultra en somme. Le champagne a d’ailleurs pris la place de l’habituelle bière dans de nombreuses mains. Pour vous dire, Pedro Winter est également de la fête. Bah ouais, ce soir on est pas là pour rigoler.

A 18h, Cut Copy démarre la soirée. Les garçons de Melbourne font déjà se remuer une foule encore peu compacte.

Il faut dire que les australiens sont plutôt habitués aux grandes messes dans leur pays. Qu’importe, leurs boucles électroniques mélangées au chant pop ont l’air d’en ravir plus d’un.

Leur new-wave de boite de night, ne me séduit pas vraiment, mais autour les garçons et les filles, bien plus au courant que moi, adhèrent en gesticulant.

Les titres sont plutôt répétitifs et même si la foule n’a pas l’air d’être lassée, je suis plutôt soulagée que leur set prenne fin.

Et voilà le phénomène Kennedy. Par chance, on m’avait prévu de ce qui allait nous arriver à tous ce soir. Comme prévu, l’artiste ne va pas faire l’unanimité… enfin si, mais contre lui. Et c’est peu dire.

Accompagné de trois choristes habillées comme des sacs (ce qui dénote tout particulièrement ce soir) ainsi que d’une batteuse/camionneuse, le personnage aux faux airs d’Owen Wilson, se pointe, convaincu, dans sa chemise en satin et son pantalon moulant à paillettes. Les regards et les bouches se suspendent. Une banderole tenue par deux donzelles sur laquelle est écrit "cassoulet" se lève. Comprenne qui pourra. Le (muppets) show peut commencer.

La première gêne, après celle de la vulgarité vestimentaire, est que toute la musique du jeune homme se trouve dans son i-pod. Point d’instrument sur scène donc, à part effectivement la batterie. Et voilà notre asticot qui se met à gesticuler tout ce qu’il peut sur des airs électro-disco-glam… un mélange qui devient vite indigeste pour toute la salle. Après quelques descentes dans la fosse pour tenter de chauffer un public abasourdi, efforts vains, les sifflets et les "bou" se font entendre de manière on ne peut plus franche.

Le set s’écourte après une reprise de Madonna, "Holidays", tout à fait pathétique. Le blondinet à lunettes disparaît finalement dans la foule laissant ces trois choristes comme trois dindes sans Noël… jusqu’à ce que le rideau se referme sur elles. Gênant.

Sans transition. Late Of The Pier. Après la performance abrutissante que la Cigale vient de vivre, les LOTP sont accueillis comme de véritables sauveurs. Et effectivement, ils sont à la hauteur de toutes nos attentes. Une énergie et une véritable intelligence d’écriture qui n’est pas sans rappeler celles des Klaxons (mais si, souvenez-vous, l’année dernière, oui c’était il y a longtemps déjà…).

Chacun des quatre musiciens sur scène joue de façon tout à fait remarquable, les gouttelettes de sueur se mettent très vite à perler sur leur visage juvénile.

Difficile de définir leur son précisément, chaque titre ayant une réelle personnalité musicale. Alors évidemment avec tous ces samples et parties de synthé, on serait bien tenté de les classer électro-rock pour ne pas trop s’emmerder, mais c’est bien plus compliqué et intéressant que ça.

La guitare va sans honte toucher aux riffs heavy-metal, le chant nous transporte dans l’univers glam d’un Eno d’antan et l’ensemble est vénère comme du bon punk… un régal absolu. La foule se démonte sur le single "Heartbeat", à juste titre. On aurait voulu les avoir en tête d’affiche ce soir pour un set encore plus long… dans la mesure du possible, car les anglais n’ont qu’un unique album à leur actif.

S’en suit Metronomy. Ce nom circule dans le milieu hype depuis un bail déjà. Joseph Mount, à l’origine du projet, étant un remixer de tous bords, connu et reconnu.

C’est avec une certaine curiosité que je le découvre sous la forme d’un trio. Les garçons se sont labellisés électro-pop, mais en fait de la pop, il en est très peu question.

Très honnêtement, c’est rapidement une douleur pour mes oreilles, mais visiblement un bonheur pour tous les autres conduits auditifs. Je me console en observant un jeu de scène chorégraphié et des t-shirts à boule lumineuse qui donneront à coup sûr des clichés tout à fait esthétiques.

Les compositions me paraissent plutôt naïves, peut-être à cause de certains samples qui sonnent très Bontempi. Globalement, le tout est très eighties mais bon, le retour à cette décennie qui a accouché de tellement de productions discutables, a l’air d’être la principale source d’inspiration du moment.

Quoique j’en pense, la fosse de la Cigale s’est transformée en véritable dancefloor et la blondinette qui me bouscule connaît toutes les (peu de) paroles par cœur.

Pas d’intermède ce soir, juste de la musique d’attente à faire hurler un chien à la mort. On ne nous a pas donné le choix entre Europe "Final Countdown" et un best-of du Macumba.

Heureusement, les headliners, Hot Chip rentrent en scène. L’attirail de matos est impressionnant, la scène de la Cigale a presque disparu. Tous les instruments paraissent être présents, des synthés, des percussions, des guitares, une batterie… Les cinq anglais ont la réputation d’assurer sévère sur scène, alors l’impatience est de mise.

Et effectivement, sans avoir besoin de se rouler par terre, ni de se jeter comme un sauvage dans la fosse, le quintet met le feu à la Cigale. Et plus impressionnant (et rare ce soir), tous les sons produits le sont vraiment ! D’autant que des couches de sons, il y en a un paquet, et vérification faite, il dispose bien de seulement deux bras réglementaires chacun.

C’est vrai que ces types sont incroyables. Ils arrivent à apporter une sorte d’humanité à un style synthétique qui en manque souvent. Pas étonnant que les Hot Chip soient une référence pour une bonne partie des groupes du festival. La foule réagit de manière complètement dingue à la totalité de leurs titres électro-pop.

Boulimique d’Hot Chip, elle ne s’arrêtera de danser qu’à la dernière note jouée par les anglais, complètement trempée. Et quelle meilleure marque de succès pour un groupe (et pour les programmateurs du festival) que de voir son public évacuer la salle le sourire aux lèvres et la mèche détrempée de sueur ?

C’est ainsi que se termine pour moi l’aventure Inrocks version 2008, les yeux et les oreilles parfaitement rassasiés. Chacune des cinq soirées aura bénéficié d’une réelle personnalité musicale, une vraie richesse pour qui s’intéresse avec cœur à la musique.

 

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En savoir plus :
Le site officiel du Festival des Inrocks iDTGV 2008

Crédits photos : Stéphanie Rophille

Un grand merci à Nadine qui a permis à Froggy cette année encore d’être là, à David de m’avoir prêté son super matos photo, à Robert Gil pour avoir réussi à canaliser ma panique de photographe de concert débutante et aussi à Gilles, Eric, Clément, Sophie, Cécile et Luc, sans qui je n’aurais jamais réussi à garder ma place !


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Metronomy (29 mai 2008)


# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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