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Frédéric Ciriez  (Editions Verticales / Gallimard)  2008

Chez tout créateur, il y a la volonté de dépasser les cadres rigides de la tradition. Frédéric Ciriez a voulu briser le roman dans le but sincère et louable de le renouveler. À l’instar de Guillaume Dustan dans Nicolas Pages et surtout dans Génie Divin, il a fait, en effet, le choix de l’éclatement.

Des Néons sous la Mer se présente comme une analyse en plusieurs morceaux d’un bordel imaginaire sis dans un sous-marin en baie de Paimpol. À travers le regard de Beau Vestiaire qui, comme son surnom l’indique, s’occupe du vestiaire d’Olaimp, ce lupanar dont "[…] on voit, de soir en soir, l’encre rose des néons baver le nom de l’établissement sur le feuillage des grands pins maritimes centenaires qui nous dominent […]", chaque description définie comme une approche se succède, tandis qu’une fugue divisée en quatre parties traverse le livre et donne un aperçu plus profondément fictionnel de l’œuvre.

Ainsi, sont montrés les prostitués, les clients, ainsi que le personnel du sous-marin de manière colorée et surréaliste ; d’autant plus que Frédéric Ciriez tente l’originalité à l’intérieur même de chaque partie du livre avec des passages barrés, un curriculum vitae de prostituée, des notes sur les couleurs telles que le noir ou le rouge, etc.

Bref, au départ, le lecteur est quelque peu décontenancé, puis, s’habitue, trouvant un intérêt certain à ces multiples variations sur un "lieu de perdition" qui prend, de cette manière, progressivement consistance. D’autre part, l’auteur a ce don de l’écriture qui range des écrivains installés comme Michel Houellebecq ou Régis Jauffret parmi les tacherons miteux de la littérature contemporaine, et j’éprouve un plaisir certain à lire ces petits contes dont l’auteur, dans Des Néons sous la Mer, est un "homme délabré d’une cinquantaine d’années, incapable de régler sa note de comptoir après une nuit de biture".

Mais Ciriez relâche parfois son style, et tout développement sur un point particulier, comme la vie de chacune des prostitués, paraît court pour emporter l’adhésion. Le livre demeure à la fois, et paradoxalement, laconique, et trop long à cause de nombreux détails qui n’apportent rien au sujet.

Dans Génie Divin de Guillaume Dustan, si ce dernier adoptait le chaos comme style, au contraire de Frédéric Ciriez, ce morcellement n’avait rien d’artificiel et même trahissait une très grande unité. Car Dustan ne lâchait pas ce qui constituait ses obsessions, et, derrière l’humour, chacun pouvait percevoir une détresse qui touchait. Les vies des prostituées, elles, manquent un peu, tout comme le reste des personnages, de cette émotion que doit révéler, plus ou moins, l’écrivain. D’un autre côté, Des Néons sous la Mer échappe à ce jeu complexe entre la réalité et l’imaginaire. Pierre Mérot a également, mais sans succès, tenté dans Arkansas de mêler le réel et le langage intuitif. Hélas, Mérot et Ciriez échouent dans cette tentative, parce que les deux ne parviennent pas à effacer la limite entre les deux univers, soit entre l’expérience et la "métaphysique". Ils ne parviennent pas à cette ambiguïté forte de bouleversements et de renversement des valeurs.

Des Néons sous la Mer de Frédéric Ciriez est un échec, mais, cependant, prodigieux, et mérite d’être lu comme un premier roman et la promesse d’une œuvre future aboutie.

 

Thomas Dreneau         
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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
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"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
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Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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