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Bal Folk Moderne  (Autoproduit / Le Thermogène)  Octobre 2008

A l'origine du projet Resistenz, il y a la poétesse Ana Igluka et le guitariste-compositeur Erwan Foucault. De performances en mises en scènes, projections vidéos et captations en direct, jeux d'éclairages, poèmes chantés et mis en musique, le duo nantais bientôt constitué en collectif promène son univers, centré autour de l'idée de résistance, depuis 2004.

Plus qu'un album au sens auquel l'entend le monde du rock, Bal Folk Moderne, paru en 2008, est l'objet-témoin de quatre années de maturation, d'évolution, d'affutage (plutôt que de "production", comme on pourrait le dire vulgairement). Bien entendu, on y trouvera de la musique, près de 80 minutes de compositions oscillant entre poésie contemporaine, chantée ou récitée, post-rock et illustration musicale aux vrais-faux airs de bande originale de film. Mais on trouvera également, sur un deuxième disque, tout un ensemble de vidéos et photos qui, loin d'être de simples bonus, touchent bien à l'âme de ce qu'est Resistenz.

Pas un groupe. Pas de combo basse-batterie-guitare. Resistenz, comme d'autres cousins montréalais illustres, est un collectif. On y trouve des musiciens, certes, une chanteuse-poétesse, on l'a dit, mais aussi des chiens, des vidéastes, des photographes et des kilomètres de mots-militants.

Quelque part à la confluence entre Meanwhile Back In Communist Russia, les Cranes (pour leur adaptation des Mouches de J.P. Sartre), les compositions post-rock de Sylvain Chauveau et Arca, les ambiances réjouissantes d'une introduction de Godspeed You Black Emperor (souvenez-vous : "the sewers are all muddied with a thousand lonely suicides"), Resistenz sait très facilement créé un univers très personnel, exigeant, et parfois déroutant.

Les amoureux de musique allégée, écervelée et nourrie d'une pop anglaise plus stupide qu'insouciante, auront d'ailleurs certainement beaucoup de mal à entrer dans cet univers, où ils ne percevront que grandiloquence et pessimisme, fascination pour la noirceur. Certes, la musique du collectif ne s'épargne pas le détour par certaines considérations (intempestives, inactuelles, comme celles de cet autre grand résistant-révolté célèbre), ce qui est l'âme même de son projet : se cabrer, ruer, aboyer, avec une certaine rage animale, un bel instinct de survie appliqué à l'animal-humain dans ses sociétés-tanières.

Pourtant, ni les textes ni les images ni les ambiances ne s'autorisent jamais à la résignation, gardent toujours une certaine légerté. L'espoir enragé de la lutte, plutôt que la colère de la soumission, de la résignation. On saura également gré au collectif d'avoir éviter de sombrer dans une musique arty-artificielle, auto-référencée, gratuite, facile et absconse, pour privilégier des compositions toujours abordables, des textes dans lesquelles l'auditeur peut encore trouver ses repères -  pour autant que l'on puisse s'orienter en poésie.

Bal Folk Moderne se pose ainsi en objet-disque à part, d'une grande qualité, objet d'art plutôt qu'album de plus produit par l'industrie musicale pour satisfaire même ceux que l'industrie ne satisfait plus ; il s'adresse à ceux pour qui "alternatif"  et "indépendant" ne sauraient être des rayons dans les mégamarchés de la culture de masse. Enregistré à la maison, comme en famille, par ce collectif humain, très humain qui fait de la résistance, toutes les résistances, un mode d'action artistique, un mode de vie, peut-être. Un univers à découvrir, de toute urgence, pour sa richesse inouïe ; et à faire passer, sous le manteau. "Nous sommes des barbares", Resistenz. Notre anti-propagande sera artistique. Le roi est nu, résistons.

 

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La chronique de l'album Nos reflets égarés de Resistenz

En savoir plus :

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Cédric Chort         
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# 11 novembre 2018 : En route pour l'hiver

Quoi de plus triste qu'un jour férié un dimanche pluvieux ? Pas grand chose mais il est temps de se remonter le moral avec le sommaire de notre petite sélection culturelle hebdomadaire.

Du côté de la musique :

Rencontre avec Olivier Brion, complétée par une session 5 titres
"Au dessus" de Au Dessus
"Terrain à mire. Une maison rétive. Contrainte par le toit" de Bégayer
"Rojo vivo" de Borja Flames
"Alaska" de Eryk.E
"Envol" de Joulik
"La boîte de pandore" de Karin Clercq
"Pur sang EP" de Pur Sang
"Grazyna Bacewicz : The Two Piano Quintets - Quartet for four violins - Quartet for four cellos" de Silesian Quartet and Friends
"Songs for a city" de Victoire Oberkampf
et toujours :
"Tempérance #2" de Dominique Dalcan

"Thomas Pesquet : 16 levers de soleil, BOF" de Guillaume Perret
"In the street" de Laurent Fickelson
"Buenos Aires 72" de Marina Cedro
"Caribbean stories" de Samy Thiébault
"Black honey" de Black Honey
"Nulle part" de Daisy Driver
"Ancient majesty" de Portier Dean
"Chimie vivante" de Féloche

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Love" aux Ateliers Berthier
"Ivanov" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Demi-Véronique" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Stück Plastik, une pièce en plastque" à la Manufacture des Oeillets
"La Vie devant soi" au Théâtre Jean Arp à Clamart
"L'Avalée des Avalés" au Théâtre Les Déchargeurs
"Les Filles du Trois et demi" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Les Fourberies de Scapin" au Théâtre Le Lucernaire
"L'Autre fille" au Théâtre Les Déchargeurs
"La Magie lente" au Théâtre de La Reine Blanche
"Pauline Cariou - Chroniques d'une vie décalée" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"My Ex-step-in-law" au Théâtre Dunois
"Les Louvres and/or Kicking the dead" au Centquatre
"Retour à Lemberg" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
les reprises :
"Berlin Kabarett" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Ex-Anima" au Théâtre Zingaro
"Le Joueur d'échecs" au Théâtre de l'Epée de Bois
"En couple" à La Folie Théâtre
"Les Divalala - Femme, Femme, Femme" au Palais des Glaces
et la chronique des autres spectacles de novembre

Exposition avec :

"Grayson Perry - Vanité - Identité - Sexualité" à la Monnaie de Paris

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Carmen & Lola" de Arantxa Etchevarria
"High Life" de Claire Denis
Oldies but Goodies avec "L'Adieu aux armes" de Frank Borzage en version restaurée
et la chronique des sorties d'octobre

Lecture avec :

"Prisonniers de la géographie" de Tim Marshall
"Le peuple contre la démocratie" de Yascha Mounk
"Le complexe d'Hoffman" de Colas Gutman
"La croisière charnwood" de Robert Goddard
"Haute société / Frank et Billy" de Vita Sackville / Laurie Colwin

et toujours :
"Ce qui t'appartient" de Garth Greenwell
"Et j'abattrai l'arrogance des tyrans" de Marie-Fleur Albecker
"Infirmière" de Christie Watson
"Le camp de la goutte d'eau" de Baniel Bililian
"Qaanaaq" de No Malo
"Treize jours" de Arni Thorarinsson

Froggeek's Delight :

"Assassin's Creed : Odyssey" sur PS4, XBOXONE, PC Windows

et toujours :
"Astrobot rescue mission" jeu en réalité virtuelle sur PS4
"Marvel's Spider-Man" en exclusivité sur PS4
"Shadow of the Tomb Raider" sur PS4, XBOXONE et PC
"Kingdom Come : Delivrance" sur PC, PS4 et XBOX

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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