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Interview  (Paris)  19 novembre 2008

19h, Paris, la nuit est déjà tombée, merci l’heure d’hiver. Je sors du métro Pigalle, j’ai rendez-vous dans le quartier pour une entrevue avec le talentueux et inventif Jeremy Warmsley. Rencontré il y a deux ans à l’occasion de la sortie de The Art of Fiction, le jeune anglais sort son deuxième album How We Became.

Une fois installé, j’enclenche le magnéto. Le Londonien se prête encore une fois à l’interview en toute simplicité et décortique son album pour nous. Etude comparée entre ses deux albums, évolution musicale, le tout en français dans le texte.

On s’est vu, il y a deux ans pour ton premier album The Art of Fiction. Alors, comment ça va depuis ?

Très bien. J’ai acquis beaucoup d’expérience. Je suis devenu un adulte, j’ai eu mes premiers cheveux blancs et si je voulais, je pourrais même avoir de la barbe. Mais bon, je ne veux pas. Non, sérieusement, je suis très heureux. Je sors mon deuxième album et je suis en train d’enregistrer le prochain. Beaucoup de choses nouvelles, donc.

Lorsque l’on s’était rencontré, tu étais déjà en train d’enregistrer l’album suivant. Tu as toujours un coup d’avance ?

En fait, il y a deux chansons que j’avais écrites pour le premier album mais qui n’y figuraient pas car je ne les trouvais pas assez abouties. "I keep the city burning" provient de la même session que " I knew her face was a lie", même clavier, même micro... "Loose my cool" est encore plus ancien. Quand mon label l’a entendu, il a voulu qu’il figure sur l’album mais je n’en étais pas satisfait au début. Il m’a fallu plusieurs mois avant que j’en sois content et finalement l’enregistre.

La plus récente est "Take care" et date d’il y a un an et demi. Les autres chansons datent de fin 2006, mi-janvier 2007. Les douze titres qui figurent sur l’album sont les meilleurs que j’ai écrits ces deux dernières années. Et il y a aussi deux chansons bonus que j’ai enregistrées après. Une reprise des New Order, "Temptation" et une, "Boat Song", écrite avec un de mes meilleurs amis Emma Le Grand.

En fait, au départ, je voulais que mon deuxième album soit composé de deux parties distinctes avec une deuxième moitié qui serait une histoire comprenant sept chapitres. Je l’ai fait, enregistré une démo, mais ce n’était pas assez bon. Le projet est toujours là, en attente. J’ai envie de le faire mais il me faut le réécrire.

Pour toi,  quelle est l’évolution musicale entre tes deux albums ?

Tout d’abord, j’ai eu pour la première fois un producteur, Markus Drays, un type génial qui a travaillé avec Arcade Fire, Björk, Brian Eno. Il m’a beaucoup appris. Techniquement, le son est bien meilleur. Bon, ce n’est pas la chose primordiale, mais c’est important. Musicalement, l’ensemble est beaucoup plus homogène. J’ai utilisé moins d’instruments, mais à meilleur escient. Il y en a moins, mais c’est mieux ... enfin j’espère.

Pour le premier album, toutes les idées qui me venaient figuraient systématiquement dessus. Et comme je peux avoir des idées simples ou compliquées dans la même chanson, du coup, ça fait un peu bizarre. Pour cet album, j’ai fais le tri et je n’ai gardé que les meilleures idées pour produire l’effet maximal que je souhaitais.

Et au niveau structure, tu t’es un peu assagi, non ?

En fait, les structures sont beaucoup plus régentées.  Dans The Art of Fiction, dans une même chanson, il pouvait y avoir des parties complètement différentes. Ça partait dans tous les sens, le premier couplet avait par exemple cinq instruments, le second pouvait en avoir dix et le troisième vingt.

Sur cet album, je me suis réfréné, c’est beaucoup plus classique, couplet/refrain. Et un deuxième couplet aura le même nombre d’instruments que le premier, voire moins. Du coup, l’effet est meilleur, je crois, car ça focalise l’attention sur ce que je fais et sur les textes. D’ailleurs ces derniers sont bien meilleurs.

La raison n’est pas que je voulais avoir des passages radio, mais c’est seulement que j’essaie de faire de la pop music. J’ai fait à ma façon des chansons qui allaient dans ce sens. Je voulais simplement faire quelque chose de simple, direct et plus minimal. Et puis, de toute façon, une fois que c’est fini, ça marche ou ça ne marche pas...

Est-ce que du coup, cet album sera plus facile à jouer en concert ?

Pour moi, ça ne change pas grand-chose. Mais pour les musiciens, c’est plus simple. Mais pas tant que ça non plus car par exemple, la batterie sur "Lose my cool" ou sur "Take care" est vraiment compliquée. Et le bassiste doit également chanter et exécuter des choses difficiles. Je demande beaucoup à mes musiciens et ils me donnent beaucoup de plaisir de réussir à jouer ces choses ardues.

