Comédie dramatique de Jean-Loup Horwitz, mise en scène
de Xavier Lemaire, avec Laurence Breheret, Benjamin Brenière,
Jacques Brunet, Xavier Lemaire, Guy Moigne et Katia Tchenko.
Knobst est un auteur farfelu qui possède un théâtre
qui semble au bord de s'écrouler. Ce soir-là quatre
personnes viennent assister à la représentation:
un couple de retraités amateurs de théâtre
et un couple de quadragénaires usés par la vie
commune: elle, infirmière, lui acteur sans projets. Et
en retrait, l'ouvreuse et son copain.
Il aura fallu la promiscuité d'une salle de théâtre
et un spectacle qui ne commence pas pour que la parole se libère,
que les personnages s'évaluent et se parlent. Ils ont
plus de ressemblances qu'il n'y paraît. Et le théâtre
se détériore, les sorties sont condamnées.
Ils pensent mourir dans ce piège. Serait-ce une métaphore
? Le théâtre doit bousculer les consciences, empêcher
l'endormissement de la pensée et créer cette tension,
cet inconfort qui donne l'impression d'être vivants.
Dans la salle-scène, les trois âges de la vie.
Katia Tchenko et Jacques
Brunet sont absolument parfaits dans les rôles
de retraités bourgeois, qui passent le temps entre des
invitations d'amis, des rencontres de bridge pour combattre
la dépression insidieuse du retraité. Avec le
personnage du comédien grandiloquent (Xavier
Lemaire) ils sont les ressorts à la fois touchants
et comiques de la pièce.
Le jeu des acteurs, la mise en scène réussissent
à tenir le spectateur en éveil et ménagent
la surprise du dénouement final. On regrette cependant
quelques faiblesses du texte, qui aurait pu creuser davantage
les caractères des personnages secondaires, et la fin
un peu brutale de l'histoire.
"L'alpenage de Knobst"
reste cependant un divertissement qui pose certaines questions
sur le théâtre : ses attentes, son public, sa modernité
et son éventuelle rivalité avec la télévision. |