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Robert Alexis  (Editions Corti 2006, Points 2008)  2006

Chers amis, 2009 est là, la crise aussi. En ces temps difficiles où les portefeuilles sont allégés, les livres « grand-format » deviennent un luxe pour qui veut se tenir au courant de l’actualité littéraire. Dur. J’en pleurerais presque, mais finalement non, je résisterai, et ce principalement parce que, Ô grand Dieu des livres, il reste le format "poche", ZE format poche, le seul, l’unique, généralement pas très cher et pliable à souhait, aussi renié par les collectionneurs de belles tranches dorées pour leurs pédantes bibliothèques qu’il est vénéré par, euh, eh bien par tous les autres.

Mes derniers deniers en poche, je me suis donc lancé à la recherche d’un sympathique petit livre capable d’y être fourré, dans ma poche trouée, et assez rapidement, je suis tombé sur La Robe, de Robert Alexis (paru au format poche en août 2008), ainsi que sur trois ou quatre autres romans (toujours au format poche) dont je parlerai une prochaine fois. Et là vous vous dites probablement que, woooooo, il lui aura finalement fallu deux paragraphes bien lourds pour l’introduire, ce livre du jour, mais bon, comme dirait l’autre, on fait ce qu’on peut...
     
La Robe est le premier roman de Robert Alexis (son dernier livre, Les Figures, a été publié en août 2008, toujours aux éditions Corti). Dans ce court livre étrange et dense que beaucoup aimeront pour son côté envoûtant, mais que d’autres, probablement, trouveront malsain, le narrateur raconte à un inconnu sa rencontre, quelques années plus tôt, avec une mystérieuse femme et l’inquiétant et subjuguant "protecteur" de cette dernière, et comment cette double rencontre changea radicalement sa perception des choses et son identité (au propre comme au figuré), bref, le cours de sa vie. Sans dévoiler tous les ressorts de l’intrigue, disons simplement que le narrateur, jeune officier modèle (homme de valeur(s), plutôt vertueux, raffiné et respecté par ses hommes), se retrouve, au contact de ces deux personnages, dans un univers où fantasmes et vices, voire décadence, s’entremêlent en une seule et même scène de perdition selon les uns, de révélation(s), de découverte(s) et d’affirmation de soi selon les autres – en tout cas un monde où tabous, interdits et inhibitions n’ont plus de sens. Comme l’ont fait remarquer différents lecteurs de La Robe, l’atmosphère dans laquelle baigne cette histoire n’est pas sans rappeler certains aspects du Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick, notamment du fait de cette étrange et mystérieuse ambiance fascinante et repoussante à la fois – et le fait qu’on ne sache pas avec certitude à quelle époque et dans quel pays se situe l’intrigue (début du vingtième siècle ? Europe centrale ?) renforce ce côté dérangeant et envoûtant, et contribue d’autant plus à titiller la curiosité du lecteur.

Tout le monde n’adhèrera pas forcément à l’écriture de Robert Alexis ; le style "à l’ancienne"  de l’auteur, que ce dernier adopte volontairement pour coller au contexte de son histoire et rendre plus crédible le ton du narrateur, peut dans les premières pages paraître un chouïa suranné et hésitant. Mais il suffit de laisser au romancier le temps de prendre ses marques, son rythme de croisière, et d’installer pleinement son histoire, sa plume et un ton, et dès lors on se laisse entraîner par une langue stylée, élégante et affirmée, pour suivre le narrateur dans un périple initiatique assez, euh, comment dire, surprenant, déroutant, et bien d’autres termes en "ant" du même ordre. Certes, à ces deux adjectifs, d’autres lecteurs préféreront peut-être "grotesque", "pervers", "improbable", et estimeront probablement que la fin est brutale, trop "facile", voire tout simplement bâclée. Comme presque tout roman, et qui plus est lorsqu’il s’agit d’un roman un peu plus osé que la moyenne, ce livre aura ses détracteurs et ses défenseurs. Personnellement, ce texte, je l’ai entamé avec réticence…pour finalement le lire d’une traite. Ce livre a du style, une intrigue bien ficelée, des rebondissements en-veux-tu-en-voilà, et une ambiance, une vraie.

Au final, Robert Alexis nous livre ici un surprenant et dans l’ensemble captivant premier roman qui, si vous n’êtes pas hermétique à son côté volontairement dérangeant (« malsain », pour beaucoup), vous fera regretter sa brièveté.

 

Nicolas         
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Du côté de la musique :

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"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa
et toujours :
"As found" de Fugu
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"Anda Lutz" de Cie Guillaume Lopez
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"Cobra" de François Club
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"Springtime with no harm" épisode 18 des mixes de Listen In Bed
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Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"Démons" par Lorraine de Sagazan
"Misery" de William Goldman
"L'obéissance de la femme du berger "de Sergio Martínez Vila
"Migraaaants" de Matéi Visniec
"Le Remplaçant" d'Agnès Desarthe
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"La Chose Commune" de David Lescot et Emmanuel Bex
de la comédie de boulevard :
"Hier est un autre jour "de Sylvain Meyniac et Jean-François Cros
"Madame Doubtfire" de Jaja Fiastri
"Le Clan des divorcées" de Alil Vardar
"A gauche en sortant de l'ascenseur" de Gérard Lauzier
du côté des humoristes :
"Mimie Mathy - J'adore papoter avec vous"
"Denis Maréchal - J'dis franchement"
dans le répertoire classique :
"Le Jeu de l'amour et du hasard" par Catherine Hiegel
"Roméo et Juliette" par Eric Ruf
Shakeaspeare :
à l'anglaise au Globe Teater : "Macbeth"
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et de l'Opéra revisité :
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Expositions :

en "real life" avec la réouverture progressive des musées :
"Pompéi" au Grand Palais
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