Il a fallu trois/quatre ans pour trouver le bon ensemble, une façon de jouer de façon cohérente. Au début, j’avais trop intellectualisé, je voulais des choses compliquées qui fassent un effet sur le public. Mais au bout de deux ans, je me suis dit que le plus important était simplement de donner du plaisir. C’est devenu mon credo, donner du plaisir au public... Quand on va au concert,  on veut simplement en sortir avec un sentiment plaisant dans notre cœur, non ?

As-tu le sentiment d’avoir trouvé ton style maintenant ?

En fait, c’est une question que je me suis beaucoup posé ces derniers mois, car j’enregistre mon troisième album, qui sera très différent. Et je me demandais ce qui faisait que cet album serait le mien. Mais finalement, quoi que je fasse,  je fais les choses à ma manière.

Tout d’abord, j’ai pour but de toujours faire quelque chose de différent. Je veux que l’on ne sache jamais ce que je vais faire musicalement. Ensuite, j’attache énormément d’importance au fait d’avoir une mélodie, de belles harmonies. De même, le rythme importe beaucoup. Au niveau du texte, il y a toujours un détachement ironique. J’écris dans l’optique que l’on puisse prendre mes textes dans un sens complètement opposé à celui initial. Enfin, les choses comme "est-ce qu’il va y avoir de la guitare, du piano, de l’électronique" ou "vais-je chanter seul, en duo ou avec des plusieurs voix superposées" sont toujours différentes.

Mon style, c’est qu’il n’y a pas de constante d’un album à l’autre.

Il y a quand même une filiation entre les deux albums !

Oui, c’est vrai, les deux ont une même promesse. Ironiquement, ils ont en commun une volonté d’être différents. Ce disque est plus personnel et en même temps plus universel. Plus je fais un album personnel, plus les gens peuvent le comprendre et éprouver de l’empathie. C’est bizarre, mais c’est comme ça.

Quel a été le rôle du producteur ?

Au début, il m’a suggéré qu’il pourrait y avoir moins d’instruments. Puis son rôle a été de me donner son avis, bon ou pas. Il n’était pas là pour l’enregistrement, je lui envoyais par email et il donnait son opinion. On n’était pas toujours d’accord, d’ailleurs. Mais j’avais vraiment confiance en son jugement et en ses capacités. "Lose my cool" serait très différent sans Markus. Je l’ai écrit il y a six-huit ans. Je l’ai essayé au piano, à la guitare, mais rien n’allait. Je lui ai donné sans conviction, et il m’a montré la bonne direction.

Et le titre de l’album ?

Ça a été difficile pour moi d’en trouver un. J’avais écrit cette chanson bizarre "How we became", une histoire de science-fiction avec des d’extra-terrestres. Et lorsque je cherchais un titre pour le disque, je me suis aperçu que ces trois mots unifiaient bien toutes ces chansons qui n’ont pas vraiment de thème en commun... sauf que se sont toutes, à leur manière, des chansons sur le devenir. De plus le mot "we" est très important, car je voulais écrire à partir de situations personnelles, des choses universelles. Le titre connecte bien l’ensemble.

Un petit geste de l’attaché de presse par l’entrebâillement de la porte, l’interview se termine. Il faut dire que nous avons largement dépassé le temps imparti initialement. Les photos et la session audio sont à suivre. Jeremy cherche les chansons à faire, hésite, demande mon avis... Je lui demande s’il a des dates de concerts en France, il voudrait bien mais rien encore de définitif n’est prévu. Dans quelques jours, Jeremy s’envolera pour une série de concerts au Japon. Espérons que son vol retour fasse escale en chez nous.

Retrouvez Jeremy Warmsley
en Froggy's Session
pour 3 titres acoustiques en cliquant ici !

 

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album The art of fiction de Jeremy Warmsley
La chronique de l'album Interview de Jeremy Warmsley
La chronique de l'album How we became de Jeremy Warmsley

En savoir plus :
Le site officiel de Jeremy Warmsley
Le Myspace de Jeremy Warmsley

Crédits photos :Thomy Keat (la série complète sur Taste of Indie)


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Jeremy Warmsley (19 novembre 2008)


# 18 août 2019 : Au rythme des vacances

Petite édition toute en légèreté mais avec quelques belles choses à découvrir notamment pas mal de livres de la rentrée littéraire et une session du Flegmatic pour vous rafraichir les idées. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Time for a change" de Pokett
"Tone of musette" de Le Balluche de la Saugrenue
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"Simon Chouf & le Hardcordes trio" de Simon Chouf
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Expositions avec :

"Champs d'amours - 100 ans de cinéma arc-en-ciel" à l'Hôtel de Ville
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Cinéma avec :

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Lecture avec :

"Cavalier seul" de Fred & Nat Gévart
"Ce qu'elles disent" de Miriam Toews
"Cent millions d'années et un jour" de Jean Baptiste Andrea
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"Koba" de Robert Littell
"Back up" de Paul Colize
"La grande escapade" de Jean Philippe Blondel
"Un peu de nuit en plein jour " Erik L'Homme
"Une bête au paradis" de Cécile Coulon
"Une joie féroce" de Sorj Chalandon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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