Soirée
conçue par Jean-Laurent Cochet, avec Pierre Delavène,
Marina Cristalle, Olvier Leymarie, Axel Blind et William Beaudenon.
Les fables de La Fontaine sont connues et, parfois, méconnues
de tous, et inscrites dans l'inconscient collectif comme le
pensum récitatif qui obscurcissait l'horizon scolaire
des jeunes enfants au bon vieux temps de la récitation,
exercice imposé dans sa forme à un annonement
métrique et malheur à celui qui voulait y introduire
une once, sinon de fantaisie, du moins de naturel ou de singularité.
Au cours de Jean-Laurent Cochet,
comédien, metteur en scène et professeur, la fable
constitue la base de l'enseignement de l'art dramatique et le
maître attache la plus extrême importance à
la réussite de l'exercice aussi simple que compliqué
qui est de raconter une histoire comme la fabuliste s'est plu
à l'imaginer et donne à entendre au néophyte
les fables de La Fontaine de manière toute novatrice.
Il a donc conçu une soirée spécialement
dédiée aux fables sous le titre "Quand La
Fontaine nous est conté…" qu'il a eu l'excellente
idée de situer au sein d'un lieu qui n'est pas un théâtre
mais un musée.
En l'occurrence, le Musée Gustave Moreau, situé
dans le quartier parisien de la Nouvelle Athènes dans
les lieux mêmes qu'habita Gustave Moreau, peintre symboliste,
qui a notamment illustré certaines des fables de La Fontaine.
Dans cette demeure privée transformée en musée
qui croule sous les toiles et dessins du peintre présentée
selon l'accrochage traditionnel du 19ème siècle,
et plus précisément dans l'un des deux ateliers,
celui qui se situe au 2ème étage, au pied du magnifique
escalier en colimaçon qui mène à l'atelier
de l'étage supérieur, se déroule une soirée
délicieuse qui rappelle les soirées proustiennes
au cours desquels poètes et musiciens venaient présenter
leurs œuvres et divertir les invités.
Dans l'atmosphère feutrée de cette maison dont
Marcel Proust disait "Sa maison était presque un
musée, sa personne n'était déjà
plus que le lieu où s'accomplissait une oeuvre",
sous les auspices des toiles d'un artiste mystique épris
d'ésotérisme, Jean-Laurent Cochet entouré
de jeunes comédiens, Axel Blind,
Marina Cristalle, Pierre
Delavène, William Beaudenon
et Olivier Leymarie, qui furent tous
ses élèves, délivrent de manière
très jubilatoire et vivante, sans toutefois verser dans
l'interprétation réaliste des animaux ou des personnages,
un florilège des fables.
Au programme aux titres connus tels "Le loup et l'agneau",
"La laitière et le pot au lait", "Les
deux pigeons", "Le chêne et le roseau"
et "Le lièvre et la tortue" mais également
des fables plus graves et difficiles comme "Le paysan du
Danube", "La femme noyée", "La besace"
et "Les deux amis" dans lequels chacun des acteurs,
animal ou homme, est un vrai personnage dramatique.
Formés à la bonne école, les jeunes comédiens
se déploient autour de leur maître avec une belle
harmonie, tant de voix que de communion d'âme, autour
de ce moment privilégié, un moment de pur bonheur
que le public réunit apprécie à sa juste
valeur. |