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Catherine Hardwicke  sortie décembre 2003

13, chiffre porte bonheur ou l’inverse, qui se conjugue aujourd'hui avec la "girl attitude" des pré-adolescentes en quête d'identité et de reconnaissance.

Le choc de l'adolescence rien de nouveau direz-vous. Certes, mais quand vous voyez la gamine, dans le contexte d'une famille éclatée de condition modeste en banlieue urbaine américaine, jeter avec détermination ses peluches et barbies à la poubelle vous pouvez raisonnablement penser que la dérive n'en sera que plus brutale et violente.

Premiers plans : deux gamines shootées se donnent claques et coups de poing. En quatre mois, menant quasiment une double vie, Tracy a basculé de l’enfant studieuse à la petite pouff au bord de l’hystérie, amorale, perverse, qui fume, boit, sniffe, ment, vole, suce, chaque minute devant être consommée et consumée avec rage, qui à force de vouloir paraître et être reconnue se marginalise aussi bien socialement qu'affectivement alors qu'elle est en recherche permanente d'amour.

Mais Tracy n’était pas tout à fait aussi lisse et heureuse qu’il y paraissait. Le mal de vivre prééxistait chez cette gamine d’une famille décomposée, une mère, ex-droguée, jeune encore qui a envie aussi de vivre une vie personnelle et qui a du mal à joindre les deux bouts, un père remarié et lointain, qui s’inflige des blessures quand la douleur est trop intense, automutilation pour tenter d’évacuer hors de soi la douleur mentale et pour que la souffrance physique prenne le pas sur cette dernière.

L’envie de sortir de l’anonymat, de rendre jalouses les filles de son bahut, d’exciter la convoitise des garçons et l’attirance équivoque qu’elle éprouve pour Elviza, jeune lolita délurée et provocatrice, enfant livrée à elle-même et qui navigue sans complexe en parasite s’affranchissant d’autant plus facilement de toute règle dès lors qu’elle n’est intégrée dans un aucun milieu ni social ni familial l’entraîne aux confins de l’horreur, horreur recherchée par une fille qui entretient un rapport tout particulier avec la douleur physique (automutilations, piercing…).

C’était peut être cela la descente aux enfers inexorable, le voyage initiatique pour quitter l’enfance. Quatre mois pour se rendre compte que cet affranchissement excessif n’est pas si libérateur que cela et qu’il ne résoud pas ses véritables problèmes.

A noter que cette histoire se déroule dans une société qui brille par la détresse des femmes, divorcées, laissées pour compte, vivant d'expédients, et l’absence des hommes. Non pas l’absence physique mais morale, des mecs complètements impuissants, perdus, obéissants ou démissionnaires.

Catherine Hardwicke nous offre un film brutal qui montre les choses avec la rigueur presque froide d'un documentaire tout en ne cédant ni au voyeurisme ni au systématisme à partir d'une histoire vraie, l'adaptation du roman autobiographique de Nikki Reed, l’interprête du rôle d’Elvie, tout en laissant entrevoir une lueur d’espoir en laissant aux parents un rôle à jouer face à ces fausses adultes qui sont encore des enfants.

Le film est servi par une excellente interprétation : Holly Hunter en mère aimante qui passe par toutes les étapes de l’inquiétude à la démission, du désarroi à la colère, Nikky Reed en Lolita infernale et surtout, dans le rôle principal, Evan Rachel Wood dans un rôle tout en nuances.

Rien d’étonnant dès lors que ce film ait obtenu de nombreux prix dont le Prix du jury du 29e Festival du cinéma américain de Deauville.

 

 

Drame de Catherine Hardwicke avec Holly Hunter, Nikki Reed, Evan Rachel Wood, Jeremy Sist et Brady Corbet
Film américano-britannique (2002). Durée : 1h 35mn.

 


MM         
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# 17 février 2019 : Presque le printemps

De Kafka à Kukafka, Miossec à Berlioz, il y a de quoi lire, voir, écouter cette semaine dans la petite sélection culturelle de nos chroniqueurs. En route pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Gallipoli" de Beirut
"Ulysse et Mona" de Minizza
Rencontre avec Miossec autour de son album "Les Rescapés"
Une discographie d'Hector Berlioz par Jérôme Gillet
"Been meaning to tell you" de Ina Forsman
"4eme jour, Kan Ya Ma Kan" de Interzone
"A thousand days" de June Bug
EP de Bertille
"Morning room EP" de Catfish
"Souviens toi" de Laurent Montagne
"Blood siren" de Sarah McCoy
"Complètement flippé" de 16 Kat
et toujours :
"Persona" de Betrand Belin
"Les rivages barbelés" de Intratextures
"The mirror" de Nicolas Gardel et Rémi Panossian
"La révolte des couverts" de Wildmimi
"The sublime" de Yeruselem
"Aksham" de Aksham
"Last train" de Big Dez
"Tightrope EP" de Bigger
Caroline Loeb au Grand Point Virgule pour jouer "Comme Sagan" en live
Présentation du 11ème festival de Beauregard et de sa programmation
"Kalune EP" de Kalune

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Kafka sur le rivage" au Théâtre de la Colline
"Matin et Soir" au Théâtre de l'Aquarium
"J'ai pris mon père sur mes épaules" au Théâtre du Rond-Point
"Pourquoi dis, m'as-tu volé mes yeux" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Les membres fantômes" au Théâtre La Flèche
"Le bois dont je suis fait" au Théâtre de Belleville
"Peur(s)au Théâtre L'Etoile du Nord
"A vue" au Théâtre de la Tempête
"Merci" à La Folie Théâtre
"Barber Shop Quartet - Chapitre IV" au Théâtre Essaion
"Maria Dolorès y Habibi Starlight" au Café de la Danse
les reprises:
"Grande" au Centquatre
"Politiquement correct" au Théâtre de l'Oeuvre
et la chronique des autres spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

"Roux ! De Jean-Jacques Henner à Sonia Rykiel" au Musée Jean-Jacques Henner
et dernière ligne droite pour "Rodin - Dessiner Découper" au Musée Rodin

Cinéma avec :

le film de la semaine : "Le jeune Picasso" de Phil Bradsky

Lecture avec :

"Dans la neige" de Danya Kukafka
Interview de Nylso dans le cadre du festival de la Bande Dessinée d'Angoulême
"L'île longue" de Victoire de Changy
"La main noire" de Robert Vincent illustré des musiques de Anthony Reynolds
"Le manufacturier / responsabilité absolue" de Mattias Köpling / Jocko Willink & Leif Babin
"Sans compter la neige" de Brice Homs
"So sad today" de Melissa Broder
et toujours :
"Angola janga" de Marcelo D'Salete
Interview de Stella Lory dans le cadre du festival de la BD d'Angoulême
"Gangs of L.A." de Joe Ide
"Hunger : une histoire de mon corps" de Roxane Gay
"L'Amérique derrière moi" de Erwan Desplanques
"L'ombre d'un père" de Christoph Hein
"Le président des ultra riches" de Michel Pinçon et Monique Pinçon Charlot
"Que faire des cons ?" de Maxime Rovere
"Une éducation" de Tara Westover

Froggeek's Delight :

"I Will Survive" petit tour d'horizon des jeux dits "Survival"

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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