Spectacle-récital
conçu et interprété par Michel Hermon accompagné
par Christophe Brillaud.
Nous avons déjà eu l’occasion de vanter
les mérites de cette salle si particulière et
accueillante qu’est la Péniche Opéra : nous
n’en rajoutons pas.
Michel Hermon y propose un récital de chansons de Léo
Ferré et de ses poètes. Sûr que ça
a dû lui faire peur : les textes de Rimbaud , Verlaine,
Baudelaire… et puis l’ombre de Ferré, sa
tête de fâché, les cheveux longs et blancs,
les yeux petits qui lancent des flammes… Il fallait oser
si frotter, c’est que les gars ne sont pas tendres : Hermon
les appelle "les compagnons d’enfer".
Il est allé chercher au creux du ventre de quoi redonner
vie et voix à ces maudits au verbe haut. Rappeler le
cortège des mots, d’une langue qui n’est
pas belle, non, une langue grandiose venue répandre la
terreur, la langue de la Justice et de la Vérité.
Michel Hermon, accompagné par Christophe Brillaud au
piano, nous livre une interprétation magistrale : il
ramène ces textes au présent, leur violence accuse
notre monde d’aujourd’hui et nous réveille
enfin ! Cette nuit , un sans-abri va mourir de froid, demain
un enfant va suivre ses parents expulsés hors de France.
Qui, aujourd’hui, se révolte contre la société
de l’ennui et des statistiques ? Que savons-nous dire
de nous-mêmes ?
Quand exprimer c’est vivre, Michel Hermon, grâce
à nos grandes pointures de la langue française,
dilate la vie, pour un instant, la fait un peu plus vaste, plus
risquée et hasardeuse. Sans quitter le quai, juste en
embarquant sur le dos des chansons de son récital.
Allez écouter les "Compagnons d’enfer"
pour ces frissons garantis.
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