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puce Les Plages d'Agnès
Agnès Varda  décembre 2008

Le fait pour la réalisatrice de revenir sur elle et sur son passé (les plages sont une remémoration de la vie de jeune fille d’Agnès Varda) aurait pu être une gageure tant cet exercice de solipsisme ne pouvait rencontrer que l’écueil de la complaisance. Et il est vrai que les premières images me firent penser tout d’abord à un documentaire dont l’originalité était que la cinéaste l’avait réalisé par elle-même.

Pourtant, ce film d’Agnès Varda se présente comme une véritable création, parce que son imaginaire toujours aussi puissant malgré ses quatre-vingt ans transcende cette autobiographie par des images poétiques, et surtout par cette volonté de dresser des miroirs de toute part pour ramasser la réalité ainsi que l’humanité dans son ensemble.

Car si Les plages d’Agnès rappellent bien l’enfance, mais aussi l’adolescence de Varda jusqu’à ses commencements en tant que cinéaste, et puis plus loin encore, cette dernière n’en néglige pas moins ceux qui ont partagé sa vie, c’est-à-dire les amis tels que certains cinéastes ou membres de l’équipe de ses films, tout comme les gens ordinaires et simples. Ceux-ci se présentent ainsi tout au long de ces Plages d’Agnès : voisins ou pêcheurs rencontrés sur un petit port, êtres vivants ou morts, ils existent par cette réalisation qui porte témoignage.

De tous, Varda conserve toutefois le regret, le regret de la perte d’êtres chers tels que Jean Vilar, Gérard Philippe, Jacques Demy, le compagnon de sa vie auquel ce film paraît dédié. On assiste à ce sentiment normal dans toute existence qui est celui de la vieillesse lequel frappe chacun d’entre nous.

Or, Les plages d’Agnès ne se présentent pas comme un testament. Ce film est, au contraire, un sursaut de vie. Chez Varda, le temps, les hommes ou femmes croisés, entraperçus, deviennent vivants par ce simple mouvement de la caméra. L’oeuvre prend un tour même chronologique avec les débuts de la nouvelle vague, les premiers films, un séjour aux Etats-Unis en pleine époque de contestation soixante-huitarde, … En effet, Agnès Varda n’échappe guère à l’engagement propre à cette période.

Cet engagement se traduit parfois par de la colère révélée jusque dans ses films, comme en témoigne la jeune fille de Sans toit ni loi jouée par Sandrine Bonnaire.

Sans oublier ce besoin pictural de traiter l’image né de la contemplation des chefs-d’œuvre de la peinture et de l’art plastique. Les plages d’Agnès démontrent la capacité de transposer les moyens issus d’autres arts dans le cinéma. Même le parcours de Varda prouve que pour créer, nul n’est besoin de maîtriser la technique. Dans tout art, il est nécessaire de savoir rêver et de découvrir l’outil d’expression restant le meilleur pour soi.

Par ce film, Agnès Varda montre les facettes du genre humain : son air léger, un peu moqueur marque une sincérité qui vous touche. Bref, Les Plages d’Agnès sont une invitation lucide au bonheur.

 

Durée : 1h50


Thomas Dreneau         
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# 14 mars 2010 : blanket me sweet nurse

Ces premiers mots issus de la chanson "Saint Mary" de Sparklehorse viennent saluer celui qui avait survécu à un précédent suicide et qui avait dédié cette chanson à ses sauveurs. Cette fois ci, Mark Linkous n'écrira plus les chansons qui nous ont tant touché et ému. Paix à son âme maintenant qu'il va pouvoir jouer avec son ami Vic Chesnutt, lui aussi trop tôt disparu il y a peu. Hommage aussi à Jean Ferrat, père incontesté d'une certaine chanson française, poétique et militante qui vient de nous quitter, à 79 ans après une carrière exemplaire et intergénérationnelle.

The show must go on... alors voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"Vexations" de Get Well Soon,
"The Law of Large Numbers" de Emma Pollock,
"Heart of my Own" de Basia Bulat,
"Youth" de Kissy Sell Out,
"Turn Ons" de The Hotrats, Gaz Coombes et Danny Goffey aka Supergrass nous ont à cette occasion accordé une interview,
le premier album de The Unwinding Hours,
"Hidden" de These New Puritans,
Efterklang en interview à l'occasion de la récente sortie de "Magic Chairs",
Bertrand Louis également en interview pour présenter "Le Centre Commercial", son nouvel album, le tout accompagné de 2 titres en Froggy's Session,
Interview également pour Mell qui a aussi fait sa Froggy's Session avec 4 titres dont une reprise de Hank Williams...
Froggy's Session également pour Turner Cody, qui se frotte quant à lui à Leonard Cohen.
Du live avec :
JP Nataf et Silvain Vanot au Grand Mix de Tourcoing,
TV Glory et Pony Pony Run Run à l'Aéronef de Lille,
Et enfin le Fil Eclectique #5 en direct du Fil de Saint-Etienne et en podcast sur Froggy's Delight, pour un tour de l'actualité culturelle ligérienne et plus généralement musicale, émission toujours aussi drôle et intéressante !

Au théâtre :

"Hobb story" au Théâtre Le Tarmac de La Villette
"RER" au Théâtre de la Tempête
"Stabat Mater " au Théâtre Le Lucernaire
"Le grenier " au Théâtre du Rond Point
"Elias Leister a disparu" au Théâtre 13
"Ode maritime " au Théâtre de la Ville
"La première gorgée de bière" au Théâtre du Rond Point"
la Master Classe de mars 2010 de Jean-Laurent Cochet
et une reprise à ne pas rater :
"Attila, reine des Belges" au Théâtre Le Lucernaire

Lecture avec :

"Hors d'atteinte" de Karin Slaughter
"Soins définitifs " de Karin Wahlter

Exposition avec :

"Patrick Jouin - La substance du design" au Centre Pompidou

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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